INVIDATION v2 : http://iinviidatiion.blogspot.com
shut
jetlag
soulass
drosera
00?
non plus
7away
caphar
lost
sim
cane
h5n1
-10°C
abime
dust
ether
truie
cams
drone

Last lights, last words.

30.4.05
we are born to dream of the perfect suicide


coffee is my oil or my mercury, it depends, but it is where i drown the sun's reflection before it dissolves my eyes into poison.

at the crossroads of our divergences, she said : "the roundness that gravity draws / void is just a point, a starting point without desire, a point from where beams out the force which binds a world of tries / the burst of the membrane, the passage / the amnesic moment that expels creation"

and sometimes, she rains...
27.4.05
De toute façon, plus le Savoir augmente, plus la conscience de l'inutilité du Savoir augmente, sorte d'entropie coextensive qui finit par sonner jacasseries à l'oreille. Rien ne sauve, surtout pas ça. Plus on sait, plus on meurt.
579

(Rage again the Bare Industry - oil, pencil).


Je ne sais pas comment c’était venu, peut-être d’une contemplation nocive d’aplats massifs, de simples figures (animaux, hommes) travaillés « plastiquement » – finesse du trait, maîtrise, bonnes proportions, couleurs « sympathiques » – des choses finalement travaillées / à un point tel, qu’y culminait une absence généralisée d’émotion (la peur de soi, de l’autre, – son regard – je suppose, avait annihilé chez l’auteur toute intensité, toute bifurcation, implosion, accident).

Des jolies choses qui décoraient joliment… des « illustrations » de constats, façon Picasso, déconstructivisme, ou Soulages, au choix, peu importe. Des imitations d’imitations, sans odeur.

De toute façon, toutes proportions gardées, j’étais malade. Malade. Vraiment très malade. Dangereux.

La rage m’avait pris à la gorge. Je n’avais plus rien à dire. Voilà ce qu’avait fait flamber cette époque, dans mon crâne. Plus aucune intention, plus aucun discours travaillé, tout cela me révulsait – la glose – plus rien. Quand il ne reste plus rien, on vomit une chair saccagée.

J’avais donc peint trente suicides. C’était tout ce que j’avais à dire. Trente suicides. Vraiment j’avais cherché, mais je n’avais plus rien d’autre à dire. Voilà ce qui restait de mon individualité : un cri dévitalisé.

Lors du nerfs-vissage, mes parents furent effondrés (mes parents m’avaient toujours formulé fermement leur désir que je sois pute), quant aux perruches à ongles longs et perruques pudding, elles vomirent sur le beau parquet, émettant des « ah », des « oh » que je ne comprenais pas bien – comme des bruits de vaisselle cassée qui sortaient de leurs gorges piaillantes. Je crois que les gens ne comprenaient pas, à quel point nous étions blessés, à quel point nous réclamions à cette époque un possible, une profondeur, un possible pour la profondeur. Nous n’avions plus rien à dire, car nous suffoquions d’horreur.


Quand un type bêlant vint me voir et me dit : « Mais c’est géniââl ! C’êêst vraiment géniââl ! On peut le rêêcupérer ! En faire un mouvââment avant-gâârdiste ! En pâârler ! À la rââdio ! Lââ télé ! Mais ouîîî ! Lancer une modeuu ! La modeuu du suicide ! Un coup médiatique ! »… je pâlis, je faillis vomir sur ses pieds. Je ne sais plus après ce qui s’est passé. Des fragments flous, de pieds, de mains, nébuleux.


Mais on me raconta que je l’avais tabassé avec l’une de mes toiles, jusqu’au sang.
pancréassion

(in "fragmentation déraillée & déschématisation sociale")

1.

conçu, le tournoiement vital,
l'extraction en filandres suppurées
sanguines - le fantasme commun ne
voulant-il pas l'acte comme une fusion
des sueurs égériaques, une partouze
des mièvres putains a-musées, drame
dans un cerveau - un peu, puis
l'orgasme platonique quelque part au sein
du cortex éventuellement maudit, ainsi
l'idiosyncrasie vitrifiée par les porcins,
vite singée - remisée, mais jamais
comme excrétion que la synéchie suicidaire
aurait extorqué à la perpétuité du sort
- remember : foreur intérieur.

[entre rêches nos peaux agrafées
à l'écoulement dehors expulsent
l'âcre étouffement]



2.

aux grands mots les grandes défaites,
je voudrais qu'on m'oublie
et
qu'on y dessine des tombes,
sur la couverture vaniteuse que tu m'offriras
croque-mort,
si je ne me suis pas déjà fossoyé en esquivant toujours
ton esthétique pleutre,
la pose divergente que tu revendiques résigné,
prophète glabre de ton marécage dialectique.

ne sais-tu pas que tous ces mots ne sanglotent que du vide,
toutes ces boîtes alignées
me rappellent à mes lignes étouffées, mes vomissures d'inutile,
cette liberté qu'on m'implose
[oh juste ce putain de couteau tends la gorge]
en négatif jusqu'aux os, trempé par leurs gloses -
ces archétypes que tu renies, vitupères, pourtant -

ne sens-tu pas tous ces mots exhaler non seulement leur vide,
leur mathématique désespérée sans ambages,
mais aussi les relents fécaux d'une digestion imparfaite,
l'image périmée dès l'instant du jet, d'après,
devant des luttes faciles avec des chiffons sans ficelles,
pendant que fébriles, vos justifiants, vos duaux
engrossent leurs caniches, leurs parpaings à crédit
et les lois écrites pour,
tarentules.
25.4.05
For J&B., "Au nom des tiens".
Note 358 / cellule carcérale n°XB3897 / Subject W.B. / cachot : 30 jours.

"Le ton change. L'imposition, la volonté de domination s'étoffent. J'avais remarqué déjà ce nez, ce nez et ce je, stomacal, qui se dressait dans les airs comme un phare de Byzance. J'aimerais que les choses soient claires : 1) rien n'est acquis 2) pour tout ce qui concerne la vanité, et la concentration exclusive sur le soi-même 3) je n'ai pas le temps pour ça, pour cautionner ça. Aidez-moi à avancer, ne me tirez pas en arrière avec vos désirs de monstration, éjaculatoires. Si votre nez ne se situe pas sur une ligne d'horizon parallèle au sol et qu'il commence à établir avec l'espace-temps une oblique dressée vers le ciel, empêchant une nette vision de ce qui vous entoure, et qui est à votre simple et faible hauteur, (car vous semblez oublier, que vous n'êtes que de minuscules points noirs qui gesticulent à la surface de la terre) si vous envisagez votre je comme une apparition messianique, seule en guerre contre le monde, n'espérez de ma patience qu'une lutte. Parce que nous sommes le monde, et le rendre inhabitable hors de soi est une méprise, qui n'a pour seule ambition que de redresser un je mis à mal et recroquevillé, soit une nécrose, soit une névrose, la "guerre" n'engage qu'un petit sur-moi en quête de revalorisation. L'humilité est un mot qu'on devrait graver au fer rouge sur votre langue".


anonymous.
22.4.05
{pamphlet sadique} {dream of the day}

***


"Ce n'était pas dans mon intention. Mais quand après avoir désigné les soixante toiles de l'exposition l'une après l'autre : « Celle-ci, oui le léopard-là, est grandiose ! Celle-ci, par contre, avec les vieilles dames, manque de sonorités ! Celle-là, par contre, avec le tube de dentifrice, est très sonore ! Celle-ci, avec le garçon sombre, est muette ! Tu sais, j'ai un goût imparable pour toutes ces choses, on m'a toujours dit que j'avais du goût ! »

