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Last lights, last words.

31.5.05
matin hirsute.
30.5.05
Le brigadier P8 gicla d’un coup d’index le verrou de la fenêtre, un ciel bleu détérioré saigna sur le pansement des immeubles et nous éclaboussa les joues. On s’agita comme fils de singes sous les troupeaux d’oiseaux – sur les fils électriques, une écurie de moineaux écorchés vifs se dilatait le menton.

HUMPF, fit-il – une fissure frac sur son front.

« 01. Cursus nominal invalidant, dit le brigadier P8 : Deux êtres identiques à la naissance [groupés lors en un seul noyau] se dissocient, déjetés sur deux lignes courant paradoxales (l’une figée, chronique, invalidante – données personnologiques impersonnelles / statistiques objectales d’un statut social physique – bref – né à telle heure dans telle rue le 10 novembre XX) / et l’une sans cesse déterritorialisante – « j’agis sur l’essence de mon être ») entremêlées parfois, se heurtant s’accouplant se disjoignant etc. – en bref, globalement, résumons grossièrement : être-jeté / étant, pour reprendre le concept depuis longtemps sucé par bouches à tous les vents sur tous les tons.

02. Greffe : le monde vécu par tous, toutes, toux et touffes, comme Situation Limite Paroxystique (limites : rencontre avec une autre existence – rapport au temps qui passe – accepter racines de son historicité / ou non – acceptation d’un parcours aléatoire aux débris figés).

03. Issue : J’accepte de continuer à avancer sans savoir exactement d’où je viens, tout en ne sachant pas exactement où je vais, je renouvelle sans cesse cette lutte malgré la certitude cuisante de l’échec final. Je recommence et recommence inéluctablement le même combat, même le sachant voué à l’échec.

04. Infléchissement de la situation limite : Conscience dépasse dans sa visée toute représentation, pour déboucher sur ce qui n’est plus représentable, qui échappe à tout diagnostic explicatif. La structure triangulaire (soi+autre+monde) vacille.
Ne jamais nier limites (risque borderline : fuite, obsession phobique de la pseudo-limite, défi perpétuel, prise de risque), mais les repousser suffisamment loin pour. Refuser l’aliénation de sa condition humaine rend fou.

05. Cas ampoulé : Impossible de doter d’un semblant de vraisemblance ces choses changeantes en perpétuelle mutation (ainsi : notions de continuité / cohésion de l’amour sont éradiquées). Alors, comment peut-on vivre ainsi. C’est toute la question. Comment peut-on vivre ainsi, en étant sérieusement marqué par cruauté d’un arbitraire fou sans queue ni tête ?
Question.
Merci de repasser ultérieurement ».


34 sortit son schit, 29 blêmit. Brigadier P8 aux anges.
C’est sur le fil du rasoir que la langue se fend de mots, et c’est dans la déchirure qu’elle caresse la peau.
Alors écrire à s’en saigner la bouche, à n’en plus pouvoir parler. Écrire à s’en couper les veines, à s’en lécher les plaies.
Faire œuvre de peine et de mortalité.
28.5.05
Lucid Interspace

« music is a dream without the isolation of sleep in fact whilst listening to music, your ego is living. but your universal ego - your principle watching of your self ego - is taking a new level of participation, the dream is reality because you are living the dream, and your dreams control your reality.
the supreme reality is creativity (all kinds of art), which takes you back to your mental origins.
so my concept (if there is one) includes your mental superior reality as well as daily life.
the musical theory is perfection, sometimes never obtained. the concept is a mental reaction, the process of movement and change, the basis of mankind.
[...]
some people don't invest effort into things if no material profit is to be had, unaware of the mental joys.
this is a very short explanation of political and marketing manipulation, i could go on, but it is for people to find their own brain oscillation, if they don't it becomes a bad boring joke.
the principles of my music are to make the listener powerful and happy to endure our dying planet life by using their own creativity, and being aware of emotion.
it should be a way of living by people who compose their lives and not as is usual the composition of politicians and manipulators.»

