INVIDATION v2 : http://iinviidatiion.blogspot.com
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abime
dust
ether
truie
cams
drone

Last lights, last words.

31.5.06
La joue aplatie droite sur l'oreiller - suite.

Donc posée en tranches sur un banc elle compte ses doigts.


N’avons-nous donc connu personne
pour écrire ici comme si
les lendemains
dépendaient d’un mot

Elle dira jusqu’au bout au manège (Saint-Paul) que la

la fuite et le sale temps
du type à ma gauche
me frappe de son crâne
dans les métros replié le drame
du t’as pas une clope perpétuel
sur le banc des phalanges crasses
les dérives sèches
de demain m’indiffère

Il n’y a pour elle

qu’un souffle à faire
pour que l’autrefois minute
les triples contractions
des familistères
triple amputation
des racines secondaires
le cercueil rouillé des chauves
syntaxes borgnes
des illuminés
à cafard sur le mystère
des façades obscures.

Jusqu’ici les choses sont stériles.

Germination des paradoxes
au distique évidé
l’hémistiche limaçon
gène de l’érosion
dans les seins mécaniques
d’humides congrégations
surface d’extrême-onction
de la matière livre
trépanation du canal
semi-circulaire
affectation de l’ordinaire
que l’on ne pas
solution crevée
des fracas grillagés
beuglement des cygnes
costumes de crépuscule
infection amorphe
des chiens tétraptères
des crieurs ordinaires
organe des séismes
dans les fraudes congelées
utérus blanchâtres
brumes synthétiques
cycles encaustiqués
de la poire sébacée
train de sentiments
que l’on n’éprouve pas
sonorités siccatives
des publicités polies
carcasses des becs béants
au milieu d’un temps sans bords.

Elle s’est énervée.

N’avons-nous donc connu personne
pour frémir ici comme si
les lendemains
dépendaient d’un sale mot
ivre et borgne
saluer le chômage crayeux
des cicatrices de paille
les soupirs
posés en taches rondes
sur les balafres des ruptures
jusqu’à l’obtention d’une plaie ordinaire.

Elle ne voudrait pas un jour qu’on pense que c’était une histoire de rupture, mais qu’on pense que c’était plutôt une histoire de pollution juste histoire que les choses ne disent plus rien. Que la balance s’obscurcisse. Que personne ne s'en sente touché, que personne ne reluise.
Pollution d'invid. de tout un tas de trucs insignifiants - suite (ma joue sur la tienne).

— Il n’y a que moi qui ai vu des choses belles en tout ça, l’autre acquiesçait, il était paresseux. En même temps, l’autre, peu importe l’autre, son vernis fut suffisant, son vernis m’a insufflé la joie de vivre, dix-huit dessins. Je ne retiens pas l’autre, je ne vais pas le bousiller parce qu’il n’y a pas vu de raison d’être. Ma raison d’être c’est vrai meurt d’en savoir d’autres qui n’en ont pas, mais après tout, ce qui reste c’est ce qu’il y a entre mes mains. C’est même d’avoir pu tirer de la vie d’un autre qui y acquiesçait tout en n’y croyant pas.

Elle supposait dans son bar de quartier qu’il s’était enfin décidé à mouiller l’ANPE et les annonces pour autre chose qu’elle. Il ne l’aurait pas fait pour elle. Il le faisait seulement pour partir. La vie grouillait maintenant à partir d’une seule absurdité. La vraie absurdité étaient en eux. L’art de l’absurdité, la totale absurdité, celle qui ne fait pas mal, n’est qu’en ceux qui ne la supportent pas, cette tranchante, injuste et autre absurdité de tous les jours qui au fond n'est que cruauté. Brève de comptoir. Elle dénoyaute la pression et l’autre, qui ressemble à une créature mi-RMI mi-chemin du non-retour acquiesce. Palabre. C’est inaudible.

Le lit était maintenant mort et vide. Ce qui pouvait tirer un être de son sommeil, n’était pas l’amour qu’on lui donnait, mais sa soif de vengeance, sur tout un tas de misérables choses. La performance était de prouver à un être qu’il ne vous aimait pas et qu’il était vraiment temps de se tirer. Ça réveillait les êtres, ce sentiment d’agonie et ce rappel de la naissance à l’air libre, sans rien sauf un ciseau qui vous tranche.
« et puis les fées se sont enchaînées disparaissant presque aussitôt sauf une
ou deux

où l’horizon

inonde


oui équivocatoire Noz noise
green
                    en
                                        core »