Quand, après que je me sois resservi un troisième verre de champagne, il me dit sur un ton affecté : « Tu en reprends encore ! »

Quand il me dit avoir adoré les foufounes en plumes de l'artiste Rufie, oui, vraiment … Il y était allé d'ailleurs !… à ce nerfs-vissage !… oui, il y était allé dare-dare, neuneu-presto, après avoir lu la critique d'un deuxième Neuneu placé un peu plus haut dans la Hiérarchie de l'Échelle du Trou du Cul du Monde des Neuneus (HÉTCMN). Faisant allégeance à la cimaise de la Condition Hautaine, il s'était empressé d'aller admirer cette exposition de foufounes stériles, voire même il avait brûlé un feu rouge, trébuché dans la rue, écrasé une vieille dame pour se rendre le premier dans cette fête à Neuneus, car le Neuneu doit toujours être le premier en tout : dans la queue pour les toilettes (le Neuneu vomit souvent pour garder la ligne), dans la queue pour les cigarettes (le Neuneu veut mourir en premier), dans la queue pour le cineuma (grâce à sa carte de fineulité), dans la queue pour le mariage-performance de Pierre Tartin et Sylvana Loreille, chroniqueuse télé de « Coucou, c'est nous les Neuneus ! » que Neuneu trouve « géniale ! ». Oui, ils font tout pour être les premiers dans les queues, à un tel point que dès qu'ils voient une queue, ils s'y précipitent, sans même connaître la finalité exacte de cette queue. Aussi, aperçoit-on très souvent de longues queues de gens dans la rue. Suivez ces queues jusqu'au bout, remontez-les jusqu'au bout, souvent vous vous apercevrez que ces queues de 100 mètres mènent à des poubelles de la Mairie de Paris, le Neuneu ayant voulu être le premier avant le clochard. Mais aussi, ces queues mènent parfois à des chewing-gum collés sur le sol, voire même rien du tout : un pan de mur vide, devant lequel une soixantaine de Neuneus font la queue, leurs petites têtes agitées du mouvement saccadé d’un cou de pigeon, leurs grands yeux vides interloqués devant un nuage qui passe, tac, un petit prospectus qui valse sur le trottoir, tac, une pellicule sur le manteau de leur voisin, tac, une tache de vomi sur leur manche, tac, l'enseigne du magasin Jennifer…

Le Neuneu doit toujours tout découvrir en premier : le dictionnaire des fautes de français les plus courantes, les expos contemporaines de balais de chiottes mauves, bleus et roses, ces expos à but généreux et charitable, celui de bien nous faire comprendre l'archi-nœud de notre monde noué, au cas nous ne l'ayons pas encore bien perçu.

Je suis vraiment désolé. J'aimais bien Neuneu, j'aimais son regard exorbité sur tout ce qui l'entourait. Ses yeux globuleux qui tournaient en tous les sens, parfaitement, 360 degrés qu'il atteignait Neuneu, le souci étant qu'il avait perdu tout contrôle sur ses orbites : 160 tours par minutes qu'elles faisaient, les orbites de Neuneu. Ce qui lui permettait de tout voir en même temps. De survoler avec aisance. D'où ses fréquentes migraines au ventre, me disait-il. J'aimais bien Neuneu, on peut le dire, même si je n'osais imaginer ce qui restait quand on enlevait l'or qui brillait dans ses orbites, un truc courbe peut-être. C'est juste que… Certainement la fatigue… Le champagne… La folie ambiante… Ce sentiment d'étouffement… Ce soir-là, je n'étais pas dans mon assiette. Je ne sais ce qui m'est passé par la tête. Vraiment, ça ne me ressemble pas. Je ne ferais pas de mal à une bouche. Vraiment : ça ne me ressemble pas. Vraiment je ne comprends pas pourquoi. Quand il me demanda : « Est-ce que tu trouves que j'ai grossi ?… » Vous voyez, moi je m'en fous que les gens soient petits, moches, laids, grands, beaux, c'est un truc qui ne me touche pas, et c'était étrange, ce fourmillement au fond de moi, cette envie de rire comme de faire mal qui monta en moi, mes yeux suffoquèrent d'une cruelle malice, je répondis : « Oui, tu as nettement, définitivement grossi ». Je ne sais ce qui m'a pris.

La joie, peut-être.

Aussi, famille Neuneu, je suis vraiment désolée.

Vous ne pouvez imaginer comme ma gorge se noua ce matin, quand j'appris la triste nouvelle. Neuneu se tapant toute la nuit la tête contre les murs, parce qu'il avait lu dans Mari Clair que se taper la tête contre les murs pendant 60 minutes faisait perdre 250 calories. Sa triste fin me laisse sans voix. Héneurragie cérébrale, c'est une triste fin pour un Neuneu. Je suis désolée. Famille Neuneu, je vous présente toutes mes condoléances, courage ! Courage famille Neuneu ! Je suis certain que Neuneu a quitté notre Fête à Neuneu pour un meilleur monde, un Neverland, par exemple. C'est là qu'il se trouve, j'en suis sûre, il l'a bien mérité. Cependant, j’ai une requête à formuler. Oui, en effet, Neuneu, avant de partir si précipitamment de nos cœurs, m'avait promis qu'il me donnerait le jean Diesel de sa sœur Jessie (qui n'en a plus l'usage). Famille Neuneu, croyez-vous qu'il me serait possible de récupérer ce Jean rapidement ? Parce que je sors Samedi. Oui, je vais au VIP".


un anonyme.
(Prolégomènes parallèles _ password : bocmaxima)

ils vont vers la baraque en bois où tout n'est qu'échardes sournoises. parfois en clous, en rouille salie de sangs séchés que des victimes anonymes ont laissé le temps d'un juron. le grincement ouvre sur une ténèbre moisissure. âcre à l'odorat. ici ils découperont le cadavre pour des sacs poubelles à fermeture facile. ils peinent à monter - l'étage. les membres coupés heurtent les angles coupants de chaque marche. le mort est lourd, les chocs sont sourds.

c'est un véritable foutoir. des coffres, des outils, des arguments à tétanos. la poussière y pléthore. des arches sont tissées sous les alcôves.
je me souviens de ses pattes.
(la rôdeuse devant mon seuil modulo deux semaines environ. régulièrement ils pillaient son antre, le lapidaient perforants. j'abandonnais alors d'inutiles espoirs en entrebâillant la fenêtre.)

ici, c'est une semi-pénombre que les fenêtres sales n'arrosent qu'un peu. la rue est étroite, les premiers étages en subissent les conséquences. le confinement acarien nous arrache des glaires, tous en trébuchant, on tousse.

le plan suivant est ailleurs, s'ils n'ont franchi qu'une porte, nous avons vu des dizaines de montants. une longue pièce, sous la charpente. chaque porte est l'extrémité d'une suivante, la progression linéaire aux sacs parallèles. ils franchissent l'un après l'autre les seuils, se penchent sous les poutres, ahanant outrancièrement à la frontière du fou rire.

soudain, une porte s'ouvre et une vue s'incise de l'échelle de secours. la descente est pénible entre les cerces presque oxydées. vers le passage en bas où des flaques grisâtres remplissent les nids, les poules.
21.4.05
Certains critiques d’art prévus.
Des journalistes.
Une femme qui connaît « toooouut le Pariiis de l’ââââârt ». Elle ajoute : « Je vous amèèène cent personnes, moâââ, cent persooonnes ! »
Un type qui est pote avec Whoopy Goldberg.
Des pilliardaires.
Un fantassin.
Une perruche.
Nos pères assassins, nos mères vipérines.