K. Schulze
j'ai mal
25.5.05
Trancefer

only spiders remain
hard mix cutting edge
spaces one day forgotten
beliefs in hell
words because words
words because you do

going down
down
but the only thing he said
is about hard disk
hard disk hard disk hard disk
fuck you
fuck your fatty blinkers
just flux
follow flux overflow

overflow

you are not alone but shadow
remember / demember
lonely shadow
i know who you are
i am who you are :

a shadow
yours on boulevard
this hand above this book
goes by streches out
one shadow
only one
yours again and always
one
til your death


forth
people do things i cannot even imagine
the skin rises and i see blood
pink blood
24.5.05
=
asphyxie /
remise à néant
oskifrax59/steelztong44

je ne vois pas des insectes
pourtant sur les murs
parfois rampent sur les tissus inutiles
ma cellule métallique comme sur
ma langue, les oscillations acerbes
infléchissent tiges trépanent
forgent une autre fragmentation
le fil chu l'immeuble mort
me renvoie des rambardes
où je pourrais être pendu

mais je survis de vous lire là
22.5.05
scotcher les bouts de gras aux muscles
ciment et colle - ossature
la mélancolie taguée sur les reins
pour se croire encore colombine

et comme le ciel sera bas -
le pic des montagnes
viendra perforer sa moiteur

à coup de burin
chercher réponses aux questions
et se croire au-dessus du lot
paillettes et plumes
en croisade avec un chapeau
21.5.05
aux contours de la nuit
les sons acides en comptine
disent la fin du réel
18.5.05


l
malfunction
>

quelques étincelles mais rien d'organisé

un pandémonium décomposé, des bribes de souvenirs évanescents
perdus au milieu d'un néant obscur

je ne vois toujours rien
j'ai cette tenace impression de m'accrocher, par un bras que
je sais pourtant inexistant, à une paroi vertigineusement haute
un alliage métallique quelconque
rien en-dessous
autant au-dessus, à l'infini

rien qui vaille

dans quelques heures je pourrai tenter de produire une étincelle
lancer un signal en recomposant suffisamment de connexions
tenter une réincarnation

quitter l'interzone et son obscurité étouffante

aucun signal

rien qui vaille
17.5.05

La fêlure à mon crâne joue notes de piano sur lesquelles froufroute le tulle des rideaux.

Je reste encrée mais pas ancrée.
Oiseau aux plumes calames.
Gestuelle chorégraphiée.
Mes pieds courbes dans les pointes – on entend craquer les os:
vois comme la rigidité et la bienséance me rompt et me corrompt.

tire
des traits
je t'avais dit qu'il fallait me tuer
16.5.05

C'est une bouche grande ouverte.
Fil enroulé entre chaque dent -
qu'on tire.
Les dents se déchaussent sans pour autant –
tomber.
Filaments blanchâtres des nerfs.
Liaisons et lésions.
Quand les gencives se torchent sanguinaires.

je cherche sous les pierres
les mystères qui remuent
lombrics bombyx
mon univers humus

trying to figure out this life right before the end
trying to figure out the shapes as they disappear

I imagined numb bodies passing out
I thought of eyelids shuting up

something far, always on it's way out
something deep, never rising up
something vanishing
some lonely nothing
already too far gone
on it's way on it's own

at the gates of nowhere

on the threshold of blackout
15.5.05
dissociatives 4/5

595


595
Dissociative #3

14.5.05
on pense bien à chaque fois dire l'ultime atome, atone toujours, même si gangrène se sème encore dans des crevasses du désert derme, la surface répulsive qu'on croit certes fertile. pourtant la friction (dosée peu ou prou en fiction) génère, tu sais, la souffrance, alors on rempile pour le conflit, auquel revient, au final, dans son âpreté, toute forme de création. livré sans espoir, sans gloire aucune, comme un refus de dire dont on empêcherait l'efficience, en cherchant dans le dire une manière de taire. jamais donc une pose ne peut être prise, car comme une pause sonnerait résignation. voire échec - qui ne saurait même pas être concevable, ne serait-ce que par les enjeux qu'il suppose a priori. alors jamais on ne se sédentarise sinon cède à l’emphysème de sirènes aporétiques.
du sable dans mes yeux, des cendres dans les deux, et le sang qu'on y rend. le silence qu'on suspend, à dessein d'obédience, mais déplorer l'absence et se souvenir la nuit, sous la tessiture des feuilles près de [cette chose est indescriptible, c'est agaçant] où ne s'oublie alors
plus
la solitude au corps, mirage tactile image facile d'une interface pourtant surface étanche étouffe souffrance de dans sous l'incompressible distance
les surgissement zèbres
et les palliatifs assortis,
seule l'exsangue persuasion de la latente perpétuation d'un principe, sinon épuisé ou à, superfétatoire - l'intérieur de nos pas entre les trottoirs, jusqu'aux fenêtres humides, yeux fuyant vers un vide, d'une langue morte, sèche, son ostentation, à quoi bon. for a while, saprophage - des cartes-suicide si vous êtes sages.
Bien sûr autrefois étais sage – n’en pensais pas moins mais étais sage. Essayais de correspondre, simplement parce qu’on ne m'offrait autour que correspondances – A tentait de correspondre à B – B recopiait C – que cette catalepsie tournoyante des points gymnastes jusqu’au terminal du monde et de nos gangrènes tournant courtes, fabulon dans nos grammes d’hamsters. Alors je ne sais pas bien pourquoi nous sommes là, tu me demandes – peut-être des enfants bien sûr – et je ne sais rien, j’essaye de savoir tu sais, c’est à cause du décor et des voix somnolentes – qu’on m’a somnolées – j’ai toujours essayé de savoir – plus – mais même le savoir est gauche, même je m’en rends compte, tout est gauche, de l’amour jusqu’au savoir, j’ai juste essayé, un peu plus, que le décor offert, où l’éparpillement s’inquiète et les taches s’ennuient sous les coups des monsieurs propres. Je ne saurais pas te répondre, sauf qu’il ne faut pas en chercher, finalement, car ça n’avance à rien. Puis qu’il faut se jeter, c’est au final la seule voie bien portante, même si elle sort du coma, qu'elle s'effrite sous les coups durs, ces hommes qui n'aiment pas.
12.5.05
comme d’une rencontre avec moi-même que j’aurais manquée.
Hier soir, nous abdiquions devant l'évident pathétisme d'un zénith de mes deux.
10.5.05
finalement, un visage dans
une vitre, se noie,
l'urgence et l'inutile s'y
convient pour (à vrai) dire
l'oraison de l'ombre si
jamais l'occasion se
présente de se répandre
et d'étendre la fuite
de l'être depuis
lui,
épiderme horreur myriade,
alors couler vite crier vide