François Richard, Sseferia



où ta corolle
l'écorchure du marc
à l'abandon placide
laissé depuis
l'effleurée déflagration
du gouffre
l'en-dérobe
dedans
comme un chien
fusil fantôme
épandu sur l'é-brèche
lisière de l'intelligible
dehors

vers Falguière toujours la conjonction grise des cornées

ta voix nuage bleu des filaments stratosphères
suspendue au prélude mauve
en travers l'avenue
au jour près ne sais
ta voix réverbérée dans mes moindres membranes

il pleut Bethany Curve
sur les champs verticaux urbanites
par éparses et embrasements
dans l'évasement leur érosion pernicieuse de perspectives
aux carrefours peut-être
il ne reste qu'à cueillir les convulsions
d'un désert

gray after all
les mains dans la viande froide
j'exégèse ta cendre absence
mégogenèse sur tes lèvres vers ces constellations chinées poussière
puis vite
writchor
au lieu des réveils chaque petite vie
au-delà des sables horaires
writchor poison
dont les veines dessinent des ergs
des estuaires coagulés
ces sécheresses autorisées à la bordure des fluences post-industrielles

il pleut Bethany Curve
mais déjà tu m'assèches les os
que reste la ténue nucléaire
la mathématique dissolue des sons
qui n'invective que calcification inutile des affects
sinon la rémanence aux papilles de ta vulve liquoreuse

frisson ne reste plus que
writchor l'encens désincarné des syntagmes
c'est la pluie Bethany Curve qui lave nos chatoyances
aride nos
vers
derrière ses pénitences translucides
la démarcation à distance immuable
où ne brume Bethany Curve plus que la spirale introfolie
les bras tendus comme au sortir sépulcral
avec la compulsion d'un dur lacis violet au méat déjà gorgé
de l'absolution intromissive en pupilles muqueuses

piètre la tour Jonshism malgré la prophétie des convulsions
dévale
et je
déchire l'oléodiaphanité promessianique d'outre-trombes Bethany Curve
jaillis dans l'entre – où brigué
re-jadis : rien
hormis le delta de noir dendrité
les canaux incertains du
writchor dans l'entrelacs prélude
à la mer horizon-tale

au frêle liseré de la coupe pleine de l'encrechor
bascule de l'autre côté des erreurs ce ciel dé-nuées Bethany Curve
aplaties (avec)
les mêmes violences
descente
Elle nous couvait un cancer, et frisait maladroitement en direction de tout un tas de petits détails insignifiants (toupie, carrie, espaces blancs). Ça se décollait par morceaux à l’intérieur de son crâne, le souvenir de l’abrutissement premier. Takak, takak il éteignit la lumière, toujours prompt à l’égoïsme. Elle devait se taper des nuits avec sa lumière à lui, elle n’osait plus créer d’espaces maintenant.
Elle nous couvait un cancer ça l’avait prise à la gorge un beau matin vers neuf ans (dix ou onze elle avait perdu trois à cinq ans de sa vie, chronologiquement), en bon mouton qu’elle était elle accentuait ce cancer à 15 ans sur les bancs du parc, puis à 16 poursuivait l’hydrocution de toute une famille (oncle, grand-père). La chenille jaune remuait derrière et elle avait peur maintenant. L’état permanent de jouissance dans lequel elle se trouvait atténuait les effets du cancer, qui remontait dans les bas-joues maintenant (on allait lui en lever une partie de la gorge). Qu’allait-elle faire de sa bouche se demandait-elle impuiffante. Et pouvait-on encore sucer. Quoi donc, quoi donc. De la vie et des moutons. L’athsme et les allergies de l’obéissance le fronton hautain de ces réservoirs d’îvres puis finalement le rire final, dans sa gorge entuyautée.
Un spasme la fit glousser.
Cette jeune personne cultivait ses arrières.
Paul Ardenne était un homme qui avait écrit ceci :

Elle finit l’alinéa dans son verre.
Ivre, îvre, îvre. Passer trois mois avec un chèque, îvre. Un croissant de lune reluque un pain au chocolat. Ne pas en faire trop se dit-elle. Rien à voir avec le livre.
Elle constata en tendant sa main vers le verre à sa gauche, posé sur l’unité centrale, et ce faisant se baissant, que l’égoïste n’avait pas tout à fait éteint la lumière, et qu’il restait un filet de lumière pâle « nimbant l’espace de ses pétales douces » comme l’aurait souligné le générateur hystérique de phrases. Elle se souvint du générateur de phrases, parfaitement faux. Faux et îvre et îvre pissenlit ma vie. (Regain d’espoir dans la gorge).

L’horreur de tous ces êtres qui parlaient d’eux à la troisième personne du singulier sur toutes ces abominations monstrueuses et déliquescentes que les blogs commençait à la faire truie. Elle ne parlerait jamais d’elle à cette troisième personne, et par ailleurs TU es un autre et TU es comme les autres, chien.

