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Last lights, last words.

31.3.05
Tu es malade.

La tête. La tête.

En Chine, ils dépècent les animaux pour l'argent et les font hurler de douleur. Pas vue - imagine. Et imagine toujours LE PIRE.

Ils tordront le cou à la langue. Comme ils l'ont fait avec la peinture (les arts plastiques en général) pour le meilleur et pour le pire.
Et ils en seront fiers.
Moi - pareil.
Commençons: 278 03 44 - bleu - tirant sur le cyan - 2002 - la couture - 1942 - Claude François et Shakespeare - 2005 - évacuation des malades (maladies nerveuses) - Nikola, votre asile me convient...
30.3.05
(re-Jets anticipés)


PARIS (Interzone), 16 Mars 2005

j'en reviens juste.
oui, je quitte à l'instant cette personne dont les mots m'ont évoqué l'Asile. je constate que mes cryofluides infléchissent encore le vu-mètre vers une zone improbable. j'entame vraisemblablement une nouvelle phase physiologique, de type brownienne, mais j'aborde pourtant cet état (depuis longtemps inaffleuré par mes cellules) avec des craintes légitimes. en effet, avant de lancer la simulation (pour laquelle j'entrevois de plus en plus de paramètres pertinents), avant même d'installer les machines, l'incubateur, les cuves, il nous faudra plancher sur la théorie. et je ne voudrais pas que cette euphorie (puisqu'il faut bien désigner ainsi cet état) nuise à la concentration nécessaire, ni même ne m'induise carrément en erreur en ce qui concerne les axes directeurs, ces choses "pertinentes" qu'il me semble "entrevoir" à l'heure actuelle et qui pourraient très bien n'être pas moins que des illusions générées et entretenues par mon état psycho-organique (que je dois appréhender avec circonspection puisque c'est la première fois depuis la Subduction que mes indicateurs franchissent ainsi les degrés les plus élevés de la cryoscale) ?
fort heureusement, nous serons plusieurs.
oui, car (j'y viens) tout me porte à croire que j'ai trouvé un endroit idéal pour recréer l'Asile. un lieu providentiel qu'il sera possible de transformer en un incubateur grandeur nature, etc etc. les détails pour la théorie. à suivre.

--

MIDGARD-exp (Asile), 15 octobre 1997

la salle des pas perdus est vide. je me suis assis sur le comptoir pour gratter ces lignes.
ils me tapent sur le système. l'autre taré au vélo m'a tenu la jambe pendant une heure et demie pour me parler du scénario de leur film à la con. il a trippé sur une scène qu'il veut absolument ajouter au truc actuel, une scène pendant laquelle le narrateur de l'histoire se trouve sur les planches d'un théâtre et où on s'aperçoit qu'il ne récite que ce que lui murmure un souffleur. et ce souffleur, en fait, c'est un gosse, qui se met à pleurer-
bon bref, il faudra qu'un de ces quatre, je résume le scénar ici. ça s'appelle Les Chroniques du Chrisme, excusez du peu. ils parlent de court-métrage, mais vu comment ils n'arrêtent pas de rajouter des trucs ici et là dans le scénario, on tend plutôt vers la superproduction hollywoodienne là.
il faudrait maintenant que je parle un peu avec TomTom. des expériences, du rapport qui existe avec l'Usine. et de cette foutue ville, malsaine.

--

PARIS (Asile-sim), 14 Mai 2008

je viens d'en toucher deux mots à Nias Düne. il m'a assuré (et rassuré) que les interférences sont minimes et que ce ne sont pas leurs gesticulations qui vont tout foutre en l'air. pourtant, en montant ici, j'ai croisé un WB. et j'ai lu une telle morgue dans ses yeux que je n'ai pas pu m'empêcher de me demander dans quelle mesure les nouvelles expériences de conscience-cluster allaient pouvoir rester en notre contrôle. on va dire que je psychote, mais je suis STRICTEMENT incapable de prédire leur évolution, même à court terme. en voir un seul ne permet en rien de cerner la disposition des autres, ils sont devenus imperméables à notre regard inquisiteur, que l'on dirige en vain vers ce tout qui les orchestre, cette entité quasi-transcendante et littéralement imprévisible.
29.3.05
aux tempes, névralgique, l'urgence se dissout parfois en cette chute,
tu sais, sous-contre cutanée, qui implore souvent l'incision des zones infectées
par la fragmentation
en un désir de
crissement dermique
lorsque tranche perce déchire les chairs aphones aimantées
par le schéma-siphon
(cet entre-à-travers)
où l'agonie s'invide d'échéance cyanure.
28.3.05

Peut-être nous n’accordons plus assez d’importance aux mots lus. Nous sommes juste bons à les consommer, avec une rapidité digne du plus adepte des fast-foods.

