INVIDATION v2 : http://iinviidatiion.blogspot.com
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Last lights, last words.

21.6.06

Terminal Malfunction


Il y a parfois des soirs où un virage s'approche
Où on se demande de la frustration, du manque,
De la douleur ou de la panique, ce qui est le plus éreintant
Une trigonométrie diabolique et un dédale d'impasses
- fronçage de sourcils - on se gratte le crâne
Au milieu du myriagone, on cherche une issue
Dissimulée dans l'un des pans de murs, un hectolitre de
kerozen, et de quoi provoquer une combustion
- quitter l'interzone et réduire l'équation.



Terminal Malfunction


"I stand in front of you,
I'll take the force of the blow
Protection...

You're a girl and i'm a boy
You're a girl and i'm a boy
You're a girl and i'm a boy
You're a girl and i'm a boy"
Un instant cette créature derrière moi qui ne sait plus son nom ni le mien. Un instant. Il ne s’est jamais agi de nom juste de colportages. Dans l’oreille de l’autre on s’éternise à ne pas savoir se retenir.
Un instant cette créature derrière moi qui ne sait plus son nom ni le mien. Un instant. Il ne s’est jamais agi de nom juste de colportages. Dans l’oreille de l’autre on s’éternise à ne pas savoir se retenir.
Un instant cette créature derrière moi qui ne sait plus son nom ni le mien. Un instant. Il ne s’est jamais agi de nom juste de colportages. Dans l’oreille de l’autre on s’éternise à ne pas savoir se retenir.
Un instant cette créature derrière moi qui ne sait plus son nom ni le mien. Un instant. Il ne s’est jamais agi de nom juste de colportages. Dans l’oreille de l’autre on s’éternise à ne pas savoir se retenir.
Un instant cette créature derrière moi qui ne sait plus son nom ni le mien. Un instant. Il ne s’est jamais agi de nom juste de colportages. Dans l’oreille de l’autre on s’éternise à ne pas savoir se retenir.
Last time last words, words out light.
17.6.06
but at least spare some machines



(more)
à la fin il restera quelques guitares
autour d'un feu joueront
une petite apocalypse
dark folk
la matière javelisée par les yeux myélites
sludge en sillage du solennel entrevu

l'Insekte

ce soir
l'huile frit en scories électrifiées
à cent mille points d'ébullition à la seconde
tous ces éphèmères au plafond
je crois que je vais rendre le réverbère

ceci n'est plus un blog, merci.
On se charge de régler le compte d'invidation qui meurt le 22 juin dans la bière, d'un post de 100 000 lignes. On espère que personne n'ira jusqu'au bout. On ne sait pas qui est personne. Nous ne sommes personne. Nous écoutons Al Green et Gil Scott Heron, pour information. Ce qui est primordial pour le bien des pigeons. Désormais nous sommes fous. Nous refusons la mort d'invidation. Nous, car nous sommes plusieurs.

Stade 1.
J’ai tout laissé, vraiment tout laissé, ça a fait pfuiit de mes doigts, splash dans la cantine, les moussaillons ont un peu rêvé puis je leur ai foutu une torgnole, j’ai tout, alors mais tout laissé, tout, j’ai tout laissé dans un coin roulé en boule mais la misère dans tout ça c’est que ça coulait vertigineux pourtant rien n’était en pente, des rigoles se creusaient jusqu’à mes pieds déconstruits, bon mais Al continue à chanter je dois dire que c’est le principal j’ai tout laissé tomber putain sans aucun point de fuite pour consolider le tout.

Stade 2.
Ce soir j’ai encore constaté un sale truc. Que cette fille bavarde mais bavarde mais bavarde vraiment un jet continuel pour – et en fait ça m’a vraiment jailli dans le mausolée à la fin – bavarde pour prouver QUE OUAIS ELLE EST COOL.

Stade 3.
Donc je contemplais l’immeuble Bouygues. On me dit : « tu fais quoi » (je fumais une clope). Je dis : « J’attends mon prince. A priori pour l’instant ce n’est que Bouygues ». J’ai merdé grave.

Stade 4.
Ce qu’il y a de merveilleux dans les mécanismes répétitifs des êtres, c’est qu’il se trouve toujours une âme assez agglutinée dans le monde pour croire que ce qu’ils répètent devant elle (plateaux petits-déjeuners le matin, fleurs, blabla) est absolument unique, et n’a lieu qu’avec elles, que par elles. Que l’amour existe.
Les êtres ne sont que mécaniques.
Souvent.
Des êtres en manque qui vous happent.