mais

comme la surface d'outre
à vies tombe de mes mains
vers aucun sol qui ne puisse
se salir de m'insulter, là -
ne me renvoie-t-elle pas
l'urgence et l'inutile afin
de recouvrir ressac l'espoir -

(or haut, trop haut
puis sursaut - trêve
trop vite fuit la bonde,
carcan candide et vides
rimes font que)


l'urgence juste inutile,
la persistance caténaire,
les vestiges qu'on s'expose
pour survivre et s'y voir
en résine, en l'ébauche
d'un échec plutôt à
conclure que l'ombre avance
avec nous pour peu que -

dans le virage où s'évase
la ville, te renvoie
l'urgence aigre inutile,
ramenant tes jambes sous
le même gris, la stase
comme une pose et le taux
d'humidité de ta putain de
prose avoisine le zéro.

voilà et se faire l'effet
d'un miroir (la vie des veines),
la surface est un espace
où se savent les dimensions
que des particules à peur
génèrent pourtant à contre
courant, électrique firmamente,
sur des centrales à coeur
ouvert, tout gouffre fait,
tout compte abscons dans
l'urgence de l'inutile, allons.
9.5.05


l
malfunction
>


"i don't know
what you're looking at...
what you're listen to...
what your thinking about...
I... don't know..."

quelques étincelles mais rien d'organisé

aucun

aucun signal assez puissant pour reconstituer l'organisme
la désincarnation est vertigineuse,
au regard de l'exosquelette précédent

la métamorphose comportait des promesses d'accélération
et de lucidité - une optimisation incisive en somme

une armature chitineuse d'adamantium et de vivacité
mais à peine ébauchée, fendue par le poids combiné
d'une crasseuse fonte biochimique et d'une lacune protocolaire grave

retour dans l'interzone crépusculaire et délitement synaptique
l'attente sera longue

aucun signal
Paradigme artificiel #2.2 (refreshed 9/5/05-01:03 - END OF EXPERIMENT)

[map of a head]

_ governement commissions just for a day evil heat with teeth pretty hate machine M83 gimme fiction requiem for a dream ost music has the right to children endless summer sex with the machines en=trance pygmalion give up elephant shoe out from out where amber 81.03 tiny reminders 13 & god transatlanticism under the pipal tree fire & insurrection EP come on die young polar sequences elixir of life philophobia sunlight makes me paranoid a ghost is born the fragile tunnel of a centillion millipede legs EP radioactive man in session
8.5.05
Paradigme artificiel #4

["Nous aurons bientôt le temps"]



l
malfunction
>

consultation des codes sources inopérante
il fait terriblement froid
plus un protocole en banque
je ne peux lancer que des routines
elles se traduisent en pointillés verdâtres
ou tout au plus en vagues nuées vites dissipées
ça ne suffira jamais
7.5.05
Paradigme artificiel #3

AND AFTER

I KILLED

A SPIDER

WITH A

PIZZA BOX
Putain, je mangerai bien leurs cervelles avec une sauce au poivre. Juste pour l'informe.