L’écriture – vite – avalée.

Fast-blood.

Avec une paille : aspirée.

L’ongle sur la case du ticket à gratter pour gagner des millions.

Siècle du tout et du n’importe quoi, du meilleur comme du pire, avalanche d’informations, déferlement d’images et de sons, pagaille généralisée, amplement de quoi créer ou mourir asphyxié.

27.3.05
So, just die

26.3.05
Je regardais l'équipe le désincarcérer. Quand ils ne s'échinaient pas à décrucifier les pauvres malheureux qui s'étaient fait foutre en croix sur les collines, ils devaient s'occuper de cette autre invention sordide issue d'un plus-que-cerveau de l'Usine.
Une fois les pétales d'acier gommés, je reconnus ses traits - écorchés.
Nias Düne.
Il respirait encore. (Mon regard se torve à l'ajout de ces mots.) Je ne parvenais à concevoir cette ignominie qui avait consisté à verser le métal en fusion sur son visage. Le métal végétal des Terres. La chose avait ensuite couru sur lui, rampé, fleuri. Dans des formes tourmentées que le regard osait à peine soutenir. Des architectures organo-métalliques, dévorantes, ramifiées jusque dans les chairs, entées et élancées, tandis qu’en reflets du ciel gris. Le corps, cette fusion insoutenable de tissus récalcitrants, n’était plus que l’éclosion obscène d’un éternel bourgeon en une xénomorphose figée.
25.3.05
2h.
Je - coule.
Les fleurs du fond
(Au fond) ne remontent pas.

2h34min.
Le doux-glacé des baisers
Sur ma peau nervurée
Par l'angoisse accalme.
Ne me laisse plus jamais seule.
(Tu ne peux RIEN pour moi)
Ne me laisse... Nous finirons
Par - perdre la raison.

16h17min.
Mais perdre la raison vaut mieux
Que perdre pied car autrement
Comment - remonter ?
derrière les globes bourdonne un peu
la réverbération nocive de mes réflexes

pourtant l'impulsion propagée
sous une chaos-porteuse se
perpétue suave
n'est-ce d'ailleurs plus qu'un signal
un algorithme démodulé dans le bourbier libraire
(injectez-moi)
avant que létale ne s'estompe
la voix qu'interlace le vide
dans cette urgence péremptoire
24.3.05
faire la mort et battre le fer

œil pour œil, perspectives croisées

par terre, sur un champ de bataille pavé
de bonnes intentions, de mauvaises
tandis que tu te rues vers l’horizon, tandis que
tous courent dans toutes les directions
la distance mais les heurts, l’hallali fatidique
la belligérance boueuse qui nous tient toi contre
moi

amour toujours, il faut croiser le fer
le battre encore et mortifier sa chair
puisque la flamme est de mise
puisque le cœur est atteint

amour toujours

il faut croiser le fer et en faire son enfer
les murs se suivent et ne leur ressemblé-je pas
dans ces compromis d'instants où l'on arrête la nuit,
où l'une dépeuple et la même manque ?
23.3.05
Une fois la conscience ,
Contrairement à la vague,
Jamais ne se retire.
22.3.05
les yeux en sang à la surface du pétrole
absorbé par le bord du monde
le commencement d'un autre
le nôtre les doigts croisés
et plus
tu sais

je ne t'ai pas dit
que l'ombre derrière
elle aussi
a souri
21.3.05
Se déchirer tous les soirs
Est rituel trop destructeur
Pour une amnésie relative.
A hautes doses: coma. Stupeur. Mort.
Pour l'instant: pas encore -
Je suis juste piégée dans le blockhaus du rêve.
La maison sans porte ni fenêtre.
Le visage sans bouche, sans narine
Et sans orbite. Déconnectée.
Redites-moi d'où je vais.
20.3.05
En mai ils se rapprochèrent,
leurs yeux muets en lanternes éteintes
Fendant le ciel mat d’une rage vorace,
Le soleil naufrage
Irridescences folâtres