Le retrait de ces personnes, dans leurs troisièmes personnes du singulier, masquait mal un terrain singulier d’auto-fantasmation, sous couvert de fiction romanesque, fiction rapportée là en sous-entendu hautain (dire mais ne pas se dire – tendre la perche aux âmes gluantes) dans une bulle nauséabonde : le blog. Autant dire « je t’encule à la première personne du singulier » soyons clair, pensa-t-elle. Elle songeait qu’elle ne devait plus pensa-t-elle ni engranger des territoires simiesques avec mots bizarres outranciers. Mais c’était depuis le cancer. Les mots sautaient et les correspondances se désagrégeaient. Le ciel était indifféremment une machine laver, ses chaussons des luttes.

Bref, ces ils et ces elles étaient puants.

Les je qui mâchaient des chewing-gum aussi.

Sur invidation, un petit blog malade, elle s’était fondue dans la poussière. Elle était bien. Avec des gens qui ne cherchaient pas à être plus que minables (minable : acceptation de son infinitésimale trace, minable : intelligence). Et c’était ça qu’était bien justement. Elle se resservit une promenade. Ça commençait à puer maintenant. Et le lendemain serait pire et atroce, à souffler dans le cou de cette fille qui s’était postée dans son dos comme une pustule toutes les cinq minutes. Elle soufflerait fort demain. Ils mourraient tous asphyxiés par Ballantines. Elle partagerait la tumeur, le pain levain sur ses pieds, les carences rouges sur les bras, la plaie sur les collants, la robe longue la même trois fois par semaine pour cacher les collants, le manteau à toux bleue, et les cheveux qui connaissaient pas une brosse. Mais le pire, le pire était que la police, la police pouvait retrouver soudainement ce texte, dans la mémoire cache, si elle mourait demain. Takak, takak. Ils pointeraient du doigt son souvenir étouffés de salive et de bonds survoltés. La pauvre, riraient-ils. Et c’est vrai. La pauvre grand dieu elle se catapulta un Ballantines et but à sa santé. La machine qui les accouplait ces pauvres humains, qui non seulement s’accouplaient en la machine, mais nouaient des couples par la force de la machine (fallait-il être si désodorisé), la machine elle la déstabilisait chaque jour, elle la gangrénait, la détournait, la saccageait, elle était la petite stase sournoise, la petite schize galopante. Elle souffla sur ses cheveux en faisant du bruit, fière et parfaitement ridicule, boursouflée aux entournures.

Il y avait donc nin, koozil, dust, polly, lou, nikola, kikoo, soit énormément de o.

Qu’est-ce que c’était que cette histoire. Une réunion de gens qu’aimaient pas les réunions et tout germe probable d’une hystérique congrégation.

Donc en bref elle crevait, grisamment.


Elle ne fit pas grand-chose le jour suivant. La chenille ne décollait plus de son lit. Elle lui avait coupé un pied dans la nuit. La tumeur avait enflé, elle avait ingurgité encore plus de corticoïdes, le tout saupoudré des habituels neuroleptiques. Pascrever, pascrever, rythmaient ses oreilles perchées sur le sale placard de la cuisine (par un effet d’optique dans le miroir). Comme une brute et comme tous les matins, elle croisa simultanément au bout de sa rue la grand-mère folle et l’enfant non-pas-mongolien-mais-handicapé-mental-qui-allait-à-l’école-pour-handicapés-du-milieu-de-sa-rue. L’enfant et tous ses cheveux blonds et ses yeux un peu raccourcis lui avait taxé une clope un jour de son grand doigt inquiétant. L’enfant était une fille et sentait bon, toujours habillée d’un jean et d’une voix cosmique et cisaillée en son milieu. La grand-mère affreuse enfermée dans ses tourments et ses amis à qui elle parlait comme aux pigeons traversa à gauche, l’enfant au doigt tordu à droite, elle traversa en sens inverse entre les deux, entre leurs deux ruminements fous, en se disant bon sang. La journée commençait bien dans son cou.

Nous sommes donc multiples, différents, et paraît-il nous ressassons.

Nous ressassons c’est un fait.