Non non ne
Pas tout de suite
Un souffle d'air
Air aère
Pas cette pression
Au sein
Il paraît - se répète
Tic, tic et tic.
J'aurais dit tac -
Par esprit de contradiction.

Oh comme je ne peux
à mes ongles me risquer
je je je bégaie impossible d'avancer
béquilles clopinettes clopin-clopant

tu sens le tambour bam-bam
serre-moi que je puisse crever
dans un claquement de doigts
à tambour battant
joints de façade et faux sourires
se raccrocher à quoi -
par écrire ?
6.5.05
364





Cellule X-B-28 – Prise de notes John Bastard


0. On n’accouche pas d’une meute sans téter d’un peu de benzédrine

1. Ne plus sortir dehors : mes trajets ressemblent à de longs tracés sinusoïdes suffoquant de grenades mûres en bouillie. Je suis devenu haineux.

2. Au sujet de l’affaire Trafalgar sur Côte-Ouest :
C’était évident depuis des mois. Je m’échinais. J’avais failli en changer, car au fur et à mesure, le dégoût était monté comme un crâne sec dans mon tube fliflexif. Mais l’individu T.Nd m’avait suggéré de faire proliférer un virus. De ce type. Saccageant toutes plateformes. Nous aurons bientôt le temps.

3. De toute façon : ni l’un, ni l’autre, ni les uns, ni les autres : rien. Tous du pareil au même. Juste frôler les cercles et s’éloigner à la brûlure des ailes. Les maudits musèlent.
Nous utilisons seulement 5 % de notre cerveau, le reste n’est que métaphores.

4. Je l’appelle Piranha Chou-fleur. Le matin, ses cheveux ressemblent à un champignon atomique. Il est manifeste que je l’aime, cependant ses postures décousues devant la glace m’effraient : la quête de son image est dépense de gestes inutiles – on pourrait sauver le monde pendant ce temps-là / par exemple / ou manger du gruyère.

5. Je n’ai plus d’humour, c’est parti comme une baguette de pain dans la bouche d’un camionneur.

6. Je crois que je vais bien. Je ne vois de moi-même que deux mains qui tapent un clavier, le sommet de ma poitrine, mon thorax, l’embouchure de mes cuisses. Ma tête est demandée au rayon charcuterie. Je ne la vois jamais. Je n’ai absolument aucune preuve de mon existence. Sous le bureau, parmi les diodes.

Paradigme artificiel #1

5.5.05
in the street, streets, lamps, i went out, i want to be alone, a little, that's fucking stupid. the perspective of lights enclosed by rectilinear frontages infused me into some memories. remembering a slippery canvas of night that tears. at dawn, in a train. cold coach, beats of bogies put me to sleep, eyelids licking window, spaces between.

i want to sail away far from
inside.
4.5.05
364
255
le crépitement inopiné du disque-dur, encore, me réveille.
3.5.05


l
extensions désactivées
fonctions basiques en veilleuse
database erased
kernell control HS
low activity
>

tout est à refaire. j'aurais dû m'en douter, mais j'ai pas voulu y réfléchir
je n'ai pas défragmenté, pour le moment
me revoici dans l'interzone
une seule diode clignote
2.5.05
puis on s'est remis à excaver
il n'y avait plus que ça à faire
désormais
à l'intérieur de nous
les os devaient être propres
bien dégagés
pour accueillir les autres
peut-être mécréants
d'une confiance qu'on ne concevait pas
forcément

la playlist rafraîchie inhume un vide
résidentiel
les fenêtres déglutissent des vagues
de vent
toujours la même chose cependant
comme ces mots rebuts du dégoût
alors
comme des chiens on rogne
jusqu'à ce que luise et sèche
l'ivoire

tu vois, ce week-end, avec tout ce soleil, j'ai bien pris le temps de contempler l'intérieur de mon crâne, de désirer sa blancheur, et les rivières fêlures qui le dessinent comme des ronces. je me suis surpris à parler tel un oracle, ça vrombissait sous cavité alors il n'y avait qu'à fracasser pendant que d'autres pissaient traumatiques, entre doigts.
Note 353

Vers six heures, tordus comme des vers de Rimbaud sur nos chaises en plastique, mais pas de bateau îvre à l'horizon et juste un marécage suspendu dans nos haleines, on réalisa soudainement que le "Light My Fire" de Jim Morrison avait été littéralement pompé auprès du "Light My Fire" d'Al Green. Ça nous énerva un petit coup, on fit des bonds majestueux. Très décontenancés on se vomit dans les paumes, on en fit un petit tas dans une boîte de conserve acoustique et on se jura qu'on l'apporterait le lendemain à Peroiypoahvrrotin. Perrotin. John se sentit mieux. Pris d'une fringale, il partit dans la rue tuer un chat.
Carcasses désaffectées - note 352