entre mes doigts pétrifiés
Que j’écartais puis recroquevillais
Me concentrant sur ces reflets idiots
Pour ne pas voir les ombres
Des colères en meute
Qui éclaboussaient le ciel
De corbeaux noirs.
Transferred: 05-the_winter_pageant-when_it_cuts-butt.mp3 6,34 MB in 9,18 seconds (706,4 KB/s)
là où le bruit blanc de l'horizon urbain
d'échardes électriques infirme
l'apocalypse du jour jaune
les arches sculpturent une ténèbre au cordeau
sur lesquelles surgie soupçonnée par l'éclat
l'ultime réverence au métal alumine
en trombe comme des yeux déboulant à l'arrière
des paupières l'unisson veut alors que j'émerge
à la vue de ces barres à peine les fantômes
d'immeubles dont l'haleine tiède d'arrondissements
voisins au contact permafrost nimbe la base
d'une brume que le contre-jour fait diaphane
et ces portes noires et râblées d'un néant de gaze
là où le crépuscule se pulvérise dans l'urgence
18.3.05
petites nécroses entre amis

je contemplais, perplexe une fois de plus, leurs agonies. mais à aucun moment je n'en ressentis un voyeurisme malsain. je leur souhaitais des morts lentes, doucereuses. je basculais encore sans toutefois me retenir retourner mes ongles sur les murs d'onyx de ces gouffres.
Longtemps, j'ai cru que j'étais un cancer viral. Je m'aperçus un beau jour, avec stupeur, que je n'étais qu'un rat, propageant la lèpre, avec force et bon coeur. Je les tuerai tous, surtout l'Altercation. Mais jamais la démesure.
se lire dans un miroir, c'est assister à sa mort, implanter les racines du doute, les accueillir comme des métastases.
Dingue.
...feel it.
Schlingue


....smell it
Flingue.
...suck it.
limbes.
fuck it.
p.urpose

pourtant dans cette salle souterraine, nous écrivons des écrans d'affilée.
[là, à l'entrée, par exemple, ils se sont rétrécis en un seul, tu vois]
on les observe, le regard en écharpe.
on s'observe, comme des grands frères réciproques.
nous sommes les témoins de notre devenir. en une rétroaction des plus maîtrisées. être, se voir être, se corriger, advenir. nous cultivons cette conscience collective jusqu'à sentir le moment où il nous faut introduire une perturbation. l'incubateur fonctionne ainsi. pour la calibration, on a placé quelques cobayes dans les cuves. je ne sais pas si tout ceci est vraiment légal. mais pourquoi n'aurions-nous pas le droit de nous expérimenter nous-mêmes bordel ? pour quantifier le schéma social, il est nécessaire de s'en extraire. nous y oeuvrons. alors ces notions de légalité or not, on est carrément au-delà. ou à côté. pour ce qui est des simulateurs, dans la pièce voisine, je les ai copiés à l'Usine. c'est pas vraiment open-source et là encore, s'il y a une descente, il faudra faire extrêmement gaffe. ok ?
bon je continue : j'en étais à la perturbation. je sors pas les schémas, les courbes, etc, je voudrais être concis. après si tu veux, on ira en bas et je pourrai rentrer dans les détails. la perturbation, donc, passe également dans la boucle rétroactive. je mets de côté aussi, pour l'instant, tous les phénomènes d'amplification.
bon, et puis à un moment, on franchit une sorte de seuil, critique.
à partir de là, ça devient limite incontrôlable. le paradigme a alors totalement changé.
on a généré l'Asile. celui que j'avais expérimenté, for real, à la bordure de Midgard, j'ai pratiquement réussi à le recréer ici, dans ces caves. en fait, je n'avais fait que de l'entrevoir à l'époque. il était réel, oui, mais éphémère. c'est singulier, n'est-ce pas ? parce que j'ai vraiment l'impression que cette fois-ci, il n'y aura pas d'extinction, même si tout cela est extrait d'une expérience pure.
ouais, je me suis laissé tenter par les sirènes de l'Usine. franchement, je sais pas pourquoi. bon ça c'est une autre histoire, hein. maintenant, tout ça, c'est presque fini. je veux y croire. je serai mon propre manipulateur et tous les autres seront chacun leur tour crédules. c'est comme un microcosme et ça sonne d'abord comme une poire.
là je me rends compte que j'ai dû un peu t'induire en erreur. il s'agit de bien faire la différence entre tous les avatars anaérobies et ces oiseaux là. j'ai toujours tendance à déborder de mon interface, à être moi-même une sorte de perturbation que j'introduirais inconsciemment dans l'incubateur-
"i do not want this"

j'ai vu cet envol comme mille défenestrations spontanées
une falaise de verre sur la peau
[au moment de l'en-gouffre palingénésie]
sur les murs jusqu'à pierre
on essuiera nos os

quelqu'un a écrit "géhenne" sur l'alphanumérique
et aujourd'hui une particule paranoïde
boucle probabiliste dans quelque cellule
capitonnée
et me murmure encore

j'aurais bien vu son sang noir remplir les sondes fêlées de l'envers gris cellulose
16.3.05
ci-dessous
3 représentations formelles du principe de réalité
[extraits]
mises en oeuvre dans le cadre du séminaire de
"fragmentation déraillée & déschématisation sociale"


