INVIDATION v2 : http://iinviidatiion.blogspot.com
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abime
dust
ether
truie
cams
drone

Last lights, last words.

30.9.05
J'annule tout.
29.9.05
suis l'enfant
de Ne de je de que
du respect
De de l'incarner
le de la promesse de
de toujours de soupir(s)
de j'auto

la manière [anonyme] .
okey.
28.9.05
Imaginer que tout s’effondre je marche incapable la lèvre coupée le nez sur mon pied, imaginer un crépuscule noir frémir entre mes sphincters, je marche la langue dressée à lécher des cutters, imaginer que tout s’effondre égaré une rose au fond de la gorge des pépins secs entre les doigts des épines au creux de la nuque imaginer que tout s’effondre plus qu’une gigantesque nuit noire au fond du ventre qu’il ne reste plus rien que soi.

Je culbute le ventre à l’air entre des coussins et des clavicules, je mâche de l’herbe violette, je vais bien tout s’effondre, je viens de foirer le coin gris en haut à gauche, tout s'effondre, il ne reste plus que moi et le coin gris sous l'oreiller. Heureusement ça gicle à droite.
demain Minicouette arrive à la gare
on va s’enquiller peinards
des chopes de soiffards
s’étreindre le lard
en se léchant les panars
parler très tard le soir
en brillant comme des phares
au milieu des hangars
trépigner l’oeil hagard
comme des gros malabars
frissonner du dard
au milieu des veinards
la bouche pleine de leur art.
27.9.05
le je je
d'enfer(s) de lieu
d'Au de vraiement
de meme de moi
de à de rebelle
tout le temps
semblant

la manière [anonyme] .
okey.
26.9.05
Dernier soir sur la terre

l'ombre heurtée dans les chambranles
c'est encore rassurant
pourtant grise jusqu'à l'os
la densité mauve du crépuscule
et la chute continuelle
soupçonnée - à peine
le long des rails du ciel
des possibles
en toile de fond
la ville et un soir
ne tenant plus à rien
sinon aux rets ténus
la texture douce de l'en-bas
25.9.05



Je sens comment tout cela va finir.
Seul.
Finalement je me dis que sa création sera de recréer le carré VIP qu’il a toujours connu, mais d’enfin y occuper une place prépondérante.

Nous revoici dans un organisme totalitaire avec pour dieu des manques.

Est-ce que le superficiel gagne toujours.
23.9.05
hit refresh on pitchfork home fifteen times a day

s'emmerder l'évidence
sécheresse quand tue
tu ne m'expires plus
alors ces mots dans un draft
la béance et se dire mourir
au fond ça commence
les yeux ouverts
inversés sur la charte
comme un écueil originel
sur la carte de mes rêves
égarés il y a -

avant que les mots ne nerfs
ou une impossible rédemption
à côté de mes pompes
et les clauses qui enserrent
nos charniers trop phobiques

le jamais dit qui sommeille là
dans l'absolu de son aporie
firmament indescriptible
le vite dit qui se voudrait
rythme or n'est terne
l'effleurement la comète
seulement car au gré
des éons même les termes
s'érodent et révèlent
leurs chairs creuses
drainées de moelle vide

implosion

ou la vision de câbles torses
de rouille noble ces entées
circulaires monstruosités
qui fleurissent en aura
alors qu'il faudrait en finir
avec les mêmes esses
qui flétrissent à tout va
et verrouillent en herses
le larynx du langage
22.9.05
# 09. Martin Martingale is back (brève).

« Je n’avais pas vingt-cinq ans et je commençais à me délester de cette surchage lexicale qui avait jalonné des nuits durant cette adolescence laxative qui me collait à la peur et au mot. Une surcharge qui babillait ses langes en des sursauts et des bouillons de mots, une surchage qui disait je en prétendant vouloir moins. Le mensonge cancéreux qui suintait entre mes lignes, je le buvais chaque soir, fier et le sourire croustillant, il y avait entre mes dents comme des milliers de moi que je croquais élégamment. Je n’avais pas vingt-cinq ans et je commençais à me retourner sur mon ombre, ce n’était pas reluisant. Des parchemins et des quintaux de textes qui élaboraient un moi souverain, mais un moi aussi très malin qui se retournait en circonvolutes du désespoir, de la fraternité, un moi travaillé, faussement bienveillant et moqueur qui, voulant éviter toute interprétation négative, se postait en haut recul sur lui-même et postillonnait sa « clairvoyance ». Pourtant au final, à la lueur de mon écran, un beau matin de janvier, je me fendis l’outrecuidance d’une larme de sang : j’avais sous mon nez des piliers de textes abrupts où s’étalait mon pauvre mensonge, mes pauvres mots à quatre pattes le cul à l’air, attendant qu’on les prenne, salope je maugréais entre mes dents, cette salope que j’étais, ces accumulations blanches et lisses de sujets verbes compléments que je maniais à la perfection – pensais-je du moins – mais desquels pas un souffle ne passait, hormis ma capacité à me retenir, à me falsifier, à me protéger, à me pétrifier. J’avais vécu tout ceci comme une démonstration, et derrière l’écran pâle de mes protubérances, il n’y avait qu’un pauvre homme de pierre, le calcul alerte, la langue venimeuse, mais surtout une putain d’énorme envie de baiser. Ces remous dansants dans lesquels je virevoltais comme un pauvre âne perdu avaient suffi pendant des années à leur faire oublier que tout ce qui m’importait, c’était de me taper des attachés de presse, de briller laconiquement ma queue entre les doigts, je voulais des paillettes, du dérisoire et du clinquant, afin de combler cet immense abime de stérilité, je poussais de braves chansonnettes prônant l’abandon de soi. Et il est vrai, que j’avais fini par totalement me perdre ».
21.9.05
[sans aucun rapport avec pseudonyme].
Tout ceci est un ignoble cauchemar.