Pas un mot ne s’était écoulé entre elles-deux, entre elle et la chenille, depuis l’arrivée de la chenille. Pas un seul mot depuis deux jours. La chenille ne la regardait pas, elle ne regardait pas la chenille. Elle ne savait pas qui c’était, de terreur. Elle avait moins peur de se tuer que de connaître la chenille. Ce qui en soi était relativement et pîtrement humain. Elle se resservit un Ballantines, de la fumée sortait maintenant de sa bouche. La chenille parla soudain en dormant, elle dit d’un petit ricanement absent : « T’es venue me sucer ? Vous êtes venues me sucer en fait c’est ça ? » et le petit ricanement loufoque chuinta dans toute la pièce la laissant tremblante. Demain je plane se dit-elle.
29.5.06
Elle avait passé sa nuit à l’hôpital le monde brûlait. Des délires par centaine se télescopaient l’aphrodisiaque écumait ses tempes. Suite à l’idéation était venu un sentiment d’indifférence aveugle, comme une mélasse grise, les êtres devenaient des choses, les choses devenaient des êtres, les frontières, obsolètes. Elle avait gravé sa fièvre au feutre dans tous les refrains, épluché les visages pelé les promesses, désossé leurs psaumes. C’est vers midi que la totalité jaillit, un mélange de petits bouts bruns et noirs, comme d’insalubres morceaux de marécage qui s’échappaient d’elle par secousses. Elle entendait à gauche à travers la cloison une fille en train de faire pipi. Elle passa vingt-minutes à essuyer les gouttelettes sur la poignée de la porte foutit du désodorisant Bluet’ sur son manteau. Dans la cage d’escalier, assise sur les marches, contemplant la comptine, le temps fuyait par bouffées, une toile d’araignée minuscule et très contemporaine coincée entre le rivage et la rampe. Le souvenir des Tuileries se faufilant par la fenêtre jusqu’à la vieille dame. Une femme s’arrête : « Vous êtes sûre que ça va ? — oui oui (gentil sourire) — Non parce que vous avez les yeux si rouges… » N’était pas au courant, peut-être l’effort sur les chiottes l’avait faite sortir de ses orbites. Et les yeux rouges contemplent maintenant le bout des chaussures rapiécé, subtile ornement des taches de vin rouge sur le collant. Je suis une montagne. En pièces. Détachées. Et le bout des pieds tapote en rythme machinalement : en pièces/détachées/en pièces/détachées, un petit ruisseau se forme près d’un fil électrique. Des troncs se baladent entre des trains, des voix essuient l’ennui de leurs voisins. L’hôpital devient un terrible gargouillis sans âme au fond de son vagin, la terreur s’amenuise. Non la terreur est immense dit-elle, la terreur toujours la terreur, la même terreur, la terreur qui peut tout faire partir en fumée, en quelques secondes tout basculer et entre les mains le vide et un feu d’artifice et leurs yeux affolés, les cicatrices ancrées et le repos soudain. Elle était gelée, sans orifices, un verre de whisky-pluie dans la manche.

15h. Vaccin. Une chenille sur le lit, parfaitement déplacée. La joue aplatie droite sur l’oreiller, le temps maintenant est à rebours, la lumière une pellicule odorante sur laquelle les fantômes se bousculent, tous marchent à l’envers, saccadés, des petites tempêtes molles et aiguës jappent de leurs bouches. La chenille est roulée en boule. On ne voit rien. Elle est jaune. On ne sait pas qui c’est. Elle ne se souvient plus qui c’est, elle se souvient du torrent cette nuit, du visage bronzé d’un docteur et de quelques sourires canins « qui en ont vus d’autres ». La rougeur sur son front. Le whisky-pluie chemine, tranquillement, et s’arrête sur une plage ensoleillée, pas très loin de son œsophage. Le pelage jaune du whisky, la langue dorée de la chenille. Les sucres vomis par centaine ce midi et l’effondrement dans la rue. Le rire bête sur l’instant, juste à côté de la tumeur. Les reins tièdes qui flippaient sur le pavé. Ele criait pour que des rossignols viennent, elle se frappait le front sur une bouche d’égoût. Un mannequin la remit en place. Lui conseilla d’être mannequin. Elle brandit son mollet tâché de vin rouge et désigna la fêlure sous le genou.

Elle ne se souvenait pas qui c’était. Elle souleva un coin jaune elle ne se souvenait pas. Elle resta là à tourner en rond à flotter. Elle souleva encore un coin : elle ne savait pas qui c’était. C’était quelqu’un de familier, quelqu’un qu’elle avait connu mais qu’elle avait tout foutu en boule dans un coin. Et maintenant il était là comme une chenille jaune, seul un pied dépassait. Elle pensa qu’il fallait peut-être le couper pour que la forme ahurie et si parfaite de cette chenille permane. Permane, néologisme assez laid emprunté à Gabriel Mazneff vecteur 2 alinéa 3 carré 38. 38. Numéro de son ancien logement. Logement.