1.

tout le monde lit le source au même moment
tu foires une balise
et
alors tu précipites
le chaos


2.

ma tête en tombe dans le plasma
là il se relativise
"tu vas prendre cher" il me dit
on parle de pâte
de mer
les golfes clairs
etc

tout ce ramassis d'excitations

c'est vrai c'est toujours mieux que "sans-oeuvres"
[she said]

je ferme les yeux
l'air extérieur me caresse
à chaque fois je suis ailleurs
je-
peut-on se redéfinir ou alors créer une autre extension
de soi
le papier parle de filamentation lui
je trouve ça joli
comme cette mer de peignes
me surprend à espérer des rivages

toutefois j'ai un nom
j'en parlerai le moment venu
pardon : je lui laisserai la parole


3.

augmentation soudaine du nombre de variables

propension à osciller sur des impulsions caféines

j'alimente cette reprise ridicule
postulant que le freinage convulsif de l'être devient vite conséquent
dans l'environnement néant

je ne garantis plus rien après
à terme
à ce soir
l'entrée est à droite
après le rideau
Envie de fumer.
Envie de baiser (les deux).
Chut: terminé -
Le flot, ma logorrhée.
Stop: écouter.
Mais ça tape. Suis percutée
(Ton absence - ma cruauté).
15.3.05
On aurait dû tous se jeter aux pieds les uns des autres, la configuration de la pièce nous le permettait amplement. Bien évidemment, le fait qu'elle brandisse un couteau nous avait refroidis, et beaucoup se fixèrent dans le blanc de l'oeil, comme s'ils prenaient soudain conscience de leurs existences. Mais moi, au fond de mon cerveau, je ne lâchais pas le morceau : on aurait dû tous se jeter aux pieds les uns des autres, c'était ainsi, j'y croyais dur comme pierre, j'en tapais du poing, à chaque point que je marquais, je perdais un poing. Soudain, l'un cria :

« LA FERME !

Tous s'aplatirent à terre comme des poupées braquées. Ça fit l'effet d'une tombe. L'un saisit le couteau, vite fait bien fait. Elle se retrouva muette. Il disait, il disait aux autres :

— Les êtres comme ça sont trop rares pour qu'on les laisse filer.

Je rigolais sourdement.

Il saisit le couteau puis le rangea dans sa poche. Elle fixa sa poche. J'étais censé aller aux Impots. Je ne pouvais pas. La scène était trop belle.
La kyrielle des comportements présents se conjuguait au passé simple, a. A, a, a, vertige de l'âtre.

— Salaud, hurla-t-elle, salaud ! Elle brandit un deuxième couteau de derrière les fagots. J'étais courbattu, en tranche de camisole, à l'envers sur le sol. Mes genoux enserrés de mes deux bras, de ce mouvement dont on croit qu'il nous évitera. Une tourbe contractée, la haine comme une baleine sur la tranchée de la salive. Tout cela était rigoureusement inopportun.

L'un se jeta soudain aux pieds du deuxième. Le deuxième se débattit comme un beau drap, en coups de pieds, en tranches de bras, en moulinettes, balivernes et tourne-ciel. L'un ne voulait plus lâcher les pieds du deuxième, il pleuvait. De ces deux jambes il avait fait son ancre, il s'y pendait, il s'y accrochait, c'était la première fois que je voyais un homme se suspendre aux pieds d'un autre. Il y eut des cris, un peu de sang. L'un avait planté ses doigts en crevasses dans les genoux du deuxième ; des rigoles noyées au beau milieu du plancher. C'était nucléaire. Le deuxième ne voulait toujours pas de l'un. Le troisième se mit à hurler, sûrement du fait que personne ne se plante en lui. C'était toujours la même histoire : on voulait ce qu'on n'avait pas. Le troisième s'aplatit de tout son front contre le mur. Puis il s'ébroua, rameuta un peu de bière sur ses rides, qu'il colla du bout de ses doigts comme une pièce de cinq centimes. Il fixa ainsi son crâne au mur. Le troisième devint un baton. L'un avait entouré de ses bras les jambes du deuxième, férocement. Je pense que l'un faisait partie de ces gens qui se crament les yeux au désert, d'avoir trop donné, d'avoir trop manqué, qu'on ne leurs ait jamais rien rendu. L'un était un viscère à nu. Il était la perte de quelque-chose, on aurait pu le piétiner. Ce que faisait le deuxième. Ses jambes se soudaient au sol tandis que l'un crevait. La perte de lui-même, c'était sûrement ça, la perte de lui-même...