Je n’ai rien. Je compte les mouches, parce que je ne peux plus compter mes sous. Je n’ai rien, crève la faim depuis le début du mois. Je ne peux m’acheter de matériel. Je devrai pondre en un temps record trente toiles, le mois prochain – ce n’serait pas grave, s’il n’y avait pas ces perruches.

J’ai envisagé un instant de pondre sur du papier-toilettes.

D’ailleurs, il fut un temps où j’avais repeint entièrement un rouleau de papier-toilettes en bleu blanc rouge. Ne vous moquez pas. C’est très long. Ça demande une vraie motivation. Attendre que chaque sériel de feuilles sèche, avant de continuer la suite du rouleau – déroulé dans toute la pièce. Cent heures de travail pour me torcher le cul avec la France.

Alors là, je ne sais pas. Vraiment je ne sais pas.
Je voudrais ces belles toiles, grandes, blanches, neuves, celles d’autrefois, quand mon songe en banque se portait encore bien – je vivais avec quelqu’un qui payait le loyer. J'y pense des fois. Car évidemment, je ne supporte pas les petits formats. Je dois aimer les portes, ce qui ressemble de près ou de loin à une porte. Ne me dites pas le contraire : une toile est une porte. Ou un vivant.

Un agrégat sensible ne peut mesurer quarante centimètres de hauteur. Ça offusque ma religion. Je n’en ai pas.

Alors je rumine. Je rumine en petit format, en attendant la fin du mois. Je pourrais économiser sur la bouffe, mais Angelo est un ventre. Une oralité maniaque, vorace. Moi aussi remarque. Je ne dis rien, mais ma mâchoire fonctionne. Je pourrais même mâchonner du papier. Je mâchonne sa main en attendant, quelques petits trucs qui traînent, une chaussure, un pyjama.

Rappelez-moi de me suicider plus tôt que prévu.

Je reporte souvent la date, à cause d’Angelo. Il est suicidaire lui-aussi. Ce ne serait pas sympa.
C’est à cause du TCO Threat/Control-Overide. Ça vous change une vie, le TCO. Vous rasez les murs.

Alors je vais encore reporter, jusqu’à l’ouverture au moins, peut-être éventrerai-je même une toile. C’est fait pour ça, pour être défoncé. Cependant. Ma vie est devenue une étrangère, que je contemple couler en caillots de sang depuis un pont d’interjections.



Je songeais à quelque-chose de curieux hier. On a beau abattre les catégories, les codifications, les notices, les cloisonnements… une fois que toutes les cloisons sont abattues, il reste toujours quatre murs.

Le crâne comme un immense loft dépeuplé, et une lumière blanche, crue, épuisante, jusqu'à s'en arracher les orbites.
20.4.05
325
amen ma haine, amen ma violence
derrière tout discours, derrière tous les dogmes
le baiser pur de l’annihilation
la virginité mortuaire de la vie sacrifiée

le sens de l’apocalypse

le vacarme la fureur les explosions
le cheminement de napalm pour révéler nullement
le néant du tout, la vacuité du nom

le non-sens de l’apocalypse
Hated by a freak

19.4.05
c'est l'heure où le napalm serait nécessaire.

(putain, mes brûlures d'estomac m'attaquent le cerveau)
La beauté distille, dit stances,
Passage dans la fiction...
Ouvre-moi la porte,
C'est toi qui a la clef.
Ne me reproche pas - rien:
C'est toi qui a laissé filer
Le temps et le rythme statue
Ce n'était pas pour moi.
Le sang voulait sortir.
Il me sortait par les narines.
Et je pissais du sang,
Pleurais du sang, en t'attendant.

que les nuits étaient longues et sanguines comme les jours réparaient une machine qui allait partir direct au crash chaque fois détruite trop tard la voici qui s'éloigne en riant immature elle s'en contrefout il y a des chaînes même volontaires qui pèsent décidément trop lourd or je te préviens moi sous-marin d'ancre - n'ai besoin
722


Chimical disorder two.
Same player shoot again.
« Le meilleur quand on tue quelqu’un, c’est son regard, ce regard qu’il a… Pas quand on le menace, pas quand on lui fait mal, même pas quand il voit un couteau. Mais quand il sent le couteau pénétrer. C’est ça. C’est la surprise. Il ne peut pas croire que ça lui arrive… T’arrives pas à piger, William ? J’ai pas de réponse à te donner. [Il enlève son masque.] Tu t’attendais à voir un monstre ?... Rien à dire qui te fera mieux dormir la nuit. J’ai pas été frappé, j’ai pas été brutalisé. Maman n’a pas abusé de moi, papa ne m’a pas violé. Je suis ce que je suis, un point c’est tout !... Il n’y a pas de mystère. Ce que je fais, je le fais parce que j’aime ça. Parce que j’en ai envie. »*

C’était l’homme, l’insondable gouffre aux yeux rouges. Vers la station Ranelagh, il se dit que cette femme asiatique en face de lui, (ses yeux se jetaient hors d’elle comme on saute d’un étage), cette femme sourire fendu et paumes convulsives, il se dit que finalement, cette femme était lui, mais aussi cet homme derrière son chapeau ramassé, mais aussi cette brute épaisse grimaçante, au fond du wagon. William se sentait n’importe qui, n’importe quoi, les sons n’avaient aucun sens, seuls les événements résonnaient, (et si l’on se pensait comme des événements et non des êtres particuliers issus de sphères bien particulières, et si). William ne poursuivit pas sa pensée, bien trop obscure.

William Bird considérait les hommes comme des cafards. Ce n’était pas une métaphore facile et brutale, moqueuse ou méprisante. Il avait observé des cafards dans de multiples pays, en était ressorti l’haleine chaude, éviscéré, le front en sueur : on ne peut jamais prévoir la trajectoire d’un cafard. Il s’était heurté à un cafard volant en Martinique, d’environ dix centimètres de longueur. On est dans l’obscurité puis ça grouille, puis on essaye d’éviter mais le cafard est imprévisible. Il est positionné dans la douche, sur le reflet bleuté de la cabine, il trépigne des ailes, monstrueux, cabalistique puis hop, cette bête informe et trépignante vous la retrouvez dans votre dos. Le cafard était pour lui la chose la plus imprévisible en cet univers, un trauma. Que rien n’ait de sens ni de logique dans la trajectoire, une activité fanatique de pattes grouillantes, une célérité démoniaque. L’observer, c’était se tourner la tête en circonvolutions frénétiques et perdre le sens du monde. Rien n’avait aucune logique dans ses trajets, et ses pattes couraient comme des assassins. Une bête angoissante, qui vous tuait en mangeant votre lit.



* « Huit Millimètres ».
up-tempo caténaire épileptique en contre-jour - jaune embrase
les yeux y baignent, rêveurs révulsés, un brin - au néant, après
la chape grise, tout ça ne prouve, ni ne promet pas plus la pluie
qu'une mort certaine, aussi sûrement qu'une exploration
doucereusement autodestructive des rayons solaires.
18.4.05
Presque rien et même pas rien
Épave errante décidée de rien
Sans que rien l’y amarre ;
Grisaille sans objet à dire
Rien dessus
- Il n’est qu’inessentiel.
Presque rien et même pas rien
Rien du tout et rien de rien
17.4.05

Je n’ai aucun sens commun.