Stade 5.
Le stade 2 n’a rien à voir avec toi merci de ne pas faire de parano.

Stade 6.
C’est dreudi aujourd’hui. Demain on va au marché de la poésie. Ouais. Y’en a qu’en avaient marre de hurler pour qu’on s’arrête.

Stade 7.
J’ai tout laissé tomber.

Stade 8.— Monsieur y’a des gens qui travaillent ici, on n’a pas le temps pour vos plaisanteries.
28 s’était cru dans un roman à partager ses métaphores, à développer aux nez de gens réels qui souffraient de leur condition humaine autant que lui mais qui au moins ne la mouftaient pas avec leurs pauses de machines à café et le train de banlieue de merde, il avait cru bon venir insulter ces gens de son esprit non coopératif et finalement très malpoli, ambitieux dans sa pose malheureuse, s’imaginant que tout le monde rit aux éclats, quel humour, quelle poésie. Mais la vie c’est pas ça. On l’envoya bouler, il eut un peu honte de sa grandiloquente maladie qui le suivait partout et qu’il avait cru bon souligner.

Stade 2.
J’veux dire bon le propre des schtroumpfettes c’est quand même de grossièrement se vendre à tout bout de champ comme caricaturalement anormales. Et c’est marrant. Y’a des stocks de bouquins à faire là-dessus. L’impossibilité cuisante à trouver l’amour par voie normale et consécutivement par la victimisation.

Stade 8.
28 n’était arrivé là que tardivement. Il contemplait 42, celui qui les représentait tous, dans les radios télés magazines. 42 enchaînait les interviews et commençait à les inquiéter même si personne n’en avait parlé jusque là, mais on sentait un vent de panique, un parfum de cauchemar venir les fissurer tous. Les fissurer eux et le bon climat de confiance qui régnait. 42 semblait malade de son image. Quand il leur parlait on le sentait hésitant entre le crachat et l’adoration, au bord du basculement dans une crise schizoïde. 13 ne mouftait pas. Il semblait ne pas voir 42, ni personne d’ailleurs, quoique l’une de ses toiles ressemblât fort à 42, et qu’à bien y réfléchir, maintenant que 28 y pensait, beaucoup de toiles ressemblaient en fait à beaucoup de gens, il scrutait maintenant les suicides un peu inquiet croyant y voir 14, 17 et 63, ainsi que 29.

Stade 9.
8 juin 2006. Les oiseaux se cassent soudain je reste seule avec Lysane et son fond de train je pleure je grapille une bière dans sa main les oiseaux reviennent on me tend des culs de bières la gorge m’irrite Saint-germain et Grâcile sont derrière moi et se touchent les mèches. Elle enchaîne les demi j’enchaîne les sinistres la toile balaye au dessus tracks on se spiffe derrière ils s’échangent des strips des lamelles sous plastiques je relève le menton je le plonge dans Lysane Lysane s’émèche plonge dans une fille lui dévisse la cervelle je m’égaye je me dis on la tuerait bien la poufiasse derrière, dans le local à poubelles, Truc et Malingre ricanent, Nikola dit : club des catogans, je rigole, club des catogans. Je commence à attaquer le barman en sourdine une pièce à la main j’étriperais bien Machin qui parle des heures au barman je le tance j’aimerais bien lui amocher le nez de ma pièce je reviens vers les oiseaux, avec ma pression, on tangue on balance sous la toile. Il est si sérieux à côté de moi je voudrais lui foutre une gifle qu’est-ce qui s’est passé soudain dans ton cerveau pour que tu souries qu’au plafond.

J’m’étais pointé chez eux, je l’avais eu au téléphone juste avant, il avait insisté, je tombais à moitié, j’avais des turbulences et des syncopes je promettais je lui disais : je te promets. Je te promets que je vais chercher sur mappy .fr, bordel je recopiais à la main le plan c’était pas simple j’y allais à pied.