Soudain le quatrième enjamba le troisième. Le troisième, collé, fut surpris. Il étendit le bras, comme pour saisir quelque-chose qu'il ne voyait pas, quoi, nous ne savons toujours pas. L'un rampa, le deuxième lui écrasa la main. L'un hurla, bien que c'eut été bénin. Mais l'un avait les mains fébriles et séniles. Nous ne savions pas très bien si sa main saignait ou si c'était les carreaux rouges cramoisis du linoléum. Le cinquième dit soudain :

— Pourquoi avons-nous toujours mis un s à temps ? Il n'y en a qu'un !

Le troisième, scotché comme une masse sans ailes au mur sale, répondit :

— Parce qu'on passe notre temps à se conjuguer. Les règles, vous savez, pour oublier que nous ne sommes qu'un temps.

(...)



Des fois, j'ai envie de signer "Shit on the moon".
j'arrache les murs en cylindres de papier
mes veines en câbles croisés
rampantes velléités

trois bouteilles vides

vertigineuse diminution du temps alloué
seuil de compression néantique dépassé

pourtant j'ai respiré coupable sur le trottoir

catch me
i might run free
Arachnoactivity #2

14.3.05
Humains - de naissance.
Vivent, seuls à un point
(Presque final). Vivants: rarement.
Séparés dès le départ:
Un égale deux (mitosiques).
Du besoin d'être aimé.
Du désir, les corps entre eux.
(Qui ne désire pas - être touché ?)
Du désir, les esprits ensemble.
(Qui ne désire pas - être compris ?)
Réunis: jamais. Même fusionnels,
Orgasmiques. Humains - solitaires.
Je les vois marcher sur la grève.
Pas tous - ensemble.
Mais tous - un seul, à la fois.
13.3.05
Gray afternoons #20

alors à l'anti-zénith du frontispice se retourner pour voir l'astre poignard raser d'un jaune d'automne. la ville comme une armée malade que la montagne empoigne et méprise empoisonne. l'air d'embruns vient du port lèche les quais interminables plantés de grues qui métallisent la fragrance d'iode. la porte coulisse elle se referme bientôt sur le hall silencieux de petits carreaux art-déco. je ne me souviens pas très bien de cet endroit. ces transitions spatiales sont des justifications de l'oubli des raccourcis que l'algorithme mémoriel emploie pour la sauvegarde du vécu.
12.3.05
J'ai froid, quand il n'y a plus d'autres personnages que les mots eux-mêmes et que la langue se met à pleurer.
10.3.05
Toutes ces lignes à haute tension surplombant les plaines, reliées, comme humains métalliques, plantés, immobiles, se lançant des fils d'Ariane. Arachnéides. Tentaculaires.
Faire voyager ma langue entre mes dents - et mordre.
Rien. C'est encore l'air. Très bien. Et mes poings sur le métal bleu-sang, la peau percée, et dépecée, multicolore. - La lune dans le blanc des yeux luit. - Serre les mâchoires.
Je sais le sang (même devenue experte).
Entendez-vous les os qui cognent ? Non, ça ne fait pas mal. La douleur est réappropriation.
vous me faites froid digits
un peu significatifs
vous ataviques
engrangez cet
engrenage c'est
amusant comme vos révoltes s'inscrivent dans les
calculs dans les tasses pleines de lave
9.3.05
425
581