En octobre elle avait prié pour une chenille. Un truc long et tranquille, souple, éventuellement amoureux. Éventuellement. Plus rance qu’amoureux pour que ce soit coordonné au reste (sacs poubelles, sacs en papier, vaisselle atroce, rhum agricole, Airwick WC, contemplation du robinet – le reste était un immense corticoïde un peu poisseux traitant l’inflammation environnante de certains cancers, inflammation qui entraînait œdème, compression et douleurs ou, à distance, fièvre.) Le reste.

Reste : phrase qu’on ne dit pas.

Pas : avancée vers l’autre pour ne pas lui dire reste. Comme dans « tu es un reste ».

Restée en suspens assez nerveusement pendant de longues heures à renifler la chenille, elle sortit se taper la conversation fraîche et épuisante d’une patate appuyée hystériquement à son comptoir. Elle repartit sans demander son reste.

20h. Abrutissement sans fin.
17.5.06
Ac. Gastr. 1962. ALLMEN 1956. Archéol. chrét. 1924. BACH.-DEZ. 1882. BAUDR. Pêches 1827. Bible 1912. Bible Suppl. t. 1 1928. BOUILLET 1859. BOULAN 1934, p. 132. BOUYER 1963. BRUANT 1901. Canada 1930. CHASS. 1970. DAUZAT Ling. fr. 1946, p. 158. DHEILLY 1964. Divin. 1964. DUCH. Beauté 1960, pp. 109-110. DUL. 1968. ESN. 1966. Foi t. 1 1968. FRANCE 1907. FRANCE Suppl. 1907. FRIES t. 1 1965. GOTTSCH. Redens. 1930, pp. 357-359. GRANDM. 1852. JAL 1848. Lar. mén. 1926. LARCH. Suppl. 1880. LA RUE 1954. LEJ. 1969. LE ROUX 1752. MAR. Lex. 1933. MARCEL 1938. MASSON 1970. MAT. Louis-Philippe 1951, p. 20, 57; pp. 230-231. MICHEL 1856. MONT. 1967. NELLI 1968. NOTER-LÉC. 1912. POLLET 1970. POPE 1961 [1952], § 639, 641, 644. PRIVAT-FOC. 1870. ROLLAND (E.). Faune pop. de la France. 11. Paris, 1967, p. 158. SAIN. Lang. par. 1920, p. 400. Théol. bibl. 1970. TIMM. 1892. TONDR.-VILL. 1968. VIOLLET 1875. WILL. 1831.
16.5.06



Le fumer jusqu’au filtre finir en autoroute près des champs. L’école municipale désoeuvrée, le planning de quartier démesuré aux abords de l’été. Je m’arrêtais dans leurs vieilles carlingues je sentais le cuir je remuais dans leurs containers.

J’aime pas tellement quand tu fais ça, là. Ta voix en trompette, les grattements de tes organes dans les airs. J’aimerais bien que tu crasses un peu moins d’air. J’te laisse faire ton cirque, quand t’auras fini.

Ça devient intéressant tu sais, ça devient intéressant. Quand tu commences à pas être là, la genuflexion de tes rhisomes que tu cloportes comme une salive, tes éternuements, tu t’aplatis tellement fort, et tes boyaux Bonduel que tu brandis comme un chat, que ça durerait pas, non mais. Je savais, je suis pas surpris, on n’est pas au bout de nos peines, « t’es très spéciale, et puis elle venait, elle sentait le vin, elle avait de la peinture sur elle… » Fallait pas me le dire j’avais même pas capté.

Donc au bout d’un mois (ce qu’elle lui a sucé l’oreille), elle a commencé à me grimper par terre, des angelus plein la poussière. Et puis les simagrées. Ce qu’elle mentait. Mais j’étais si con, plein de pouvoirs surnuméraires, le soir je rêvais que je frappais des idiomes. Attitudes, gestes, paroles affectées qu'on utilise pour se faire valoir, pour atteindre son but ou tromper.

J’ai vécu trente minutes depuis mon dealer jusqu’à cette fleur qu’il a foutue dans un pot jaune devant le mur défoncé. Je pense aux gestes. J’aime pas les gestes, ni ce qui tombe dans les gestes, je pense que les gens se correspondent, qui se ressemble s’assemble, le faux correspond au faux, l’hypocrisie s’accouple avec la perdition. J’aime pas ce qui sent bon, ce qui se regarde évoluer.

J’aime pas les points. J’aime pas tout ça. Ce qui est foutu, pour moi. J’aime pas. J’aime bien la peinture. J’aime pas la peau. J’aime bien ce qui baise, mais j’aime pas la peau de ce qui se regarde être. J’aime bien ce qui se défonce à coup de prunelles. Mais je t’aime pas, toi.