L’élan propagé par la meute m’importe peu.

(re-Jets anticipés _ password : helicon)

PARIS (Asile-sim), 23 Novembre 2009

Düne et Bird me regardèrent, las. c'était la vingt-cinquième prise, au moins. avortée, une fois de plus. quand je leur proposai de faire une pause et d'aller boire un verre dehors, je crus un instant qu'ils n'auraient pas la force de se lever de leur chaises. Düne m'en voulait, je crois. il trouvait mon obstination ridicule, c'était évident. moi-même, je ne comprenais pas vraiment ce perfectionnisme outrancier qui m'habitait alors. limite je me sentais mal à l'aise. et ce, donc, pour deux raisons, liées par leur antagonisme et, de ce fait, des plus paradoxales.
la stagnation sur cette foutue scène m'exaspérait. je pense que j'avais absolument besoin de la "dépasser" pour me sentir à nouveau en confiance dans le projet. et là, je ne ressentais nullement l'exaltation de l'artiste en plein acte créateur. non, ça me rappelait plutôt l'époque, pas si ancienne que ça, où je déversais tourments et mal-être dans des jets rigides de poésie moyenne. lorsque j'écrivais ces trucs, un intense dégoût siégeait en moi. un dégoût du monde, de l'existence et même (et surtout) de cet ultime recoin qu'était l'écriture. j'y étais acculé, de façon méprisable, c'était sans doute pour cela que je la détestais ainsi, au lieu de m'y retrouver comme dans havre salutaire. voilà, c'était aussi ce que je ressentais là, dans cette cave, alors que je m'entêtais à tourner la scène n°4 du scénario, version remaniée. et au fil des tentatives, le perfectionnisme grandissait, malsain, comme s'il se nourrissait de cette velléité à passer à la suite.
Düne avait aussi bossé sur le remaniement des Chroniques. il semblait quant à lui satisfait de nos prestations et tentait de m'expliquer, lorsque je décrétais qu'il fallait reprendre, que la version actuelle était convenable et que c'était lors du revisionnage complet des scènes retenues, avant le montage, que l'on serait plus à même de juger de la médiocrité de telles ou telles parties, qu'il faudrait alors reprendre.
je concevais ça parfaitement. mais je ne sais pas, un sentiment d'infériorité vis-à-vis de lui peut-être, un orgueil teinté de susceptibilité me poussaient à lui prouver que ma vision des choses était la bonne et qu'elle servirait même d'étalon pour la revue finale. d'autre part, la scène n°4 me tenait particulièrement à coeur. j'avais en effet travaillé dessus là-bas, à Midgard-exp, avec TomTom et Ben. une des rares que nous avions filmées, et encore, pas complètement. une partie avait été tournée dans cette vieille baraque, quelque part dans la ville. on devait tourner le reste au bord de la mer, sur la lande, mais avant qu'on puisse, il y avait eu ces problèmes avec l'Usine. bref, je me rappelle encore des prises, au bout du comptoir d'aluminium, avec la menace du hachoir. il n'y avait plus de ça ici. avec Nias Düne, nous avions voulu déshabiller l'oeuvre de toutes ces petites choses qui l'ancrent dans un contexte. ça peut paraître ridicule d’affirmer cela, au premier abord, puisque l'auteur n'insère-t-il pas tous ces détails délibérément, pour envelopper telle ou telle scène dans un contexte spatio-temporel tacite ou tout du moins pour tenter de l'y relier. a contrario, nous voulions nous défaire de cette démarche. à vrai dire, il ne s'agissait pas de créer une oeuvre (dans le sens de l'extraire des limbes de l'imagination) mais plutôt d'en continuer une, et même de se la réapproprier, dans un contexte différent justement. et dans cette optique, il nous semblait nécessaire de supprimer tous les à-côtés qui polluaient, pour ainsi dire, la trame principale, tous ces artifices que nombre d'écrivains utilisaient à tire-larigot pour remplir leurs outres-fictions, au point même de s'y noyer, d'y dissoudre l'éventuelle histoire qu'ils auraient voulu écrire et d'inonder, pour certains, leur crédibilité artistique. mais le siècle est friand de ce genre de suintements-qui-remplissent (ceux-là même qui font naître en lui, de façon putassière, un sentiment de proximité avec l'oeuvre, jusqu'à faire poindre l'idée qu'il est lui aussi capable d'uriner les mêmes soupes, sorte de culturo-réalité qui aurait voulu en vain se distinguer de sa consoeur télévisuelle par des poses lit-terreuses), alors cette mélasse ne cesse de se répandre dans les librairies, à notre plus grand dégoût, mais finalement à notre plus grande indifférence. tels des autistes ou autres philosophes abscons de la chose métaphysique, nous nous obstinions désormais à remonter au flux fictionnel brut, si tant est qu'il puisse vraiment exister. cependant, le leitmotiv de nos agissements dans l'Asile-sim était l'expérimentation, aussi ce genre de procédé y était tout à fait légitime.

nous sortîmes.
c'était à chaque fois une surprise de constater à quel moment de la journée nous émergions dans la ville. [...]
16.4.05

autre support désincarnée abus de turpitudes décadence danse abjecte
trouve ton chemin
au gré du vent des saisons et des morts alentour qu’importe si rien n’a d’importance que cette recherche cette quête butant contre l’absurdité du monde
rien n’a d’importance sauf toutes ces routes qui ne mènent nulle part
encore attendre
l’implosion
survivre à l’existence (peut-on)
jusqu’à ne plus rien comprendre
non-sens
insensé


refile-moi la notice
Desalgorithm II

15.4.05
"My situation is bad. My pelvis is shattered, I can't move my right arm properly. I had 3 surgeries on my arm already. I also had operations on my elbows. After my muscles heal, they will operate on my fingers".
(Jamal Al Durra)
Affalée sur le siècle, jambes écartées.
Putain : non - Poète. Veut crier !
14.4.05
Stagn Echor

Il y a des attentés qui branlent même jusqu'à mon érythème capillaire.
Extrait des notes de Nias Düne (date inconnue)

"...j'ignore comment leurs yeux m'interprètent. on parlerait de faïence, sales chiens. ils trament, c'est certain, mon sort abstrus. j'imagine aisément que mon supérieur direct a prévenu un plus-que-cerveau. je dois faire vite. le débit d'upload est drastiquement bas. c'est pourtant mon seul moyen pour faire sortir des éléments d'ici. espérons juste que je puisse faire suffisament confiance aux types du Help Desk. s'ils l'ouvrent, c'en est fini, je comparais direct devant les porte-manteaux-à-cervelle...
et ils ne me foutront pas à la porte, non.
être viré et s'en remettre aux cloaques de Midgard, voilà une sinécure à côté de ce qu'ils me réservent si jamais ils apprennent. une faute grave (ou du moins ce qu'ils considèrent comme en étant une) n'est pas résolue par un licenciement ici. oh non. il n'y a qu'à faire un tour sur la lande, de l'autre côté, vers l'ouest, pour s'en faire une idée..."

Il y a des attentats qui n’ébranlent même plus mon système humanitaire.