Stade 10.« Bordel. T’as toujours été le même. T’es mort de froid contre un pilier d’autobus un jour qu’on t’avait délaissé, déjà t’avais des séquelles bien sûr. Bien sûr que tout se résume pas à ça, à ce jour où t’as pété les plombs. Est-ce que tu comprends ou pas, que c’est une minuscule chose, que tu dois apprendre à réadapter : supporter les autres, leurs affreuses surdimensions. Et qu’à part ça – et que ça te concerne pas - : tu dois apprendre à vivre. À distribuer ton âme. Elle est énorme ton âme, parce qu’elle n’existe nulle part ailleurs. Elle a des tas de trucs à donner, énormes. Imagine que tu tombes sur les bonnes personnes. Mon dieu ce que la vie va être bonne. Mon dieu comme t’auras pas perdu ton temps. Putain soit pas comme eux. Soit pas un sale être. Soit pas la mort. Reste là bordel. »

Stade 9.
J’m’étais pointé chez mon ami Nikola Akileus j’avais quarante capsules dans le nez, il avait insisté, je sais pas pourquoi j’avais obéi à l’intérieur, toujours est-il que je m’étais retrouvée dans des rues ingrates dont les noms m’échappaient et mes pieds fuyaient par tous les tuyaux. Les 150 capsules me grattaient. Alors ce qui m’inquiète c’est que les tentatives de suicide m’échappent aussi, j’ai creusé le sujet, n’en démordrai pas : une arme à feu.ça dissout à peu près tout. Qu’on se le dise : les ratages sont dûs à de bonnes volontés de vivre. Je ne rate jamais rien moi. Les capsules m’ont vexée. C’est accessoire. Bref. Et les coulures sur le poignet me font bien rire. Soyons efficace.

Stade 11 (de derrière les fagots).
1 - En dehors du caractère ciblé de cette interview, peux-tu te présenter, comme pour n’importe quelle rencontre ?
Je reste réservé, je dis pas mon nez, mon nom, tu te pointes tu parles. Et jamais tu sauras que j’ai existé.

2 - Ton expression est-elle pour toi de l’ordre de la réflexion ou du témoignage personnel, sinon où se situe dans ton travail la limite entre l’auteur et l’homme ?
La pensée arrive après – avec les autres. Oui on se dit, tiens c’est vrai, quand ils commencent à en parler, de ce qu’on a fait. Le but premier, c’était de tenter d’être soi. Sans filets.
Il n’y a aucune limite dans mon travail entre l’auteur et l’homme. Ceux qui se présentent « auteurs » sont bien moins que des hommes. Je cherche surtout à être un homme. Les auteurs je les encule. C’est ce jour où l’homme fait un choix entre sa vanité et sa petite soif morbide d’être, et ce qu’il est réellement, sa profondeur, un truc comme ça. Je sais pas, je me perds peut-être. Il est 21h39, je suis fatigué et je bois un putain de Merlot.

3 - On est toujours très curieux, à savoir où se situe le point de départ, l’origine, de l’énergie productrice. Comment définirais-tu ton action, pour ne pas dire métier, quelle en est l’intention ou plutôt quel sens lui donnes-tu ( globalement, as-tu été « appelé »…) ?
L’art est une vengeance, aussi, probablement. Je n’ai aucune intention. On ne se dit pas : tiens je vais peindre, comme tiens je vais essayer une nouvelle coupe. C’est un truc qui est là comme ça. Et qui n’a surtout pas de prétention. Parce que ce n’est qu’un langage comme un autre. Pour moi c’est le langage des handicapés.

Non à vrai dire, j’ai rien cherché à rien. C’était là comme ça. Et tant mieux. Ça m’a sauvé. Peut-être qu’un dieu existe. Et peut-être que dieu c’est l’art. Et l’art c’est la merde en somme. Ça vous tire de la merde en exprimant votre merde.

4 - Peux-tu nous parler de l’évolution de ton travail, de ton rapport à celui-ci ? où te places-tu ?
L’évolution de mon travail est gangrenée par tout un tas de trucs – boulot, etc. La machine me bouffe. Je subis des hauts et des bas.

5 - Qu’est-ce qui t’ « arrête » dans le travail des autres ?
La franchise. La prise de risque, de s’être dit. Sans fard. Je n’aime pas le talent. J’aime ce qui n’y a jamais pensé. La nécessité d’être ne s’attarde pas là-dessus. Le talent non plus.

6 - Quelle est la fonction de l’art selon toi ?
Aimer.

Stade 12.
Foutue qu’elle était avec tous ses gestes parfaitement prévisibles et si maladroits dans leur soif d’être surtout d’avoir, foutu qu’il était à la suivre partout de la bite ainsi que les milliers de pré-pubères qu’il essayait de se taper sur Internet, foutu celui-là aussi avec son grand vide intérieur et ses sarcasmes envieux, foutues leur frustrations, foutues leurs invaginations, foutus leurs sentiments qu’ils n’éprouvent pas, leur amitiés de pacotille et leurs amours stéréotypés leurs calculs et leurs ambitions, foutus qu’ils sont, foutus.