[dernière note avant la nuit].
(estragon était accroupi, les talons collés au sol.
comment vous dire ?
estragon mangeait une blatte. mangeait une blatte en dissertant positivement sur la notion de blatte.
attention! notion de blatte ne signifie pas que la blatte qu'estragon mangeait soit une blatte abstraite. l'abstraction, qu'est-ce à dire..
l'abstraction réelle.. cette blatte crisse sous la dent.
accroupi, les talons collés au sol, estragon nous explique pourquoi nous mangeront des blattes et, sans nous consulter, ahosera répond:
amen

amen, ainsi soit-il, parce que nous sommes embarqués mes amis sur un drôle de bâteau chancelant, impliqués les uns les autres dans une histoire à la narration douteuse et bancale,
nous mangerons des blattes,
ouais,
parce que la flèche, plume taillée et retaillée, qui s'enfonce quelque part dans nos fois nous
gratte les intestins, les tripes,
la flèche qui vous fait hurler, messieurs de la surface
nous bouleverse,
dans nos crevasses

alors nous mangerons vos blattes et ne nous poussez pas trop
nous ne sommes pas si loin.
pas si loin de vous mangez vous-même.
on s'attache bien à vous vomir comme des morsures à chacun de nos mots. )
AMEN.
« Qui veut en remontrer, ne démontre pas ; qui fait savoir, n’a rien à dire.
(...)
Il y en a un dont le cou est enflé. cela vient de toutes les syllabes qu’il avale. Mais il a beau faire, la tête reste vide.
(...)
Il y a des littérateurs pour qui c’est cela qui compte. La culture ne leur est pas un matériel, elle leur est un but. Ils veulent prouver qu’ils sont chimistes aussi, quoiqu’ils ne le soient pas, car ils ne sont assurément pas écrivains.
(...)
Qui, par profession, réfléchit sur les fondements de l’être, n’est même pas tenu d’en accomplir assez pour s’y réchauffer les pieds. En raccommodant des chaussures toutefois, plus d’un s’est rapproché déjà des fondements de l’être ». Karl Kraus.


Dans le babil des fosses de crasses des langues de fange dans les tourbillons incessants de ceux qui se crament la gorge à tripoter des lieux niais, voraces qui se lèchent les mains, qui s’entredévorent l’anus, qui pointent d’exclamation devant Cicéron, dans la tourbe des niais qui oscillent de l’index, sourcils froncés, indignées mélodies, « attention attention ! » puis se rétractent en dommage dès qu’une flèche les aspire, dans la vocifération contemplative, les débris d’opinions compulsives, dans la répétition et la répétition de répétition, je trouvais soudain un lézard. Je saisissais une machette, je leur coupais la tête, ils restaient vivants, ondulant sur le sol, des heures durant, car les blattes survivent quarante huit heures après qu’on les ait étêtées. Bien comprendre que ce qui draîne la blatte n’est pas l’activité neurologique. Les commandes de son corps s’effectuent à un autre niveau. Elle survit sans tête. Aussi quand on contemple une blatte, ne pas s’émouvoir de ses paroles. Elle n’est pas responsable.

J’étiquette la blatte, je prends des notes sur la blatte, c’est un vivier foudroyant que je cultive en sauce de porc sur des toiles blanches. La blatte est mon inspiration, car la blatte est la production d’une infinité de nuances sur un même sujet des décennies durant, la blatte pourra disserter de l’éternité sous toutes les coutures, le plat de la langue habile, le postillon alerte, tandis que nous ne voulons parler que de l’instant car celui-là est indissertable, la blatte est ce champ des possibles communs, cette redondance intrusive qui se mord cette queue qu’elle n’a pas. La blatte je la capture puis je l’empaille puis je l’expose, en contrepartie je lui offre ma mort, mais c’est une mort d’une seconde, tandis que sa face rougeaude sera raillée pour l’éternité. La blatte, nous allons tous la tuer. Nous allons la manger.
20.9.05
j - enlacés par l'aléatoire du destin, ou de présents de 1 de l'été du danger etc.. de _______ deux d'entre tout le l'oeil semble de trompe de mesure de sur de fait d'etre, quelque de la CE a choisi la surface de La de à de jaillit de qui de chance de nouvelle d'une de comme de l'il vit. de Se dit. de Ne d'amour de nomme de l'on de que, blasée de rattraper essayant l'inaccessible, les semblant de lucidité d'attente(s) d'en de pièce de quelque du qui rassure. d'identique de presque de la CE nous sur le souffre d'en sur des pas de se le dit fous et les pis de dépit d'aller de laisser d'entre de complexe de corrélation d'une des errantes le savent. d'ames de les et la La tant de _______ d'ennui de profond de passion d'envie de désir de fermé de le circuit luttent des pas le choix plutot qu'on le subit c'est souvent de n'offre et pourtant, téméraire, j'ai tenté de l'affronter. d'il de fallait de La de combattre de cette de saison d'en de tremblements les épurés de dits non, hésitations de traditions de ces regrette et des notes de memes de les. les apres de faire de pourquoi de cloison de meme de La tout s'en le qui cachant hypocrite de lassitude de foret de La de _______ de préoccuper je domine, incontrolés sous autant d'erratiques de spasmes d'en de sueurs de tiedes de rayonnes de ses de de fois de joui de j'ai de voiture de souvent. et le reste, finalement, elles exhalants exhortent d'en de la CE de comblée de fatigue de La de mais du compte guere. de Ne de devrait d'etre d'apres l'effort le corps de moiteur de ces de secondes pourtant de quelques que le faire de commentaire du breve réflexion. d'une versent l'expliquer qu'en le realité sur le fait de s'exprimer de n'a de cesse en? d'apres l'instant de car le bonheur ne de dit d'il de Se vit. de pièce latérale intérieure de quelque sur le s'engouffre plus de pas plus. plus encore joies de fugaces d'instants de les d'euphories de deux d'entre d'illusion d'une de _______ et gestes, héros de DES de l'étoffe de de soie de respect d'en de repetition(s) que de n'ont que de qui rien le Se reprocher. rien, doux de la CE rien la différence de La de fait de qui, ridicule de la CE rien le qui tout le desempare nous, ce rien le compte de La versent le meme de lui. l'ou tout, le vraiement tout le notre semble de mesures de sur de fait d'etre le quelque que naïf de la CE de mélodie a choisi le l'amour, pertes de l'il vit. de voiture de Ne dit. et profite les j'apprends principaux de la La garde. de baisse de Ne de je de d'enfants de respect de courante de nos de La de dans. vrai d'est d'il, tu sais. l'aléatoire du destin, d'anges aux. de sourires d'enlacés de présents de deux d'entre, jamais de _______ de maitrise de Se de Ne. ouais.

Huit heures du matin, rafales de vent.




Il me dit: tu as tellement de joues à cracher qu'il faudrait te museler.