Le lieu de mes promenades anarchiques : zone d’incertitude et brûlante passion, plus profonde que l’amour, étendue en fuites bouillonnantes, fuir les nations en de multiples directions, verser gouttes de sang dans leurs oeils de verre. Qu’est-ce qui reste à l’âme quand elle n’a plus comme ritournelle que les crêtes effritées d’un son blanc de sel, sans but particulier je suis. À chaque instant frôlé, fuit le visage détérioré. Courir après l’humain… « tu m’appartiens ! » dit-on. Dis-moi qui tu es ! Les chemins de traverse ! La nuit ! Les visages blancs ! Caresser l’impact !… Et tant les aimer !… Mais ne jamais devenir autre qu’un singe hurlant, qu’un débonnaire mât, qu’une rouille d’épaviste, qu’un rôdeur aux dents noircies… un animal, une roue, une plaie !… Organe, épiploon, membrane amarrée entre la chute des intestins la fièvre de l’estomac !.. Ne devenir jamais autre-chose que ce tout ce qui ne fut jamais prévu entre les cuisses d’une mère, une cohorte d’enfants carnivores, d’agneaux blessés déchirant des placentas obèses, polyphonie cervicale en rut convulsive, adorateur du soleil, déchire des pans de nuit de mes mains rudes et vieillies, tresse des cornes étincelantes et arpente les chemins, mais toujours la nuit. Toujours la nuit. Métastase d’un cancer, apocalypse thermique, quand j’appuie sur la nuit, dans la lumière glaciale se déploient des larves nocives dont le souffle fluide déploie comme des rails leurs jambes calcinées jusqu’aux rebords de mon plafond, et je vois ma tête accrochée comme un lustre au centre de la pièce.

Reconstituer un corps pur, dit-on.
Pourtant moi, je n’eus jamais aucun but, je n’y pensai jamais, la fuite du temps et des événements fut suffisante, j’étais corps ballotté les mains chantantes dans un ruisseau sans rives. Le trouble fondamental de mon présent, ce ne fut jamais d’atteindre à, lieu et territoire, mais de rester à la surface sans respirer.
dans l'angle mort de mon coeur,
il y a des reflets, des peaux mortes,
des regrets, souffles froids, confinés,
des mots aussi que je ne sais plus
dire, comme des continents perdus,
des criques inexpugnables d'où
transpire parfois le ressac de rêves
plus qu'humains, ressassés jusqu'au
sel invisible, la lie vide des sens
extinguibles, embolie des élans vers
les chairs vitrifiées que les yeux
consument à l'aveugle des désirs,
à l'envers de leur glissement perclus -
en fuite.

dans l'angle mort de mon coeur,
tu sais, il y a des câbles cuivrés,
si sertis, calcinés, qu'on insère
à coups cautérisants, en décharges,
brûlures électriques carbonisent,
âcres, coagulantes, sous la peau
et ces fils arrachés nous rejoignent,
déversent gerbes d'ampères létaux,
incontrôlables spirales dans l'air,
qui nous étranglent d'ordinaire,
mais ici nous ne nous verrons plus
esclaves de structures préliminaires,
car nous nous répandrons ramifiés -
en fléau.
13.4.05
Bonjour.

(Nous remercions l’individu X31 pris pour modèle dans cette expérience et dont l’image n’a aucune espèce d’importance).

Bien.

1) Il arrive, dans certaines plateformes contemporeuses, que l’on désigne ce type de photos – ci-dessous – comme des actes créateurs performants.
Bien entendu, l’intention initiale de l’auteur/créateur sera camouflée via un système peu onéreux de points rouges…

439


…arcs en ciel, gribouillis divers, que sais-je, prêtant à cette image une intention, comment dire… une intention donc, créative (reprenons le terme), que l’auteur justifiera de « subduction de l’extra-être dans le support photographique par extension varicelleuse », et autres types foireux de discours lénifiants.


2) NE NOUS PRENEZ PAS POUR DES CONS.
Un tel travail n’a jamais eu pour seul fondement que cette seule phrase :
« TU M’AIMES ? »
Voilà le fond d’un tel travail.
Vous aurez beau gribouiller tout partout autour de votre gueule…

439


…on sait bien que par le biais de cette « création », vous n’avez toujours jamais pensé à autre chose qu’à elle. Votre gueule. Par ailleurs, bien souvent, vous évitez soigneusement de la salir, votre gueule, et d’en émasculer les contours.

3) Un tel travail, au niveau de son expression, de ses croyances, de son intensité, pourrait se rapprocher de l’image ci-dessous. Le fond est le même : IL N’Y EN A PAS.

285


Quoique l’image ci-dessus, soit certainement intéressante en bien des points, comparé à l’image ci-ci-ci dessus.

4) Nous vous recommandons par ailleurs de vous situer toujours à un angle ci-dessous dans la vie, et non ci-dessus. Ceci était une aparté.

5) En bref. Nous vous recommandons, afin d’exprimer un peu d’émulsion corrosive, de salir un peu votre gueule et d’arrêter de nous les casser. Voyez-vous, d’atteindre à un « dépassement hors de soi », où la gueule n’est plus qu’un vague détail flou en arrière-plan, car voyons, ce n’est juste qu’une boîte crânienne.


Ceci était un message cathartique post-Palais de Tokyo.
Déglingue totale. A cran.
Poudre blanche collée aux narines,
Saignements de nez, yeux injectés
De sang: drôle de signalétique.
Hold on. Hold on.
La nuit, mes rêves sont asymétriques.
D'un côté - le cauchemar.
De l'autre - voix, respirations, bruissements de draps.

Lutte. Luttera. Coupable de dormit ?
Evidemment. Car dormir,
C'est n'écrire pas.
Il y a de la folie là-dedans.
Si je me fais soigner, ils me prendront mes crayons.
Je n'ose même pas imaginer ce que je trouverais pour les remplacer.
Donnez-moi de l'apaise-nerfs.
Je me sens pyromane de la Pensée.
Hang on. Hang on.

Les objets s'entassent.
Les mots remplissent les cahiers.
Overdose.
Je rêve d'un espace vide et blanc, sans signifié ni signifiant.
Crée-t-on une oeuvre littéraire comme une oeuvre architecturale (fondations, sol, murs, toiture...), en respectant: de bas - en haut ?
Ou comme un être humain vient au monde: né déjà-là, entier, sans haut ni bas, mais avec un centre de gravité ?

IL Y A VRAIMENT TROP DE CHOSES QUI M'ECHAPPENT.

Parfois, je me dis que cette intelligence qui est la mienne est par trop lacunaire.
J'ai du mal à avoir une vision d'ensemble, une vison globale, à englober.
Je ne vois le Tout que fragmenté
...................................morcelé
...................................parcellaire.
Voilà peut-être pourquoi Dieu m'est étranger (parce que Dieu serait l'auteur du Tout, or si je ne peux concevoir le Tout, je suis bien incapable de concevoir Dieu).
Ou alors: Dieu est simplification.
Car le Tout est inaccessible à l'entendement humain.
Etre humain, c'est être lacunaire.
Essayer de percevoir le Tout, c'est essayer d'être plus qu'humain, de transcender sa condition, de se prendre pour Dieu...
Et ça rend fou - (j'y suis presque).
Je me traîne l’écorce rouille comme une feuille de chaînes, voudrais pouvoir dire sans honte, que je suis chien à queue battue le cul endormi sa corde enroulée à la chaîne d’un Monoprix ou d’un Léviathan, que je heurte sans souffle d’alertes visages innocents, d’enfants, me traîne la queue par terre, attachant attaché, me caressent le col, battant battu la queue par terre et l’abandon misérable aux veines d’un supermarché, libre et sans histoire mais l’œil flinguant cinglant fliquant cueillant des poubelles vertes et quelques marées de mains humaines, des rires claudiquants, des mon chien mon chien.