On aurait pu dire que je laissais trop de place à l’accident, plutôt que de me concentrer sur mon destin physique, mes causes physiques, je me perdais bien trop souvent dans les aléas monstrueux et déconstruits qui tissaient leurs chocs entre chaque lendemain ou chaque humain que je croisais. Vous le savez bien : il y a cette cause profonde, en chaque être, puis les effets incorporels de cette chose profonde, indépendants et volages, désobéissant à la logique qui aurait dû découler de ces soubassements. Donc je jouais, un peu trop même, voguais comme un bateau coulant. Je soulignais cette phrase dans ma tête, je la méditais, je la retournais dans tous les sens, à l’intersection du boulevard Voltaire et de la rue Gober, je ne savais plus de quelle bouche elle provenait ni de quel auteur, il y en avait tellement qui se bousculaient, mais depuis peu, ou depuis longtemps – les jours se succédaient pour n’en faire plus qu’un, c’était toujours le même lever de l’oseille, chaque matin – depuis peu, donc, j’avais observé des phénomènes de groupuscules qui me laissaient pantois, terriblement lessivé, ou désarmé, je ne sais plus, alors subrepticement cette vieille phrase que j’avais lue il y a bien longtemps, s’était logée dans mes yeux, puis dans mes pas, puis dans chaque angle de trottoir mais aussi dans les miroirs des pharmacies (où je me contemplais rouge d’effroi) : « C’est en propageant le ressentiment que le tyran se fait des alliés, c'est-à-dire des esclaves et des servants ; seul le révolutionnaire s’est libéré du ressentiment, par quoi l’on participe et profite toujours d’un ordre oppresseur. »

Par une fortuite association d’idées, je songeais soudain à Dantec, « tyran » moqué et déserté, et m’expliquais ce cas classique par le fait que la formule du tyran, pour fonctionner, doit s’appuyer sur une vérité, claire et éclatante, blanche, une lumière si crue qu’on n’y voit plus rien, plus de détails, plus d’opinions, plus d’Alternative. À 11h47 exactement, je constatais qu’il y avait un minuscule bout de papier-toilettes collé sur mon index. Je me demandais s’il était bien nécessaire de le relater sur Invidation, si les mots « papier-toilettes » et « doigt » n’étaient pas trop importuns et si le robot féminin qui ne me parlait qu’en anglais, de façon sournoise et détournée, n’allait pas s’effondrer en larmes post-coït une nouvelle fois. À 12h23, j’avais enlevé le morceau de papier-toilettes, cependant il me semblait le sentir toujours au bout de mon doigt. À 19h58, je pensais aux termes de « destitution de la mort », « impersonnalité du mourir », « créatures du ressentiment » et « banalité quotidienne », les mots tournoyaient en un fabuleux maelström, si exceptionnel que le robot féminin n’eut pu le traduire. Je m’enfonçais dans la nuit noire enroulée en écharpe autour de mes jugulaires, m’étreignant de froid, j’avais beau me concentrer, me concentrer sur les notions de « singulier », « collectif », « particulier », « général », « individuel », « universel » cherchant à clarifier l’importance d’un être, du mien ou du tien, qui m'échappaient fondamentalement car tout se noyait dans l'ignominie d'un présent à l'épaisseur factice, une sourde douleur monta en moi, venue des profondeurs, puis soudain, sur le pont, une aiguille de douleur cingla mes pensées et soudain, blême, je me figeai, une horrible vision, un élan de tout mon corps lutta avec ma destinée : j’eus une envie irrésistible de me fracasser le crâne contre la rambarde du pont, je voyais l’image, je me voyais en train de l’exécuter, je restai saisi et tremblant dans le froid, brutalement j’essuyais la sueur sur mon front, j’étais un fantôme, blême, blanc dans la nuit noire, grelottant de cette vision, de cette épouvantable vision qui m’avait percuté la mémoire, ou le futur, et je me disais que peut-être, la seule vérité, blanche, éclatante, c’était ma peau comme une lumière crue de frayeur au milieu de la nuit, et qu’il n’y en avait certainement aucune, d’Alternative : la vérité, c’était ma peau blanche de peur ; le tyran, c'était mes nuits qui ne s'endormaient pas, sursautantes d'effroi pour un motif qui m'était inconnu, un piège que je devinais et qui ne se refermait pas.
Abstract

les liens foireux oh les connards avec leurs humeurs online j'en avais ma claque je n'avais qu'une envie c'était de les concaténer les laisser refroidir dans le micro-ondes les connards j'en ai poignardé un des deux avec mes clés il y a eu du sang il s'est pris le visage dans les mains je l'ai poussé il est tombé alors j'ai continué à le frapper au visage avec mon américain de fortune ça saignait cette foutue bouillie on aurait dit du King alors j'ai continué à le frapper avec mes pompes l'autre me regardait tétanisé horrifié j'étais à côté je ne frappais plus que des chiffons au bout d'un moment je l'avais tué ce connard simiesque alors je suis parti j'ai tout laissé je suis retourné au grand calcul transcendant aux corbeaux au léviathan de vos cerveaux j'ai vu en parallèle des tératonnes de neurones de protéines grasses depuis la mise en marche de cette machine jusqu'à vos glaires contemporaines vos sexes gastriques ferrés tous précalculés statufiés statistiques proues subversives dans la grande décharge proto-urbaine