19.9.05
J – 20. Constitution de la mite.



« Né en 1979, Vladimir Hello a traîné de squat en squat dans toute la France avant de se stabiliser à Paris, où il effectue en 2002 une première rencontre avec le monde des galeristes. Il décline l’offre de plusieurs galeries, un système dans lequel il ne se sent pas à l’aise, puis vit en ermite quelques années, sans voir personne, et continue à peindre. Son travail prend corps essentiellement dans le dessin, seul medium qui lui reste, par manque d’argent. Les toiles exposées ici sont comme de (rares) ponctuations qui viennent conclure sa cyclopéenne production de « bouts de papiers ».
Pour s’en sortir, il travaille de 2002 à 2005 en tant que graphiste dans une minuscule boîte de communication où peu à peu il développe une épidémie graphique – ses dessins poussent comme des métastases sur tous les papiers et documents administratifs qui l’entourent (La toile "Cancer" se veut le résumé de cette période et y rassemble tous les dessins exécutés). Puis il se fait virer pour « dispersion » et « vandalisme bureautique ».

Les thèmes développés sont pour l’essentiel la solitude d’une génération, qui ne trouve dans ses toiles pour seule extériorisation que des corps déchiquetés et figés ("L’absent"), illustrant l’impossibilité de crier, de créer dans un univers artistique sursponsorisé, cliniquement achevé, soumis aux aléas de la Bourse, gangrené de Plus-Value, entièrement dévoué à la mode de la nouveauté.

Vladimir Hello travaille surtout en « accumulations » sur de grandes toiles, accumulations de corps disloqués, visages cassés, et mots rayés, le tout s’exprimant paradoxalement avec des couleurs gaies.

Son travail s’accompagne le plus souvent de textes en prose, le "il" et le "elle" s’y mélangent de façon ambiguë, tout comme sur certaines de ses toiles où les sexes sont souvent indéterminés.

(...) »
...

Sur le dessus du piano, tout à droite, je posais un petit verre rond, jaune et brillant. Cinq centimètres à sa gauche, je posais un second petit verre jaune et friand. Cinq centimètres à la gauche du deuxième petit verre, je posais un troisième petit verre jaune et riant. Cinq centimètres à la gauche du troisième petit verre, je posais un quatrième petit verre jaune et priant. Je grognais : Feinte barrie, fière de Pieu, riez pour nous pauvres bêcheurs... Cinq centimètres à la gauche du quatrième petit verre, je posais un cinquième petit verre jaune et criant. Cinq centimètres à la gauche du cinquième petit verre, je posais un sixième petit verre jaune et grillant. Cinq centimètres à la gauche du sixième petit verre jaune et grillant, je posais un septième petit verre jaune et grisant. Cinq centimètres à la gauche du septième petit verre jaune et grisant, je posais un huitième petit verre jaune et crissant. Le corps du Triste* murmurais-je. Cinq centimètres à la fauche du huitième petit verre jaune et crissant, je posais un neuvième petit verre jaune et crispant. Cinq centimètres à la fauche du neuvième petit verre jaune et crispant, je posais un dixième petit verre jaune et vrillant. Au dixième verre, je m’arrêtais, net, infâme, et essuyais mes lèvres d’un violent revers.
Joyeuse année ! braillai-je en direction du dixième.
Puis un à un je les saisissais, et les bus tous : « Buvez-en tous car ceci est mon rang !... Le rang de la fange répandue en multitude, saillie sous ma peau, gondol’de veines bleues et goutte à goutte rouge du chant d’un oiseau sur mur de Seine blanche, pourritures frasques de drames persistants aux voix usagées et sans ouvertures »… Je les buvais tous les dix, au nom des infâmes, des pères et des feints esprits, au nom des brâmes des fiers et des esseims épris, louange à toi Baigneur, que ton nom soit rectifié, que ton règne saigne, que ta molle bonté soit fête sur l'amer comme au fiel. Donne-nous aujourd’hui notre faim de ce jour, pardonne-nous nos errances comme nous ne pardonnons jamais à ceux qui nous ont assoiffés et ne nous soumets pas à la lente action, mais délivre-nous du râle.


Puis je me murmurais courtoisement à l’oreille que j’étais bon à abattre.
18.9.05
La poétique de l'effondrement commence par un blasphème.
16.9.05
estravoid (smooth days underneath)



(16/09/05 > 09/10/05)

m83 > run into flowers (ig farben vorschlag by kg)
the album leaf > a short story
slowdive > miranda
cliff martinez > first sleep
pulp > space
stockfinster > poly6
front 242 > conditionnel humain (prothese)
plastikman > smak
13 & god > soft atlas
tarentel > two sides of myself - part one
smoke city > giulietta

"attaque / machine de guerre / guérilla mentale / hybridations / "subjectivités inouïes, jamais vues, jamais senties" / tissées dans les marges / qu’il n’y avait pas de relais pour ce qui se trame après les fissures de certaines vieilles façades d’immeuble / écrivants = proto-caméras, biocams / chaque livre = boîte noire / sceller une alliance avec l'irréconciliable et le régénérer tout en disant qu'il est en voie d'extinction / court-circuiter processus d’euthanasie par lignes hardcore (quel que soit le mode, dont apparences ca[l]mées) / un ou des manifestes apparaîtront sur un site futur ? / tu as sans doute pu imaginer des explications possibles / fleur monstrueuse et émouvante dans un paysage en ruines / vie sans oxygène = anaérobiose / pensées privées / forces singulières mues par le fond sombre / rêves de néorganes et viviciels / connecter les parties les plus extrêmes de son cerveau / la plus primitive avec la partie la plus récente et expérimentale / caméras animales = conviction que le plus technologique et le plus primitif [organique] sont un raccourci l'un vers l'autre /"

Après le stylo - une bombe dans la main.
Le dos fracturé, la médiation pénale en prime, à nouveau - le stylo.
Puis.
rougeur des gencives/ éclatement de l'émail/ étalement du langage à la fat cap/ crissement des bics sur la perfection des carrosseries/ invidation de nos énergies/ que le sablier s'inverse/ médiation verbale/
le flash de sont d'est
de discretion(s) allume
l'euphorie(s) de lampes au néon
et le soudain,
juste de devenu
de suis de je à l'heure.
[ anonyme ]

ouais.
15.9.05
discrétion et
sur les chemins de traverse
toujours empreintés
d'anonymes gerçures
voir se profiler
le cortège des jours
carnaval cannibale.
discretion(s) et emprunter
de toujours
d'espions de le chemin
des [ anonyme ]

ouais.
Vacuité
Intrinsèque
De
l'
Etre
14.9.05
" LE DEUXIEME CRITIQUE : mais non; et même il me semble que pour une fois, il circule dans ce premier acte un air plus salubre que d'ordinaire !