Je n’attends aucun maître, pourtant. Qu'ont-ils été s'acharner.
12.4.05
un soir jaune sur les façades,
mais de l'autre côté, condamné,
d'un quai, souvenir d'où naissent
les mots, des stries circulaires
dans les flaques d'un retour brutal
aux ondes diurnes, flagrantes,
tranchez-moi, fragments d'horreur,
qu'ils ne me veulent plus encore
10.4.05
dans les montants, à peine
les mots s'imposent, déposent
déroulent des nerfs, perdus
où ? depuis qu'ovin vicié
aux organes gourds, les gonds
des perspectives déclivent
leur houle d'incertitude

1997
au pied - pression des dendrites
là, frissons douce pulvérulence -
de l'estrade des marches là-haut
on se pend à penser alors des potences
des portes et Vivid Zerschtöt, préposé
à ses heures, garde-chambranle
d'une entrée où toute est définitive

2005
(fragmente-moi un doute, l'instant d'un interstice
si l'étage dernier s'est déversé pour le moins positif)
se puisent par les pieds sous les fondations
des voûtes, ici les montants plutôt gorgent
à la gibbeuse des pierres écorchées,
les orgues fantastiques vers lequels je
lorgne ne -
dévoré par les gibets des rues, répandus
fongiques sous mes yeux nauséeux, arides
- ne
possédant plus de visage pour offrir à
leur duplication pandémique

je ne veux plus croire le jour
Gray afternoons #21

9.4.05
remember : tirons à nous la couverture corruptrice de la subduction.
On ne vous fixera pas avec des ventouses pour que vous puissiez coller au monde. Tenez toute seule.

Je ne ferai pas l'effort de comprendre.

Est-ce la pensée qui formule l'acte ou l'acte qui formule la pensée ?

Bonjour, vous êtes sur le répondeur d'Ahosera, elle n'est pas là pour le moment, mais vous pouvez toujours laisser un message...

Après le bip sonore, changement de décor: des pièces en enfilade, couloirs peints en noir, portes en rouge. Est-ce déjà - l'enfer ?

Asseyez-vous. Voici le résumé des faits... Voici les articles du code pénal que vous avez enfreints... Vous vous croyez maligne ?
Non.
Au commissariat, le flic tournait autour de moi comme un clébard reniflant l'ennemi: Et quel genre d'artiste êtes-vous donc ? A question sournoisement posée: pas de réponse.
Quoi - quel genre ? Comme s'il existait une case rangez-moi là-dedans (même artiste barré, ça fait formaté).
Voici votre déposition, mademoiselle, signez ici. Vous n'allez pas recommencez, au moins ?
J'ai perdu l'habitude de courir - vite. De déguerpir. De battre en retraite.
C'est votre réponse ?
Vous pouvez répéter la question ?
Vous aviez bu ?
Non.
Vous vous rendez compte que vous auriez pu tuer quelqu'un ?
Oui.

Bonjour, vous êtes sur mon répondeur, j'ai filé avec mes bombes exploser la face d'autres villes. Du bleu de méthylène plein les veines, leave me alone.
8.4.05
en attendant la géante rouge

consommer à tout prix
continuer à perte

la terre s’époumone à respirer
on se consume pour persévérer
c’est de la mort en vrac, en liasses par paquets
autant en faire des vers et la prostituer
puisque tout s’échange et qu’il y a un marché
on applaudit le sang on reproduit l’objet

on tue le temps en exfoliant l’espace

on s’affaire on s’avale on s’ennuie
dans les déserts, dans les villes azimutées
on bâtit on détruit on oublie
la scène se répète et le clonage multiplie
virtuel, on s’invente un visage
amer, on cherche à se venger

l’industrie du livre se déporte bien

entre la glace et la glace quelque part
là où l’humour jouxte l’envie d’avoir
entre la nature et l’esprit, la bâtardise
les naissances incertaines
le verbe se noie dans l’encre et dérive
vers demain – les remous de l’absurdité
on peut y voir un spectre danser
on peut rêver on peut s’imaginer

...
7.4.05
Je suis d'accord: toutes ces vomissures logorrhéiques me donnent souvent envie de gerber.
Bientôt, nous allons nous pencher sur ce cas, en 256 pages.

« Ne manque plus que le lubrifiant, bien que je doute qu'ils sachent une seule seconde ce que représente une seule des sensations qu’ourle la sodomie. Ce sont en l'occurrence bel et bien des missionnaires, il me semble, dont la seule pratique de l'inconnu se résumerait à la position – justement - du missionnaire, à la sincérité adaptable et changeante suivant le contexte : sincérité de surface, superficielle. Vois-tu : une sincérité contextuelle.

— Ma gorge étouffe.

— Je le déglutis, il tombe à flot de ma gorge, par centaines, des centaines de misérables petits corps, dont l'appétit d'être aimé les transforme en trocs, troqueurs, marché du troc, je te donne un mot, si tu m'en donnes un, et nous aboutissons là au véritable résultat de l'atomisation du signifiant. Le mot marketing à outrance de son propre corps : être acheté, se vendre, être adopté / être au final « aimé ».
Rien ne veut plus rien dire, nous le savions déjà, mais au moins avant, le voyions-nous seulement en « live », accompagné de gestuelle et de paroles, d'un oeil et d'une bouche mouvante, ainsi autrefois le spectacle était plus réjouissant, dense et coloré, et l'embrassade de l'autre, même si ses mots ne signifiaient rien, était plus supportable. Mais ici, dans cet univers plat et rectangulaire, ne reste plus que le mot, la parole sans chair, la parole grise, condensée, si fort condensée, des milliers de mots frénétiquement accouplés, et rien d'autre pour s'en sortir, pas un seul coin de visage qui nous distrairait. Juste la condensation ultime de la soif d'être "vedette", "vedette" de supermarché.

— "le nouveau monde des lettres" ?
"le nouveau monde des lettres" ???
Sucer des queues et ne pas oublier le lubrifiant au cas où les missionnaires se risqueraient à autre chose que la position du "missionnaire", voici le "nouveau monde des lettres", aussi putassier qu'un autre, où la confusion entre « confrontation » et « lubrification » et/ou « auto-lubrification » est courante. Ce n'est pas le support qui change l'homme. Ses travers et ses défauts se retrouvent au contraire mille fois plus condensés ici qu'ailleurs. Au moins, sur le papier, il y avait un tri préalable : quelques putassiers, mais aussi des Hommes ».
6.4.05
Sur l'Agnus Dei de Samuel Barber -

L'enfance, on y revient sans cesse.
Les yeux grand ouverts, on vit des vies à rebours.

Tout est possible. Rien n'est vrai.
Dieu est vivant. Dieu est mort.
Dieu n'a jamais existé: pure invention.
Nous sommes des hérétiques.

Le siècle a-t-il encore des veines
Pour que notre sang puisse couler ?

Je voudrais quelques guenilles
Pour me recouvrir l'âme.
J'ai tellement aimé me donner -
Et ne regrette rien.