j'ai allumé ma fiction avec le peu de pétrole qui restait je voulais nous noyer nous désassembler comme dans un génocide de bulles de bitume où tes yeux sont les héros là-bas le cadavre se
- nouvelle itération -
décomposait sur le trottoir froid j'étais chitine et j'y retournais chitine pour mieux le voir se liquéfier mon enfant programmé dès l'instant où j'éteignais la machine à fiction j'étais de plus belle réinjecté dans le process avec mon aura probabiliste comme une bouée dans la boue
rollover je vous passe le troisième rôle
un câble cerveau est débranché
8.3.05
[Have a nice fnuck I kiss you goodbye]


"Be thou familiar, but by no means vulgar."
William Shakespeare
Hamlet, Act 1, scene 3. 1602
Le chien de ta mére, le chien de ta sœur, le chien de ta gazinière, coupe les aérations je t’asphyxierai, nous deux tranquilles démesurés simulacres pré-individuels, le chien de mon oncle, le chien de tes aboiements, le chien de tes leurres, le chien de tes rires, attendre la queue basse, le chien de l’amer, le chien du labeur, le chien de tes poussières, le chien de mon nom, le chien de tes affolements, le chien de ta peur, le chien de tes prisons, le chien de tes cris, le chien de ton cul, le chien comme un mur, le chien comme un front rentré aux vitres, un enfant rentré vite comme un Nom, à batardiser l’impossible : finir en devenir, ligne droite illimitée, alors le corps devient le monde, passion et fonder la liberté, le chien d’une fenêtre, le chien d’un vide et d’un ciel, d’un cruel, le chien de ta langue, gangue fange, le cri de ma guerre, le chien de ta merde, le chien de ta sueur, le chien mortifère, le chien de tes stups, le chien de tes chatoiements, à rire, l’ouïe, l’insensée, le soleil fruit pourri chaque matin dans tes yeux, moi : à vouloir l’arracher et faire un peu de lumière, le chien de tes souvenirs « ma chérie », le chien de nos connivences, le chien de mes turbulences, agonisons, bâtissons des rivières s’endort le chien, le chien de mon chien, le chien de mon chien, le chien de mon chien, et que reste-t-il à la fin, le chien de mon chien, le chien de ton cul, le chien d’une baise, le chien d’une bouteille, le chien d’un désert, une gueule dont on s’abreuve, déversoir impuissant de lunes détruites et d’aurores persistantes, à cracher du pareil, ou du neuf, du pré-existant. Le chien de ma demeure de ma chienne de mes persiennes, le chien de mon usurpation, de ma trahison, le chien à la truffe branlante et la queue pendante, le chien à la gueule qui boit des trépas des sniff-ah des / ferme ta gueule. Ferme ta gueule. Rentrer la queue basse, feuler la Bleue crasse, miauler ta gueule strass, shit, SHIT.

Battre l’exprimé mon chien, tu me diras.
death-?

i've seen those words
collapse
as it was the end
of poetry
birth-?

these waves
you know
they are swallowed inside the white walls of my skull
they subside there
only fragile radiations of despair can escape
making me melt into transparency
regarde donc ton reflet dans la torture
les engelures de ton masque y débordent
elles t'acouphènent ultraperçues palpitantes
à l'envers comme des puits vers l'en-toi
des pupilles foreuses des syphons myriades
noires insoupçonnées sous ton hydrocarbone
indéfectible desséché
tu les sens en
permanence
dévorer
régurgiter
l'entre-toi-et-le-monde
7.3.05
[My oh my]

I should maybe pack my things and go
I've never been at ease in the company of others
Prefering silence and peace
People bring me trouble and anguish
They don't know what they want
nor what they wish
I'll should pack my things and never come back
5.3.05
présomptueuse prédiction que le terme présumé
alors que je m'abhorre virtuel presque vérolé
à force scandée sur la réflexion en cristal
coulant de mon visage
de mes yeux
immolés
4.3.05
Dès l'horror, le soleil m'ignore.
514
3.3.05
un Kanz sonne à la porte, des téméraires y sont allés,
ici entre une neige polluée et des graveurs récalcitrants
ça tapote des concepts entre eux et des doigts sur la table

[William Blake]

"Some are born to sweet delight. Some are born to endless night."
derrière la débâcle sur la vitre
j'ai vu les cristaux avaler
diaphanes les arcades d'Arachné
mes macabres colonnades
en sors-je que
m'accablent-elles
encore
?
[She loved beauty]