L' HOMME DE LETTRE QUI NE DAIGNE PAS ECRIRE : mais pas une ombre de discernement artistique authentique, disons-le ! si c'était ça écrire, on en serait tous capable ! "

°

"LE PREMIER : vous la tenez en fait des autres, vous, la réalité, comme toutes les conventions, qui ne sont que mots vides : montagne, arbre, route ; mais cela vous fait croire à une réalité "donnée" ; alors vous criez à la fraude si quelqu'un vous fait voir que ce n'était qu'une illusion ! idiots! ici on enseigne que chacun doit se le construire soi-même, le sol où poser ses pieds, au fur et à mesure, à chaque pas qu'il veut faire, en faisant s'effondrer, par là ce sol de convention qui ne vous appartient pas, puisque vous ne l'avez pas construit vous-même et que vous le fouliez bel et bien en parasites, en parasites, qui osent regretter l'ancienne poésie perdue!

LE BARON NUTI -pseudonyme supprime les didascalies pour détourner l'oeuvre de l'auteur- : il me semble qu'il y a encore autre chose qu'on enseigne ici, monsieur : à fouler aux pieds les morts et à calomnier les vivants. "

Luigi Pirandello, Chacun à son idée.
l'éraflée (elle crie) - non mais regardez donc ma tête ! dieu devait avoir trois ans quand il créa l'Homme à son image !
des dégénérés sans dégénérescence, voilà ce que nous sommes.

l'etre de peut de soir d'un, après l'obscurité, foudre et les de La de contre le vent qu'en des celles de à de pas de surtout de t'on ne le dis de dira et les numéros d'ou de meme de moment d'Au d'omnipresents de yeux de ses de detournera d'elle des etreintes sucrées. de DES d'emblematique de nuit de La d'avec de _______ de retour de sans de _______ de pacte du conclu un de j'ai de voiture du qui t'encouragent. de ceux considère le tromperont de La d'assurée de de déchéance. decalés defier de destins de numéros de peut de Ne de nuit de La de voiture. et les defaites pourtant, d'elle de cherit de les et le bonheur d'Au de croit de Ne qu'en des distillés de savamment de mirages de sages. les parfois de que de vrai d'est d'il, les joies et les triomphes Ontario bien le quand de satisfaite de confusion de raconté SA de meme de m'a d'elle de vigilance d'evité SA, les les sous que les lumieres répand le chaleureuse de complice de lune, le liquider notre forteresse de cartes de faillit d'elle, le feu rapide, le faire tombant de sait de qu'elle de traitre de bonne d'en de voiture des sanglots merités. d'un matelas de soulagement en de sur d'inertes de renverse de La de à de corps de numéros, les évidences de contre d'instincts de DES de nature de La de à de pas de croit de Ne d'elle, les manqués actuels d'actes d'essentiels de fragiles de numéros d'exalte d'elle de l'avenir inexistants. de passé des forfaitures du et les insurmontables nous de peurs de suaves d'en de pétrifie, décisions de bienheureuses de les non. les sais de tu, pathetique instantané d'inutilement de fugace d'en echange de cet versent l'essentiellement d'elle futile versent nous, l'offert mon album de sombres du lui AI de je met en COT d'expressions et tenais en phase courants de je d'auquel d'impassibles de d'ironies de la CE tant. les entrelacés sous de songes de DES d'enigmatique de nuit de La de deux de bruler en de s'empressera de qu'elle de pature d'affamé(e)s de voiture c'est aux. tous de perdu(e)s desenchanté(e)s du monde entier. de bonne guerre., foudre et les de La de contre le vent qu'en le t'on de dira, s'agit d'il bien le peut etre. de soir du _______ un de retour de sans de _______ de d'impact après l'obscurité.
13.9.05
"Le désir politique féroce de juguler la démocratie et toutes les voies de l'émancipation humaine en supprimant les foyers de l'art en train de se faire, du spectacle vivant, de la pensée et de la création. C'est la peur de la vie et de tout ce qui bouge, et de tout ce qui grouille, la peur de toutes les formes et de toutes les palpitations à travers lesquelles l'avenir se cherche et tente toutes ces expériences. C'est la folie nihiliste."

- A.Benedetto -
12.9.05
Je t’ai tordu la langue, je l’ai mise en écharpe, ta langue de carpe, bastringue d’échardes. J’me suis mordu le manque j’ai saigné de la planque sur ta manche grise chape, bateau rouge sur une mer sans une main sans un vent. Je t’ai foutu en rogne de ma pomme noircie à l’écume diamant d’une colère sans une dent, je t’ai rongé les pognes, tes cadavres blanchis de l’averse et du temps, je me gante le visage mets en banque mon naufrage vis des rentes de ma rage. Je t’ai mordu l’hiver, tailladé comme une pierre, je t’ai livré sous fers à l’ivrogne qui me ronge, j’ai mangé le frein de tes pentes lassantes, dérivantes, lignes fixes petits points écarlates au fin fond souterrains. Sous ta peau la grisaille, la ripaille, la canaille qu’on ramasse poisseuse hébétée et pluvieuse, qui claudique de l’oeil quand elle rame à l’air libre. Sa face cramoisie de dandy asphyxié, d’iris cramé aux rayons boursouflés, phare mélasse, embonpoint de tes crasses, qui tournille limace sous le soleil de juin. Je t’ai creusé la peau, pacotille de paille, frigo de papier aux mots comme des fruits oubliés en été dans un songe givré. Lactescents ombragés limés jusqu’à l’os tes espoirs de lait qui pourrissent périmés. je t’ai pris par la manche, je t’ai traîné par les cheveux, je t’ai souillé du pavé, et des larmes qui rient, de Paris en janvier, de la vie de la pluie, je t’ai noyé dans des flaques, collé comme une claque aux joues bleues des passants, rayé les murs de ton oeil tournoyant, j’ai griffé la ville de ton corps charnier, à te dire te hurler : sens comme ça vit, cette chair émaciée, qui vivait en aveugle, sans jamais se cogner. Ton poids lourd en eau trouble, ta valise en carton, ton sac de morpions, je le traînais de mes mains comme un pauvre refrain, à fuir le sel que ton haleine de chienne semait en ruisseaux de plomb, en caillots de pierre qui roulaient sur les ponts, à fuir ta fièvre qui criait à la Seine, à une planche turquoise dans les flancs de la poisse, aux néons violets, au poison violent d’une fièvre tenace, tu disais boire la tasse ! boire la Seine ! à ma santé ! tu disais, boire la saignée de ta contreplongée, retourner tout au fond tu disais, retourner tout au fond, dans les morts leur décor leurs sales corps de tas d’or de torts de rats morts.
J’ai continué le trajet, contourné des bouteilles, des fantômes de bières, des filles en fluo, des bonhommes de verre leur jambes en averse la cataracte du ciel sur plomb chaud de l’espace la trouille glacée des pupilles à poubelles, les mains tordues des humains sans nouvelles, toujours ta tête en fruit dans ma main, melon d’eau glace rouge, fraise folle patte molle, ton corps lambeau paquet de grelots, ton nez rapiécé en chaise dans le ciel, à te laisser guider de mes mots manivelles. J’ai cherché où aller, toujours loin de ta Seine, sale bouillie de sorcière de poissons aux yeux vairs, pollution en bouchon, j’ai pris tes lèvres t’ai fait boire la pluie. À chercher, mats crâmés désaxés, des yeux jaunes à minuit, nos fronts de pigeons noctambules se froissaient la tuile sous des risées de lune, t’endormant dans mes bras sur un froc défoncé, je commandais pintes cacahuètes et rincées, nos chemises mal lavées en quinconce dans un horizon détroussé, au fond d’un bar un type en cloque du malheur, la chaleur d’une ivresse de tueur.
11.9.05
En temps et en lieu, à la fin le début
Au crépuscule l’aube, en forme de rébus
Une âme en vadrouille que les ténèbres mouillent