Hier, je pensais ceci: la douleur, c'est une pédale de distorsion sur une symphonie de Bach.

Mensonges. Ils disent: vous monterez - au ciel, en enfer - droit - vous descendrez.
Mais Dieu que la trajectoire de l'homme est horizontale !
La preuve: on n'enterre personne debout.
s.well

5.4.05
Pour la huitième fois de la journée, je remontais à la surface, contempler ce soleil écorné, la brume automobile dans le ciel sali, j’entendais leurs bruissements mélodieux en bas sous les voûtes, ils m'attendaient, quelques minutes encore... j’épongeais mon front, je contemplais le clochard de la rue des Vertus qui s’éloignait au loin d’un glissement de main crispé, essuyant les immeubles du dos de ses fripes. C’est lui ou moi, me dis-je soudain.
Recroquevillé à terre, le deuxième William batifolait de sa chaussure avec une poussière. L’après-midi était chaud et le soleil tombait misérable sur un coin de toiture, à l’angle de la rue des Vertus. Nous étions enfermés dans les caves depuis quarante-huit heures, dans un air chaud et vicié de naphtaline, nicotine, neuroleptiques. Une grande tache noire barrait mon dos, j’avais l’impression de saigner.

« Le processus d’effectuation de la littérature européenne réside dans le fantasme d’individus exceptionnels ; exceptionnels par leur caractère « apocalyptique » ou « démonique » (écriture du désastre, du tragique) ou « céleste, grand, grandiose, noble » (parfois écriture solipsiste, je totalitaire). Je vous demande du non-totalisable et de l’asyntaxique, je veux que vous soyez un énoncé presque fou, sans retour possible sur lui-même. Je ne vous demande pas du Breton, je vous demande d’être des hommes.
— William ?…

L’un des six William se redressa, et planta son œil vif dans ma bouche.

— William, vous êtes paresseux. William, ces dos ronds endormis et massifs de nos monuments français… vous devez éviter, voyez-vous… ne soyez-pas un monument répétitif, enraciné à sa terre et ses éloges, ne soyez pas William, car c’est quand on commence à être dans leurs yeux, selon leur conception de l’ être, que l’on s’endort et que l’on répète. Car l’homme, quand il s’emmêle dans la toile de leurs regards, n’en sort jamais intact, et pour que ces regards se répètent à l’infini sur sa peau et son existence, alors il répètera lui-même à l’infini ce processus de singularité et de contrepoint qui le distinguait un jour à leurs yeux. Vous n’y échapperez pas, William. Vous ne pouvez être réellement que dans l’ombre, sinon vous serez un perroquet inerte et mécanique plongé dans l’auge d’une peuplade gallinacée. Jamais William, je ne veux lire à votre sujet ce type de phrase : "aurait pu étendre son récit à l'infini, tant son histoire est d'une déconcertante mièvrerie peuplée de truismes sans fond et de clichés à faire sourire les plus mélancoliques". Et jamais je ne veux que vous prêtiez la moindre attention à ce qui exige forme dans la formulation, vous susurrant à l’oreille que c’est un muscle que l’on entretient coûte que coûte, même s’il n’a pour objet que la pluie et le beau temps. William, il n’y a que ceux qui écrivent pour écrire qui parlent ainsi, l’écriture n’est pas du body-building, elle n’est pas une gonflette logorrhéique qui viendrait arrondir la forme d’un muscle, la force ne réside pas dans l’aspect et dans la courbe du muscle, elle est dans ce grain de folie assassin qui réveille d’une convulsion les morts et soulève les bagnes, parce que l’urgence, William, parce que l’urgence… ses bifurcations et ses sauts… On écrit pour les gallinacés, William. On ne fait pas de soi-même une totalité, mais une assemblée de variabilités. Battre le mur, William, c’est ne l’avoir jamais construit, alors tu seras pierre chaotique et branlante, mal ajustée dans un océan de pierre morcelée, toujours éclaté, fragmentaire. Jamais une muraille ».
merci de faire un état des lieux avant l'apocalypse.
4.4.05
À Arsenal.

Le 2 juillet – à ses côtés, je criai dans la nuit. Je me souviens que j’agitais haut mes bras, pestais en flamboyant de vodka. Je ne me souviens pas précisément des mots qu’empoignait ma bouche.
Le 3 juillet – je prenais une longue douche, m’habillais de ces colifichets que j’avais fulguremment oubliés depuis longtemps, après deux longs mois à traîner dans les rues. Je reconsidérais l’espace autour de moi, je le regardais dormir dans mon lit, épuisé d’un long trajet, long et douloureux. Il dit : « tu t’es maquillée ? » Je redeviens humaine, répondis-je.
Le 11 novembre – à 11h52, je disparus.
Le 11 novembre – à 11h53 je réapparus.
Le 11 novembre – à 11h54 je me dis que nous étions morts à une fréquence de 86 400 secondes par jour et que nos actes étaient substanciellement vides. J’abandonnais vite cette considération sans fond et cette pénétration discursive de porte ouverte afin de me replonger dans ma disparition. Je plongeais ma tête sous l’eau dans l’évier parmi les assiettes sales et les pates pourries voguant à la surface. Je restais là une bonne heure.
Le 22 décembre – je lui avouais vouloir être coiffeur d’oiseaux.
Le 1er janvier – il ne m’aima pas.
Le 4 janvier – je commençais à compter scrupuleusement les secondes où il ne m’aimait pas.
Le 18 janvier – je souffrais de tout mon crâne devant une alouette blessée par un nuage. J’empoignais un chauffard et le secouais de tout mon bras gauche afin de faire fuir le nuage.
Le 22 janvier – c’est vers cette période que mon lobe temporal gauche commença à rejeter définitivement et ce pour une période encore à ce jour imprécise, tout type de romans, essais, et autres types de constructions narratives concentrationnaires récitant pas toujours mais bien souvent des lieux communs, ainsi qu’on égrène un chapelet de loufoques tripes de porc. C’est vers cette époque que je transportais en permanence sur moi au moins sept livres de Notre Ami. Je ne supportais plus que Notre Ami. Il voulait qu’on lui fasse « des enfants dans le dos ». Il en aurait.
Le 28 janvier – tout se passait bien, nous n’étions pas fous.
Le 10 février – avec horreur, je lus quelques mièvreries mal déniaisées sur le web. Je trouvais confirmation de mon sentiment auprès d’un article du Matricule des Anges de l’année 1993. Qui valait ce qu’il valait. La mièvrerie n’est fâcheuse que si elle est célébrée. Une bande de grands malades mentaux célébraient cette mièvrerie. En 1993, j’avais quinze ans, je lisais Freud. Un blond m’aborda sur une plage de Corse sous le fallacieux prétexte que je lisais Freud. Quelques jours plus tard il jeta contre les carreaux de ma fenêtre trois feuilles tirebouchonnées. À cette époque, je ne comprenais déjà pas le sentiment amoureux – dire je t’aime à un cerveau connu depuis seulement 259 200 secondes me semblait issu de la plus grande démence. J’abandonnais Freud à quinze ans et demi. Freud était un con. Tout comme Sartre.
Le 10 février – je lui parlais de poissons volants.
Le 12 février – Les secondes où il ne m’aimait pas semblaient diminuer en fréquence.
Le 15 mars – on me demanda de peindre un cri. Je songeais que je finirai probablement noyé dans la peinture, car le langage oral me semblait particulièrement impuissant et furieusement limité, quadrillé, rectangulaire comme un univers concentrationnaire, je ne souffrais plus que le transversal et les zones de turbulences atones. Je songeais à l’ancêtre Ernest Hello, qui se serait bien marré de tout ce merdier et de tous ces niais élucubratoires poisseux sur son oeuvre, moi j'avais compris, mais je ne disais rien, bien que la rage m'échauffait. Puis je songeais à Arthur Cravan, sans que je n’aie jamais su pourquoi par la suite.
Le 23 mars – je lui demandais de m’offrir des cailloux bleus.
Le 29 mars – il était fier de moi, sans que je n’aie jamais su pourquoi par la suite.
Le 1er avril – sans que je n’aie jamais su pourquoi par la suite.
Le 2 avril – il se passa un phénomène très curieux. Il revint à six heures du matin, et me dit avec force en me serrant comme un étau, qu’il m’aimait, qu’il m’aimait très fort, et qu’il s’en foutait si les gens se moquaient de nous parce qu’on vivait dans une cage à poules, et qu’il m’aimait, et que des fois il avait envie de me faire un enfant. Dans une cage à poules ? répondis-je. Il allait de soi qu’après toutes ces secondes à compter les secondes où il ne m’aimait pas, ma croyance en l’univers et ses vertus langagières – auxquelles je n’avais de toute façon jamais beaucoup cru – s’était sensiblement détériorée. Aussi lui répondis-je : moi-aussi je t’aime très fort {mais au fond, quelle importance, puisque tout est si aléatoire et croupissant comme un songe maudit}.
Le 3 avril – un dégoût subit monta dans ma gorge. Toujours à cause de la mièvrerie. J’avais envie de noir partout. De noir de noir de noir. De disparaître de cet univers de fous. D’ailleurs, j’allais disparaître. Au fond quelle importance.
Le 4 avril – je découvrais le mot « épatamment » dans le dictionnaire, découverte qui ne m’avançait pas vraiment, car c’était un mot laid et disgracieux, sans que je n’aie jamais su pourquoi par la suite.
3.4.05
Programme – Microwords World (amorce constitutive)