John Bastard-A-K me contacta vers cinq heures du matin, il dit : je peux passer ? je dis oui, il se cogna à ma porte d’entrée quelques instants plus tard, me présentant cinglé son front tuméfié, de gauche à droite sa tête comme un poulain dévitalisé, et alors, d’une façon époustouflante un flot jaillit de ses lèvres, il ne s’interrompait plus, je restais vissé au plancher :

« J'ai vu un article sur le galeriste, Perrotin, le mec de la rue Louise Weiss et de la rue de Turenne. 700m2 là-bas... et la photo d'un artiste, qui fait des trucs gentils, genre conceptuels, maquettes, "créateur de mobiles" (structures avec du fil plastique – support, trame – des noeuds et des perles)... moi je réfléchis : créateur de mobiles, si c'est pas de la supercherie... enfin tu marches dans la galerie, je l'ai vu son boulot, tu te prends sa supercherie dans la gueule, c'est presque transparent alors tu vois pas grand chose, c'est un peu moche... donc j'essaie encore de réfléchir, et je me demande si c'est sérieux ou si c'est encore du discours, s'il se fout pas un peu de ma gueule pour que j'émette des théories, s'il se rebondit dessus, ou si, bon, des Ah et Oh simplement ébahis devant certes une certaine complexité au sein de la conception-même du mobile indéniable font la postérité de cet "artiste" propulsé par le GRAND GALERISTE PERROTIN. Je te prends, je te fais, ou je te pousse. Je voudrais pas mal penser. Mais bon. Y'a souvent des blablas. Et là-bas, toujours cet espèce de menton levé, haut jugement, critique, savoir résolu... oui, savoir résolu, c'est tout à fait ça... on, l'art, c'est rien que du plan, en fait, comme les dessins techniques, des explications (le support est créé par l'auteur afin qu'il puisse faire de son explication le vecteur médiatique qui enflera ses initiales. et puis les gens écoutent et disent Oh, il faut aller voir). Pub crousti chaud les fils de fromage qui fument. Comment dicter la curiosité, c'est atroce. Comment suggérer ce qui est bon ou pas. Comment abrutir. vendre.... je suis dans une impasse avec cette société. MERDE. C'est lourd. J'ai mal au dos. J'ai pas le droit d'avoir mal au dos. J'ai de la chance, pas le choix et pas le droit, pour la liberté. La contrainte ouvre la liberté. Tu crois ? Tu crois que c'est faisable, notre élan vers tout ça ? TU PEUX ME DIRE POURQUOI JE ME POSE ENCORE DES QUESTIONS ?... t’es vivant, hein, t'es vivant ?

Alors je ne répondis rien, c’était délicat cette question, je m’étais évincé de cette course-poursuite depuis un an, j’avais tout viré, démoniaque, les yeux de travers. Quelques larmes montèrent, vivant je ne sais pas bien, ça s’est évanoui avec le temps, je passe mes soirées la tête plongée dans l’évier à contempler le siphon, à barboter comme une langouste îvre morte, à humer le plafond, à être fou, à être fou mon ami, j’ai eu beau prendre dans mes bras, aucun corps ne m’attache plus, tout s’est évanoui, des citadelles d’as de cœurs que j’avais empilées consciencieusement, j’avais appliqué ma leçon et puis un souffle d’humain les a emportées, non je ne suis pas franchement vivant, pas franchement mort, je suis là pilier d’angoisse planté dans les carrefours la nuit à contempler les phares et les traînées gauches, à guetter les hommes dans le métro et ces quelques figures, ces gestes imperceptibles, à décortiquer ces surfaces, à essayer de comprendre, je fais des allers et retours dans le métro, dix d’affilée parfois, Pont de Sèvres-Mairie de Montreuil, et puis Mairie de Montreuil-Pont de Sèvres, et puis Pont de Sèvres-Mairie de Montreuil, et encore Mairie de Montreuil-Pont de Sèvres, jusqu’à ce que le roulis me gagne et que je balance comme un train déraillé et que je sois hors-circuit et que je sois devenu une valeur périmée et non ajoutée, que je sois devenu la foule, que je sois devenu un peu rien, en paix et en silence, un clandestin, sans adresse sauf un strapontin.

Alors je répondis rien.

— Putain, ça va durer encore combien de temps la vie ? qu’il me dit.

Et juste après, il se cogna six ou sept fois la tête contre le mur puis il se jeta du balcon.
J’habitais au rez-de-chaussée, il me gueula dessus.
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But perfect suicide is just a dream...
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