Fustige les étoiles et envoie les bouler
Et surtout jamais ne te laisse assécher
Eau vive qu’un dieu aurait voulu pleurer

Le temps vient où le début commence : toujours
Ineffable, la marée se complaît dans sa transe
Tes rides naîtront pour souligner l’enfance
IL SUFFIT.

LES BLATTES C'EST PAS COMME ÇA
NI ICI
QU'ON LES MASSACRE.

LAISSEZ-NOUS FAIRE.

MAIS PAS COMME ÇA,
NI ICI JEUNE DEMOISELLE.
VOUS ROMPEZ LA MATRICE.

FAITES-NOUS CONFIANCE
ON VA L'ÉNUCLÉER
VOTRE MORUE À DEUX NEURONES.
ELLE VA GICLER DU CUL.

[l'Équipe des Nettoyeurs]
Dans la répétition des mêmes gestes
Des mêmes pas qu'on croit vers l'avant
Aller et qui vous ramènent pourtant
Toujours au même point de départ.

Cette route droite, gavée d'hommes,
Sur laquelle on trace son lot commun,
Se déploient les lignes de nos mains,
A quelquechose de messianique.
hé errante vague de l'ame de à de La de médusée de ma radeau de fortune de _______ de toi, état choc pulsions de ces de mille de deux de DIX d'une de claque(s) de à d'enrage de que de j ', sain de revenir de jamais de s'eparpiller de éclater et qui cosplay ment de de celui de regrets de les de écoeuré du qui passent. émotion(s) du coeur de heures de songes de les de dans de vautrée d'onirique de frontiere de La de conduit de sauf le rivage un revé de trop. le ralenti d'Au d'interweb du wi fi, gris de blanc de compenser de La de à de pensées que la voiture de ______________ de hagard de brouillard d'aigri de neutre tout le précede le rien l'inné important n'est amovible, le le surpasser et s'en le tu de vas d'ou d'amer d'acide d'avide de vide de donc d'alors des puis s'eloigner. de fois de cent de étonner? dedans de mots de DES d'avec d'expressions de banales de mes? hein [ anonyme ] de mon d'en de tu de cherches de que? le moi principal d'accompagne de La de donne de meeeeeeeeeeee de heeeeeeeeelp de blasée de lucidité, Ne de pas de mes d'ou de La de vais de je je des sourires et des soupirs de resonner de guident. laisser le joycore tout le desabusé de respect de tonne de comme, le s. l'instant du symbolique s o de l'adresse un de mon de à de lasse d'en de delaisse de fugace de voiture du souvenir rusé. de la CE et le toi tous de _____________________ de sait de qui de celle de les doutes le pourquoi de de l'avec de sans c'est.
10.9.05
MERKI


[Message personnel].
9.9.05
grâcieusement offert par pseudonyme : Giulietta de Smoke City

[transféré dans playlist du 16/09/05]
Toujours les mots, balancés, lâchés, éventrés, sur la page, la piste, la scène, viol obscène, curatifs, obsessionnels, transcendants, en baume, en pansement, en lavement, récurrents, idiots, gamins, féminins... et plus aucun étonnement. L'élan s'émiette, pourtant je ne crois pas que l'on s'essouffle. Il faudrait encore se rapprocher plus de l'état d'effondrement.
Je prends l’eau.

Je mange un Snickers,

Dans un immeuble Bilalien.

Je n’ai rien à dire,

Plus rien à dire.

Des gens viennent me saluer,

Des Patrick des Philippe et des Xavier

Qui fixent gênés

Mes doigts rongés et roussis

Par la clope roulée

Lorgnent mon paquet OCB

Sa couverture démantibulée

Je n’ai rien à dire

Si ce n’est que

Maintenant

Je ne sais plus

Je vais peut-être foutre

Le feu

À Dogville

Je veux dire

Il y a un instant où la douleur

A des limites.
Vous ne seriez pas du genre à vouloir mettre un doigt dans mes fissures afin de sonder les profondeurs du fondement de mon être, par hasard ?

Excusez-moi : les vannes que j’ouvre ne laissent pas couler que du sang ainsi que des liquides à forte teneur romantique et à usage poétique recommandé. Elles laissent aussi passer des eaux lourdes et usagées, car, il faut bien le dire, je présente une forte tendance à pisser sur ma propre image et à désarticuler les pantomimes.
C’est somme toute assez logique : puisque la main ne se retient pas, il est dans l’ordre des choses que le poing aille régulièrement se ficher dans le miroir pour casser la pose et tuer le portrait.