Je veux dire, qu'est-ce que tu te fais avoir par tes rêves,comme d'habitude. J'l'ai vu galérer avec ses allumettes, y'avait du vent, moi ça partait d'une bonne intention, et puis il a dit non merci. Qu'est-ce tu recopies, oh la folle.
11.5.06
Les oiseaux ont incendié leur nid d'angoisse says:
un jour j'irai marcher sur l'ondée
Les oiseaux ont incendié leur nid d'angoisse says:
là où balancent tes sabots de sable
Les oiseaux ont incendié leur nid d'angoisse says:
au coeur d'une nef de terreur
Les oiseaux ont incendié leur nid d'angoisse says:
et on entendra le cri des bêtes décapitées
L'idiot piégé dans le marécage says:
haha tu es diabolique
7.5.06
allez hop

6.5.06
Ok. Je vais faire quelque chose. De rien.

Je vais me couper la langue et les doigts. Notons que l’ordre est très important, car si je me coupe les doigts en premier, j’aurai probablement le plus grand mal à être efficace quand il s’agira de s’attaquer à la langue... et donc au VVVVerbe.

Ok. Ça roule comme les vagues dans L’OOOOcéan. On va procéder ainsi.

Mais juste avant, juste pour la déroute, ÉÉÉÉcrire un PPPPoème, un VVVVrai. Un comme on n’en fait toujours plus.

Dans la NNNNuit noire, l’HHHHorizon se noie dans un OOOOcéan de SSSSiècles.
Il est TTTTemps: AAAAutrefois comme DDDDemain, c’est-à-dire MMMaintenant,
La VVVVent organise la FFFFuite des vagues vers leur TTTTombe commune.
C’est le CCCChaos! C’est l’AAAAbîme!
D’heure en heure, le PPPPrésent se rapproche du PPPPassé et bascule dans le VVVVide.
Le MMMMonde a beau se révolter, la MMMMort guette en SSSSilence...
Ô SSSSolitude de la LLLLangue, la bouche en SSSSang, le CCCCœur en AAAAmour!
SSSSolitude du CCCCorps quand la main ressasse la CCCChair, verticalement dressée,
Tandis que l’ŒŒŒŒil se console de l’AAAAbsence, poussant ce CCCCri muet:

HHHHomme, PPPPoussière de ma PPPPoussière! Fils de mon père et fils de ma mère!*
Laissons pousser cet AAAArbre pour arroser la VVVVille!
Laissons naître la PPPPluie pour irriguer la TTTTerre!
PPPPPoussière de ma PPPPoussière! BBBBraguette de ma BBBBraguette!
L’EEEEspace est trop plein, il te faut bien t’ouvrir.
Laisse poindre l’OOOOiseau, il demande à sortir!
Il veut voir le CCCCiel pour faire couler l’EEEEau de VVVVie
Que ses deux nuages, pressés dans l’OOOOmbre, en état de GGGGuerre,
Faisant passer le MMMMot, l’appelle à mettre en LLLLumière!
Lentement... Plus vite! Lentement... Plus Vite!
Que l’OOOiseau fasse son TTTTravail, qu’il trace sa RRRRoute!
Que le CCCCri trouve sa VVVoix sur le BBBBoulevard des DDDDésirs!
Pierre après pierre, brique après brique, mur après mur, faisons s’ériger
La CCCCathédrale de LLLL’AAAAbsolu, pour qu’enfin, un jour, enfin,
Ce coton-TTTTige, qui se saoule de lubrifiant comme on boit de la soupe,
Grandisse et à hauteur de DDDDieu(e) se hisse, pour du FFFFondement
Sonder la MMMMémoire, autant dire le réglisse: la merde, quoi!
Les VVVVestiges du PPPPlat de la VVVVeille.


* Note: Pour plus de crédibilité urbaine ("street credibility", en anglais...) et pour affecter la modernité d’un slam très "In your face" ("dans ta face", en français...), on peut adopter une variante simple et préférer : "(...) et fils de TA mère!".