Ces temps pathétiques où nous pleurions le vide étaient bel et bien finis, nous avions pulvérisé l’atermoiement sans fin de notre intériorité psychique et de notre enfermement physique : tout ceci était clos, obsolète. Autour le monde continuait à résonner de ses territoires artificiels jusqu’à l’ultime décomposition de son socius, branlant et désorganisé, tiraillé par ses multi-procès de production, faillites des codes et glissements de sens. Les six hommes présents devant nous, dans ce bureau de murs aveugles et enfumés, étaient blancs et transparents, ramenant avec eux le souffle du dehors, six bestiaux livides traversés d’éléments informes, ne cessant d’errer, de migrer, fluants anges exterminateurs dont l’œil noir découpait des fenêtres dans les murs.
‘Nous l’avons été cette chose, nous l’avons été, cette chose que nous haïssions, cette chose d’orgueil, cette chose misérable, vénale dans le manque et la misère, cette bête infernale, que nous contemplions avec douleur, que nous voulions saccager à coups de Savoir, mais ni le Savoir ni la Connaissance ne sauvent, vous le savez, ce qui sauve au fin fond du misérable, c’est la ruse, encore une fois, la ruse de l’animal, bien loin de l’intelligence de l’homme. C’est peut-être ainsi qu’on grandit, qu’on devient plus sain, plus humble, je ne sais. Plus blanc. De s’être vu pestiféré. Vous ne serez jamais au centre, toujours des ludions innocents, des résidus adjacents traçant les boucles de l’Innommable, taisant leur raison, perdant leur maison, renaissant de chaque état parcouru, vous serez une série d’états intensifs plombés de déficits primaires et vous vous saloperez, avec joie, la joie la plus grande du monde : détruire ce qui détruit, ces univers carcéraux que ces cerveaux en mal de distribution spatiale, ces casifications boursouflées, détruire ce qui détruit, vous apprendrez à vous passer de prisons.’
L’un des six remua du pied, rythmant Mozart. Le deuxième réclama Éric Satie.
2.4.05


Un saphir est toujours braqué contre quelqu'un ou quelque chose.
Ben non. Le saphir peut aussi être totalement sans objet.
De la quarantaine comme masque distribué aux passants.
L'extension coupante a tout du saphir, la dureté et le reflet,
L'hormone sombre (ou la lubie ermitique) achevant de rendre
les changements indolores. Pour l'instant.
La vie comme une chute (4)

allez, disons que je fais faire des gargarismes à mon cerveau. le problème, c'est que d'autres effluents viennent décanter à l'entrée du pipe. la purge, la prochaine, s'annonce intensément cathartique. c'est paradoxal, mais je me figure une submersion. totale. les parois du vide sont si belles vues d'en-bas, sous le miroitement de la surface, iridescente lorsque les rais rasants du crépuscule l'honorent.

- le déterminisme qui résout la promesse nocturne a ce quelque chose d'inqualifiablement agréable -

la surface n'est-elle pas une image idéale de l'interface ?

puis
c'est simple : la propulsion apnée m'éloigne de mes (?) yeux révulsés sous l'astre soudain trop obscène. celui qui, depuis peu, n'a rien d'une bénédiction, ni d'un quelconque soulagement, trahissant le faible albédo de mes tenues vestimentaires.
cependant amphibien
bientôt,
si j'émerge là-bas, à une distance confortable, ce ne sera plus pour respirer mais pour l'observer, ce pantin noyé, agiter ses tissus morts, étudier sa flottaison sur cette réalité qui les prend tant à la gorge, ses semblables.
leur houle ridicule m'arrache un sourire pétole,
leur soupe huileuse charrie pourtant son lot de cadavres,
eux.
Three days under my pillow.

1- Note pour une certaine nomenclature (Nomenklatura devenue Nambikwara)

Syndrôme de la pensée électronique.
Rythmique en b.p.m.
Principes du sample, de la boucle et de la spirale.
---

2-Réponse chimique à Dust of my dust

Sauter de pierre en
pierre: nécessaire pour avancer.
Puis mettre pied à terre, le pied - dans l'eau - créant l'onde.
Boue. Limon. Eau trouble: saturation.
L'onde se propage comme un bleu de sang sur la peau après un choc. Abstraction.
Onde lyrique. Magnétique. Electrique. Synthétique ?
Cercles concentriques: de moi - aux autres. Toujours. Mouvement premier.
---

3- Jodorowsky sur ma table de chevet avec Rilke, Pasternak et Tsvetaeva

Le lendemain, ceci: soi dans la représentation - carcan métallisant.
Je cherche un quelqu'un sans savoir qui.
Renaître: moi - de lui, lui - de moi.
"Besoin d'énergie, de me ressourcer de toi. Quant à toi, tu peux prendre, j'en ai bien assez. Tellement que tu pourras même sentir l'électricité dans l'air quand nous serons en présence. Electrostatiques - mais raye statique: électromouvants.
J'ai besoin de ce courant pour créer.
J'ai besoin de ce courant pour vivre - tout court." (extrait de lettre)
03/04
04/04
05/04
06/04
07/04
08/04
09/04
10/04
11/04
12/04
01/05
02/05
03/05
04/05
05/05
06/05
07/05
08/05
09/05
10/05
11/05
12/05
01/06
02/06
03/06
04/06
05/06
06/06
Powered by Blogger