Mort à mon nom, il est déjà mort.
8.9.05
je vois bien la triste pantomime que vous offrez à vos ténèbres. les visages congestionnés, vous remuez vos lèvres les unes contre les autres et les yeux emplis de stupeur, vous comprenez : à se damner, voilà la vérité. à se damner, répéter les mêmes gestes, de la lucidité plein le crâne, une douleur sourde qui fait s'ouvrir les cervelles. beaux comme des soleils blancs, éraflés, des soleils qui basculent de leur trône de pierre noire, touchés là, poumon gauche qui suinte, c'est l'agonie du monde. ça palpite sous les mains, les soleils se vident et se répandent.
et partout l'encre qui s'insinue dans les fissures. "si tu savais comme je t'aime au-delà de tes fuites".
toute la lumière du monde se dilate dans vos yeux grands ouverts et le bric à brac rassemblé dans les brocantes de nos vies bascule à son tour. qui veut mes souvenirs, des je t'aime achetés au rabais, promotion, la lune est à vendre, le linceuil d'un soleil pâle mort hier nuit.. et les oiseaux roucoulent, et il balaie l'air des riens et elle accumule les distances.
une cicatrice profonde sur le dessus de la tête : quant à ce que je pense de la tendresse ..
vos fissures sont si belles, et je les parcours, les mains refermées sur d'autres lumières, je les parcours et le voile écarlate de vos ténèbres
je m'emmêle.
les pieds ont glissé
je suis toujours là, assise. les pieds dans la flotte. je grelotte.
la pantomime de vos faces torsadées. (les spectres m'empoignent)
La main, je la sais, mais la main, je le sais, comme la potence tendue, ne se retient pas : c’est un sexe las qui vomit en mourant. Il y a effondrement, et c’est un cadavre qui pend. Comme le souvenir au bout du compte, comme ton nom au petit matin, non, la main ne se retient pas. Elle n’a plus qu’à rendre la chose en priant, la chose vidée qui n’a plus même ses larmes pour aimer. C’est comme ça et il faut assumer. Alors oui, c’est vrai, tu as raison : pendant que les oiseaux roucouleraient, je balaierais sûrement tout ce que tu créerais, toi romantique même dans ton verbe le plus cynique. Je casserais tout et ce ne serait même pas drôle. Même pas ridicule, finalement. Je casserais tout et je partirais, les traits tirés comme des balles dans ta tête. Ainsi comme la main, ainsi comme le sexe, ainsi comme le nom, ainsi comme la corde, la leçon ne se retiendrait pas et l’histoire ramperait vers le commencement. Et si tout était à refaire, je le referais quand même, en miettes et en sang, malgré tout et malgré tous, et toi, tu réécrirais toujours que si tout était à refaire, tu accélèrerais le pas et tu tordrais mon souffle.
J’y placerais des tonnes et des tonnes de choses que tu broierais de ton poing, j’y placerais un arbre un oeil une nuit une vieille un idiot un couteau un mot j’y placerais une feuille un dessin quelque chose d’un peu vain, j’y placerais un ruisseau que tes lobes comme des pioches creuseraient jusqu’à l’ennui, j’y placerais cette nuit où sur les ponts de Paris je marchais pieds nus le sourire comme un couteau à me fendre le visage d’une jolie plaie, j’y placerais peut-être un nouveau-né à dents carriées, visage infect de ta tumeur avariée, j’y placerais un chantier des décombres des tuiles des chats noirs, j’y placerais des tonnes et des tonnes de choses que tu broierais de ton poing, que tu frapperais du pied, sans les différencier, alors autant y mettre la misère comme la chance, dans la paume de cette main que tu ne sais pas retenir, j’y placerais peut-être ton visage pour que tu ne te regardes plus, le mien pour que l’on ne se regarde pas, mon ventre pour qu’il n’ait plus froid, j’y placerais des lacs d’éviandés, des sommets d’arrachés, des blocs d’affamés, des danses d’amputés, des rires de mort-nés, j’y placerais le passé, dans tes mains, jamais mon avenir, j’y placerais une pierre sur laquelle tu bâtirais des cathédrâles de désir, qui s’effondreraient aux petits matins de tes ennuis, j’y placerai du goudron, des oiseaux déplumés, des fumées et des chenilles étoilées, des nuages comme du sang, un soleil pelé, des arbres chauves, une terre décimée, j’y placerais tout sauf ma vie.

Refermer le poing, un poing hérissé de deux visages, d’un arbre chauve, un poing de peau sèche sur lequel meurent les oiseaux, planent des fumées d’églises, un poing aux gros doigts idiots, sur lesquels courraient des chats noirs que je frapperais du pied, un poing comme un ventre, engrossé de soleils pelés, un poing fou un poing qui tuerait des roseaux des gamins et des saints, je regarde ton poing dans la lueur de tes petits matins sales comme tes nuits, je regarde ta main et sa ligne de vie, je cours déboitée jusqu’au prochain ruisseau, je coupe le fil, je distends la peau, je regarde cette main qui nie la vie à n’en plus finir, cette main bleue dans les draps froissés, cette main courte et si petite, cette main qui ne donne rien.
Si c’était à refaire, je le referais quand même, en miettes et en sang, malgré tout et malgré tous. Récurrent, je recommencerais à zéro, j’en resterais au vide et je reviendrais au néant, encore une fois, encore et toujours. Je redoublerais d’effort et je foulerais ma mort des pieds, puisque de rien n’est.
7.9.05
et soudain,
devenu de suis de je
[ anonyme ]

ouais.
Si c’était à refaire, j’accélèrerais le pas, je cracherais dans mes mains, je tordrais ton souffle, j’assassinerais ton chien, si c’était à refaire j’accélèrerais le pas, je rentrerais chez moi, je n’écouterais pas, tes mélodies d’absent, tes cruautés d’enfant, tes mensonges larmoyants, si c’était à refaire, je ne construirais rien, je me planterais en ombre dans les crevasses des boulevards j’attendrais un souffle, qui me sectionnerait les pieds, je tomberais en gouttes sur le pavé souillé, je m’aplatirais comme un papier crevé, je m’éteindrais au fil des années, si c’était à refaire, je ne crierais pas, je ne me lèverais pas, je ne m’appelerais pas, je ne parlerais pas, je ne rirais pas, je ne pleurerais pas, je n’écouterais pas, je ne bougerais pas, je ne marcherais pas, je ne respirerais pas, je ne verrais pas, je ne croirais pas, je n’apprendrais pas, si c’était à refaire, je cracherais sur tes pas, j’accélèrerais ton souffle, je tordrais tes mains, j’assassinerais ton ombre, je n’écouterais pas, tes mélodies de chien, tes cruautés d’absent, je tomberais en gouttes dans les moqueries du vent. Si c’était à refaire, je grifferais ce jour, j’éteindrais le sommier, je claquerais la lumière, j’ouvrirais les murs, je vivrais entre deux portes, je mangerais des bassines d’espoirs morts.
La raison ? ou bien ce truc inexplicable qui fait qu'on pardonne ?