la cinétique de tes douleurs
dans l'hermétisme des miennes
tu foulais mon permafrost
à travers - démultipliée fragile
à rétroaction destructrice

des brasiers en contrebas
possibles
tandis qu'alternaient là
les surjections de nos angoisses
5.5.06
Que quelqu'un fasse quelque-chose. Merci.
(...) On serait ainsi artiste comme on serait malade, ou plus exactement comme on tomberait malade, c’est-à-dire comme on serait entraîné de fait, pour une raison ou pour une autre ou bien encore sans aucune raison, dans une chute vers une zone de déséquilibre ontologique dans laquelle son être serait de fait intrinsèquement et viscéralement engagé, parce qu’il serait voué, de par sa constitution ou sa disposition, à l’être. En l’occurrence, ce serait parce que la perspective de l’adéquation identitaire de l’être, au sens verbal du terme, avec un objet, sous la forme d’un "être quelque chose", serait fondamentalement bancale, et que la disposition naturelle de l’artiste serait telle que celui-ci serait nécessairement engagé dans ce déséquilibre ontologique dans la mesure où il serait viscéralement attaché à faire être quelque chose, qu’être artiste reviendrait de fait à être voué à naviguer dans l’abîme, en adoptant une perspective somme toute bancale, dont le déséquilibre serait concomitant de l’impossibilité de l’assise dans l’absolu d’un rapport osmotique entre la perspective d’être et son objet supposé. Pour pouvoir constater ce caractère abyssal, voire maladif, de la condition d’artiste, il n’est d’ailleurs qu’à penser à toutes ces générations d’artistes sans cause ou sans talent, qui, pour n’avoir rien à dire ou aucun moyen de le faire proprement, c’est-à-dire pour ne pas avoir les moyens de leur politique pro-créative, faute d’objet pour leur projet ou de moyen d’effectuer proprement le jet qui en constituerait le processus concret, n’en sont pas moins viscéralement habités par la perspective de créer, de générer une détermination ontologique en faisant être quelque chose par tel ou tel moyen artistique déterminant. Même sans motif ou sans moyen adéquat, ces artistes se trouvent viscéralement engagés dans une relation tripartite dont la non-adéquation en l’occurrence des trois éléments (la force créatrice, l’objet de la signification et le processus expressif de la signification proprement dite) les vouent à un échec qui n’est en réalité qu’un cas particulier de la règle générale de l’échec ontologique de la perspective de l’effectivité dans l’absolu de l’adéquation osmotique de l’être avec un objet - c'est-à-dire la règle générale de l’échec ontologique de la perspective d’être quelque chose à proprement parler. (...)
4.5.06