You're lying dead on that cold pavement
Little red holes
Beauty there
I hate things you know
That's why I killed you five minutes ago
I still hate you
What can I do?
et ses os comme des faux
sous la tension du tissu
aux genoux j'ai rêvé
sa peau calcinée résine
et rasoir évideur de

cette erreur
pandémique
Nous marcherons fous à lier jusqu'à l'aurore, un mat de potence fichu dans nos brâmes, des promesses éventrées en crevure dans nos femmes. À gratter la nuit parfois comme une porte, j'y perds mes doigts, mes forces et mes foies. À singer des verrous, ils sont l'enclûme de mon crâne.
Sur le menu ce soir, au milieu des plats chinois, des boeufs sautés et des meufs saucées, il y avait écrit : "Tripes sautées aux carrés de sang".

Tripes sautées aux carrés de sang.

Et je restais figé une bonne minute, à méditer, tandis qu'une pétasse me sautait au nez. J'avais cherché toute ma vie la plus juste expression. Elle était dans un menu chinois, cette enfant de putain.
2.3.05
Pourquoi une simple photo peut elle faire battre à mon cœur la chamade ? Il n’y a pourtant aucune raison à cela, si ce n’est un trop plein de prétention que je n’arrive pas à assumer. Je n’aime pas cela. Le découragement se lie à la déception inévitable, les projets devenus fantômes transparents se muent alors en soulagement. Mais la déception reste, la haine de soi s’en gaillardise, je me renferme un peu plus sur moi-même. L’éloignement s’installe de lui-même, j’essaye de m’en réjouir, car, finalement, c’est sûrement mieux ainsi. Tandis que David Sylvian me dit de laisser tomber, je m’en vais sans même un au revoir.
[This is Mescaline]

En fin de psychose.
Un homme voyait, les yeux ouverts, des oiseaux verts et rouges et,
quand il les fermait, des jeunes filles vêtues de blanc, des anges, la sainte Vierge, Jésus-Christ en bleu ciel.

Lewin
[Depeche Mode] These lyrics ain't mine you've already guessed well I hope so

So
does
the
pain
Words

are
meaningless
And
forgettable
All I ever wanted
All I ever needed
Is
here in my arms
Words are very unnecessary
They can only do harm Enjoy the silence
Il fait nuit noire lorsque je m’engage dans cette arrière rue mal fréquentée. Les transsexuelles alternent avec les travestis, tous d’origine maghrébine. Un petit microcosme noctambule et exotique, où la façade aguicheuse renferme de nombreuses promesses de morts lentes et douloureuses pour qui ne sort pas couvert. Je passe et repasse, choisis ma viande, décide de la maigre somme que je ne veux pas dépasser, et aborde la créature sans détours. Discussion rapide, mais je ne suis pas doué et tire mes billets de la poche sans avoir pensé à séparer au préalable la somme allouée du reste de mon butin. La bagarre éclate, elle me reproche à raison de me foutre sa gueule, je lui réponds qu’elle n’est qu’une sale pute et qu’elle n’a pas à parler la bouche pleine. Elle tente de prendre les billets tout en appelant ses copines. Je me retrouve acculé, leurs mains sur ma gueule, elles me dépouillent, elles savent ce qu’elles veulent. Sous la menace, elles me forcent à m’agenouiller et à leur lécher les cuissardes. « Lèche, salope ! » J’ai le pantalon baissé, je me prends des coups de pieds entre les fesses tout en léchant avidement. Puis, elles m’ordonnent de me relever, et, en riant, me crachent à la figure. « Casse toi, cours comme une chienne », ce que je fais, avant de me masturber frénétiquement sous un abribus.
destruction des branches de satin
que j'avais tramées comme des aortes
les yeux de sable pour bien faire
on se croisait on se quittait
je ne me souviens que
trop bien

mais si seulement je pouvais suinter ça
je t'attendrais dehors pour le cracher
les mots d'avant et ceux d'après servent
bien sûr
à noyer
les autres
tu vois
ou pas
?

mon remède du milieu il se sucre d'amer
il y pousse même des petites fleurs
je ne voulais pas le refaire alors je l'ai fait pour ne pas avoir à le refaire alors je l'ai
tué il a fait un kyste entre

regarde je le perce transperce pire il me suinte
pour un temps profitons-en pour l'enfuir
nous offrir édentés au vent froid
raconter ce qu'on mord tous
à la fin
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