...

Abattez-moi comme un chien.
... les porcelaines se sont fêlées bien avant l'aube des petites heures -
les maintes rayures ont fini par confluer en crevasses...
...et je ne sais pas ce qu'il faudrait -
comment avec toutes ces fissures se raconter nos porcelaines...

(puisque personne ne l'a fait)
6.9.05
si seulement je me souvenais
du goût qu'ont vos brûlures
je suis là, assise, lasse
je suis là, je ressasse
parcourant les longs corridors des rêves pâles,
j'égrene le chapelet de mes envies,
si seulement je me souvenais
je marche, droite, et la route s'abaisse
sous mes pas
je marche et les traces se dissipent
si seulement je me souvenais
j'ai roulé dans les flaques, rouler les yeux comme des billes
rouler la terre gironde
et je suis là, assise et le monde s'écroule continuellement
en silence.
et j'ai frotté mes yeux
ils sont tombés tous seuls
et je mordais des pierres
ils ne voyaient plus que ça
d'ailleurs

(oui - d'ailleurs, littéralement)

si seulement je me souvenais
du goût qu'ont vos brûlures

Il fait beau. Même sous la pluie. Beau. Finalement. Ca sent l'odeur des feuilles sur les pavés chauds. Je glandouille dans les flaques d'eau en tournant ma langue autour d'un chewing-gum à la fraise. Le ciel céruléen - venez donc avec moi siffler une bière sur le Trocadéro. Il y aura des pigeons, des amoureux, des lycéens - on pourra cracher dessus.
5.9.05
je traîne mon corps comme un cercueil vide et toute la journée, mon corps va, avance, une feuille morte sur la rivière tranquille. les tourbillons, les cascades, non; ce corps chemine tranquillement et l'esprit qui l'accompagne semble aliéné.
constamment, le mal de tête. constamment il est absorbé ailleurs, je ne sais pas où.
les musiques, les mots, tout me traverse et se niche où ? rien ne s'imprime dans ma mémoire et je traverse la vie comme une coquille vide, vide de vie.
j'accomplis les tâches les plus banales sans le moindre effort, les plus ardues aussi bien. mes muscles se tendent, se contractent, je les sens, sans plus.
ma tête, ma pauvre cervelle douloureuse semble avoir rendu ses armes. incapable d'un vrai sourire, incapable d'une vraie tristesse, l'apathie réelle et effective. je parle, j'exprime, mais quoi ? rien, pas grand chose, du vide, du vide, des horaires et des espaces et du temps.. des chiffres, des numéros, des identités superficielles à perte de vue -votre nom, votre prénom, votre âge, votre numéro de téléphone, votre classe, votre chéquier par paquets par paquets et rien de cette pourriture ne sort de moi, parce que je n'ai même plus ni le temps ni la force ni même l'envie de m'asseoir et de regarder jaillir les immondices chiffrées, le vide compté de mes journées tristes.
sûrement cette cervelle atrophiée grouille de décimales et autres absurdités;
vomir tout ça tous les soirs, c'est trop.
les soirs je me couche et je suis assommée, et je veux que ça cesse -mourir.
je veux que ça cesse cette danse macabre des matricules, des trains sales et des soleils écrasants qui ne me servent à rien. et tous je les croise et ils disparaissent, ils s'en vont dans le creux de leur vie, ailleurs, et je reste là, plantée, cercueil béant -et vide.
je m'assomme, tous les soirs, avec des alcools qui ne me saoulent plus, avec des herbes qui ne grattent plus, ni même chatouillent. je m'assomme à compter et recompter les journées mornes.
je suis livide, blanche et cernée comme un mort, je suis livide et je deviens transparente, une feuille de papier calque. claque,
la fatigue ronge mes traîts.
je lis, je lis, et les mots me sortent par les narines et s'en vont sans me nourrir, je n'ai plus faim de rien. j'écoute les sons, les rires, les paroles, les lamentations, mais rien ne m'atteint, je ne suis plus nulle part, plus qu'absente à moi-même et à tout.
je suis irascible, toute emplie d'une colère qui ne peut se calmer, provoquée par le vide et que rien ne comble.
mes mots sont de la mélasse, une plainte sans but vers un dieu inexistant; je ne prends pas le moindre plaisir à les tracer, je ne prends pas le moindre plaisir.
de quelque façon
que ce soit
que ce soit ne change rien.
à l'intérieur de moi les herbes sont séchées et le vent ne souffle plus. plus rien. pas le moindre mouvement, cet endroit n'existe plus.
je traîne ce corps et mon esprit où est-il, je l'ignore.
imposible de me perdre, impossible de m'oublier, je suis simplement morte à moi-même.
que personne ne sonne, je n'ouvrirai pas, je me coule dans le lit de la rivière sur laquelle ma coquille flotte tristement.
TOUJOURS PAS.

"
Je croque des petites bouchées dans les tablettes de lessive et marmonne dans le noir. C'est toujours la même histoire. Pourtant, c'est moi qui suis mesquine, j'aimerais être au-dessus de toutes ces petites chiures."
- extrait mail à Vladimir.
4.9.05
[...]

« je n'ai pas le privilège du vide. mais lorsqu'on l'invoque à tort et à travers pour montrer du doigt quelque entreprise vaniteuse de ce monde, je ne peux que m'insurger devant l'énergie perdue, car consacrée à une quête des plus inutiles. s'il y a bien un endroit où il faut traquer le vide, ce n'est certainement pas là où son évidence évente d'emblée n'importe quelle thèse indécente visant à le souligner, mais plutôt à l'intérieur de nous-mêmes, dans ces recoins encore vierges d'introspection, là où le silence du monde vient faire le lit du néant, là où les cris que l'on esquisse ne parviennent qu'à figer des masques angoissés. »

je dus regarder Düne avec des yeux de chien battu. que je dirigeai aussitôt vers mes pieds.
3.9.05
(antérieur)
On avait déjà constaté que les choses allaient mal. Enfin, mal.. Pas comme on voudrait qu'elles aillent. On s'imaginait des tissus de possibles, des jolies envies en forme de rêve et finalement, le monde tournait sur lui-même, cahin-caha, répétition saugrenue de situations absurdes.