Marje, à ou et à qui, le fond du compartiment, elle étend les doigts la traversée des plans des légumes le tarama le clapotis moite des blinies à trois euros cinquante qu’on s’est payés un samedi après-midi dans les brocantes, Marje tes sinus déplorent la nuque absente ce matin-là dans ton lit, la diagonale du canapé jusqu’à la porte d’entrée toujours la même Marje. On s’électrocute de petits testaments toute la journée on écrit des blasphèmes au rouge-à-lèvres sur les monticules givrés d’un visage décrépi Marje, à rajuster la coupe émasculée de ton tailleur bon marché, te tailler les circuits dans des baignoires cafards, on s’irradie dans des marchés Tchernobyl on cherche le cancer qui aboiera la nausée percutante et tous ces matins dégueulasses alors que les soleils brillaient se planter les racines dans la vitre le nez caoutchouteux observer les vieux réverbères la foule du 18e innocente incapable vaurienne les couples pain dans le pain les nez rouges et les voix maquillées des gamins les cordes à sauter Marje tu t’en souviens tu fourres les blinies un à un tu t’es crue sous le soleil d’Accapulco à draguer des minots tu inverses des cuillères et lessive des tronçons, les voûtes juxtaposées de ta maladie, ton électrocution un beau matin tu te palpais les seins et ces petites meurtrissures de l’étrange qui sillonnaient ton ventre, à les caresser, te demander pourquoi et dieu faisait quoi, tu te faisais du café, tu regardais les cieux et l’univers le n’importe quoi sous Absence, tricoter ta peine entre tes doigts soulever le papier récurer les casseroles éradiquer les pourquoi au fur et à mesure que la Javel se tassait que les bols éclataient, ce que t’aurais voulu la foutre dans le mur ta tête. Un beau matin tu t’es déshabillée tu t’es habillée du n’importe quoi t’es sortie aux carrefours laitiers avec ta peine et ta misère joyeuse t’as un peu fait tourner les têtes Marje t’as hydrocuté les marins les vipères les marchés t’as enfourné du vin des épices dans ton sac, tu connaissais pas Internet, tu connaissais rien Marje, tu connaissais que ta peine le sale type et l’errance et joindre les deux bouts et ta nouvelle jupe que t’étrennais là au milieu des camions poubelles tu faisais des trois pas des crampes tu rigolais avec les vieilles tu souriais aux gamins t’avais été un peu court-circuitée faut dire à te brancher à n’importe quoi avec tes doigts plein d’amour et d’eau fraîche, tu sais Marje faut pas croire Marje. T’as ingurgité des tonnes de papiers crépons imbibés de bave, mangé des chips aux anniversaires pour faire croire comme-si, t’as remonté tes lèvres applaudi des plèvres t’as éduqué ta peau pour qu’elle soit toujours positive, Marje, t’as écopé d’un tas de relations qui t’ont coupé les vivres, qui t’ont coupée tout court, ce que t’as morflé Marje dans ton grand appart’ carré 18e ce que t’en as chié avec ta maladie que personne n’a voulu comprendre pourtant tout le monde avait la même, ce qu’on s’ennuit Marje et pourtant on se caresse les plaies on croît toujours dur comme fer aux néons à cette vie misérable qui jacte en dehors dans les salons on aime bien s’y planter pour rire, pour ricaner, Marje tu sais quoi t’es qui ? t’es qui Marje ? tu t’es un peu posé la question ? tu sais moi non plus moi j’ai juste éreinté des souvenirs comme si c’était contenu là-dedans comme si j’allais expulser la vie de tout ça, la vomir, la jaillir, tu sais non, tu sais, j’aime bien boire des cafés dans ta cuisine laiteuse avec ton chat et quand tu remontes tes collants en pleine rue, j’aime bien ta vie Marje j’aime bien quand t’y penses pas, j’aime bien quand t’as les yeux ailleurs et les sourires Lactel, que t’oublies ta cuisine les carreaux les baignoires dans lesquelles tu t’es vautrée, j’aime bien que la vie reprenne Marje, j’aime bien quand tu ris, et que t’y penses pas Marje. J’aime bien ta vie dehors l’imaginer t’imaginer à sauter avec tous ces pauvres types leur sourire comme si le meilleur était en eux, j’aime bien quand tu leurs dis je vais te faire à manger et que tu soupèses l’oignon, l’ordure, entre tes pouces, ce que t’es conne Marje avec tes sourires plantés là comme des échardes dans ta tapisserie Tatie, j’essaye d’être propre j’fais les mêmes conneries à croire que ma vie ça se balaye qu’on doit être blanc, j’essaye des tas de produits détergents pour me laver la face j’me défonce à la colle, Marje elle va dans les magasins elle prend à pleines mains, les courants d’air, entre deux caniveaux des types tendent le cul elle s’en va les mains pleines les mains pleines de quoi, « j’ai chourré un vasistas deux sépias et trois canins », j’en sais rien de ce qu’elle me dit, un mascara à Monoprix, un collant deux chaussures, un après-midi elle s’est barrée à Saint-Paul le quartier des riches sympas histoire de mourir tranquillement elle a acheté un costume tranquillement elle a choisi la robe et les chaussures, et pas un ne voulait lui louer de chambre d’hôtel, complet, rien dans le Marais. Elle était allée les voir rouge suante, y’avait une femme berceau mari qui attendait – allez-y passez – bonjour, est-ce que vous auriez du. Non nous n’avons pas ça, c’est en rupture de stock. Est-ce que vous auriez un équivalent. Et puis au sortir de l’incendie elle m’a croisé Marje. Si tu savais Marje. Mais tu sais rien Marje, j’ai saisi tes poignets, salope de Marje, sale Marje, sale enculée de Marje à croire que tu stagnais que rien n’avait de sens quand tout en avait, quand dans mes yeux t’en avais un peu tu sais rien Marje tu sais rien et que ça peut se réveiller demain tu sais rien t’attends pas c’est tout, avec tes conneries et ton froc dépioté et tes lunettes dévissées à observer les courants d’air comme si t’en dépendais ouvre la bouche Marje respire Marje respire j’t’emmerde Marje Marje tu sais rien la canicule c’est pas que pour les vieux on ira ailleurs on se déchaussera.
1.5.06
"and embrace the time that kills you
embrace the town that slowly beats you down...
"


dlb - brighter
>> >>

Il faut toujours le chaos pour comprendre l'ordre, dit-on.

J'ai le chaos - je ne comprends toujours pas l'ordre.

(hé - vous allez bien là-dedans ?)
eeearsbleed eeecrymto iiitchyochord-ite
sounds of/f : re/v/p/ulse eyes
dye in black : don't
edgy dynamic scream/stream







this is my frozen shit generator
this is prurit artificiel
projekt artrite fucker
this is insekto glitchy dementia

dans ce petit récipient qui précède le drone : l'abcès de l'intellectualisation

pour preuve le pays qu'on n'atteindra jamais we'll never reach à l'abolition des frontières les eldorados déchantent golden lands are falling reste l'immersion dans les drones in drones remains

solitudes sauvages shoegaze jusqu'aux rétines entées dans les grisailles aliénantes
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