On avait parfois réussi à y trouver notre compte. Il avait fallu inhaler la poussière de nos songes, les presser sur des comptoirs jusqu'à les faire saigner, et les boire. On était même allés jusqu'à faire disparaître le lyrique, plonger les deux pieds bien à plat, jusqu'aux genoux, jusqu'à la taille, la gorge oppressée, détruire jusqu'à l'idée de rêver. On en avait eu assez, oui, de cette tête qui s'égarait, qui voulait dépasser les nuages, graine de rien du tout, pourtant. On avait dit qu'on ne rêverait plus. On traînait la journée dans les trains et les écoles, la nuit dans les parcs, à égrener nos doigts le long des peaux. On avait empoigné nos rêves et nos idéaux par le cou, on les avait regardés bien droit dans les pensées, et on les avait étranglés au petit matin, dans la lumière gris-bleu du jour qui vient, sous des lampadaires bêtement allumés. Assis sur le bord d'un trottoir, sur le bord d'une route, on avait contemplé le bitûme, longtemps, on s'était vus dans des postures étranges, la joue écrasée contre le macadam, la bouche collée à l'asphalte, le cerveau plein de goudron. On avait senti peser sur nos épaules clouées au sol les jours passés, les jours à venir. Le poids du monde. Des mains nous avaient attrapés, nous avaient relevés, un coup de pied au derrière et avance comme je te pousse. La nuque un peu endolorie, nous avions retroussé nos lèvres et nous avions aboli cette main de fer, rongée jusqu'à la sève, pauvre pantoche, finalement. On marchait, on courait, peu importe, en fait.
Et puis il y a eu parfois cette étincelle, comme ils disent. Pour nous, c'était plutôt une nouvelle main, de chair pour le coup, et qui t'attrapait la gorge et tout le corps pour pénétrer jusqu'au fond de ton être, rassembler les débris de rêveries et recomposer un nouveau masque de songe*. De la poudre aux yeux ! qu'on criait. Et puis notre voix s'était étouffée dans notre gorge nouée et nous avions laissé la main, les lèvres, puis tout le reste s'emparer de notre être. Alors là... Alors là.
On se taisait. On ne disait plus un mot de parole, on ne faisait plus un son de bruit. On avait arrêté tous nos mouvements dans leur cours, nos bras et nos jambes d'abord figés étaient retombés mollement. Le silence et l'immobilité.
Et puis doucement, on avait tenté un balancement. Oh très léger, très léger.
On avait oscillé entre vrai faux vrai faux vrai... on n'avait pas tranché. Mais après quelques hésitations, nos corps toujours en balancement, on avait compris que vrai ou faux c'était là, sous nos yeux, dans nos mains, et qu'il fallait bien en faire quelque chose. Alors l'air de rien, on a réessayé, pour voir si ça fonctionnait toujours de la même manière, une main des yeux puis le flou le vide le plein, tout.
Et oui.
Et oui.
On s'y est jeté, dans le vide, la tête en avant, les mains l'une dans l'autre, et on avait beau vouloir et se retenir, et tomber toujours on n'avait tout simplement plus la moindre volonté.
CHIMÈRE*.
Il avait fallu croire que c'était possible, hein. Que la route n'était plus faite de bitûme, mais d'herbe bien verte, que les jours pouvaient avancer sans qu'on ait l'impression de voir défiler un cortège de carnaval cannibale. Oui oui oui m'sieurs d'âmes! On se l'était dit tout ça, et si notre langue peut mentir et absoudre cette vérité pour sauver une dignité fantoche, les nuits dans l'ombre elles, ne mentent pas.
On avait déjà constaté que les choses allaient mal. Mais à bien y regarder, penchés au dessus de la soupape, ça grouillait de pire en pire, de peur en peur et de part en part.
- Tu en fais trop, toi et les tiens.
- Je voudrais bien te dire des mots secrets, mais on nous lira peut-être.
- ..
tentative numéro six (je crois).
ouvre les yeux
---elle avait les yeux clots. allongée sur le dos, ses pieds dépassaient du lit.
par la fenêtre, le soleil.
je voyais ses rêves danser sous ses paupières.
je voyais la terre tourner dans sa poitrine.
et tout le monde, l'univers et le reste, tout ce fratras, tout ça, regroupé, très petit, dans le creux de ses mains endormies.
ouvre les yeux.
ouvre les yeux, de là où je suis, assise sur le bord de ton lit, je décide de bâtir un nouveau monde.
pas de méprise. je ne cherche pas la révolution, non.
je cherche
les fils de l'univers
pour le faire battre
en cadence
avec ton
rythme cardiaque.

une marionnette accroupie à tes chevilles, et qui s'éveille
au levé de rideau de tes cils turquoises;
ouvre les yeux
she said : je continue à penser que je veux de la poésie, parce que la poésie a un truc que tout le reste n'a pas
2.9.05
Un maëlstrom spectaculaire.
1.9.05



Il semble bien que vous soyez arrivé ici, regardiez les parois opaques et rouges, humiez leur rythme martelant. Vous étiez ailleurs, dans un bloc blanc, dans une aliénation massive. Mais il semble bien que vous ayez trouvé un passage.

On peut rester une vie durant, assis devant ce mur. Ou un tableau, quelque-chose qui donne chaud, pourtant rien ne diluera ce froid.

Vous avez gravi lentement des séquences d'immondices, par delà vos jambes crevées, avec patience, pour arriver jusqu’ici, ce terrain mouvant, dont vous lorgnez les alvéoles avec consternation, ce lieu que vous n’aviez probablement jamais perdu, mais qui n’avait probablement jamais respiré, ni vu le jour, juste la nuit de vos indignations. Votre auriculaire vitreux est secoué de spasmes, vous vous bouchez les oreilles, de ce monde trop bruyant qui est le vôtre, que vous aviez tu depuis si longtemps. Ce qui est en question maintenant, ce dont il s’agit, c’est cette chose longtemps oubliée, que vous allez remettre en route. Votre histoire, non pas dans son sens événementiel ; votre histoire sans avoir pris la précaution de la situer quelque part. Ne plus être « là », dans ce mouvement du temps, cette cadence forcenée, ce rythme obsédant d’une marche forcée, ne plus être une trace, une délimitation, l’emploi d’un temps strict. Ne pas être « là ». Mais cracher ses molaires au vent, puis se laisser picorer le front des amertumes de l'automne.

Révolutionnaire? oui de mais...
Révolutionnaire.
non? oui de mais...

03/04
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