Stade 13.
Est-ce que ça vient. Est-ce que ça vient oui ou non. Quand est-ce que ça démarre. Merde on s’est dit. Merde.

Stade 14.
Pauvre garçon pensa Frappa. Si c’est pas malheureux. Le type il avait cinquante ans, tout moisi, détérioré, rongé, anxieux d’une éventuelle trace de moisissure dans son intérieur tout blanc, complètement flippé de pas être un personnage devant l’éternel, ce qu’il avait peur dans sa solitude à quatre cent mètres carrez. Alors bon forcément, ce qui jaillissait de lui, c’était pas la vie. C’était super aseptisé. Tout construit. Tout détruit en fait. Parce que les gens qui s’arrêtent tout court dans des constructions stéréotypées à même pas cinquante ans c’est qu’ils sont déjà morts. Elle avait les boules Frappa.

Il pensa à l’horizon de son siècle des ruminations de son nombril dans les tergiversations du robinet Braun qui gouttait. Putain il gouttait. Ça faisait trois semaines qu’il l’avait acheté. Est-ce que le parking serait assez grand. Il faudrait qu’il vérifie les plans demain. Appeler le concierge, checker son organizer, et toutes les petites merdes qu’il cotoyait, sans consistance pour lui rappeler son appel de l’existence.

Il la connaîtrait jamais pensa Frappa. Mais c’était une salope.

Une salope. Il se pensa le duvet entre les mains rugueuses du siècle sans horizon qui gouttait dans l’évier. Il entrevit une petite tache sur le plan de travail. Se releva pour l’essuyer du torchon.

Stade 15.
13 lui dit un jour, brutalement, que s’il restait ici, à continuellement corriger ses toiles et ses écrits, c’est parce qu’il n’avait pas de revolver et qu’il fallait une licence. Et qu’à chaque fois qu’il s’emprisonnait, dans ses productions, il rêvait d’un coup de feu et qu’en attendant le coup de feu il s’ennuyait, alors il était bien obligé de se relire, il n’avait que lui-même. 28 resta tremblant. Ça devenait inquiétant, sulfureux, nauséabond. Mais 13 était franc. En saisissant le bras de 13, 13 hurla et 28 s’excusa et la manche bifurqua laissant apparaître un charnier : le bras de 13 était un tas de lambeaux coupés au cutter ou autre chose semblait-il. 28 s’apîtoya. Ce n’est rien répondit 13, c’est en attendant le revolver. Je suis obligé de me relire. Le souci c’est que je me relis pour rien, parce que j’ai décidé et je sais que c’est vrai, j’ai décidé que rien, surtout pas mon esprit et ses tendances et ses protubérances ne viendrait corriger donc faire reluire ce qui s’est écoulé de moi. Je veux la vie, dit 13. Bon sang dit 28, très mal à l’aise.

Stade 16.
Tu m’as rendue comme tu voulais que je sois, une créature malheureuse qui rigole bien et qui se tape des ruelles quitte à se faire tuer parce que si tu sais comme rien ne compte plus que toi si tu sais la haine elle a son sevrage au bout d’un moment on s’éduque on devient piscinier éboueur, tout ce que tu veux, ce qu’on en ramasse des feuilles à la pelle histoire de survivre aussi fort qu’une encre tu peux me tuer tu peux m’humilier mais tu auras toujours à répondre à une question, j’ai les poignets clos, je ne rigole plus, je ne réfléchis plus, j’essaye de survivre, je ne pense plus qu’à moi, je ne pense plus qu’à ma perte d’équilibre.

Stade 17.
J’aime pas les gens qui se disent et qui font pas, qui disent ce qu’ils font en oubliant de faire ce qu’ils ont à faire j’aime pas les gens qui se racontent très fort pour sentir avec volupté le ton de leur crâne et les contractions de leur mâchoire, j’aime pas les gens qui l’ouvrent, j’aime surtout ceux qui la ferment tout en ouvrant je sais pas leur main, leur cul, peut-être leur sœur, j’en sais rien, une mélodie, même si elle pue, j’aime pas les gens coincés, j’aime pas les gens qui étudient, qui curriculum vitae, qui ne tremblent pas, j’aime pas les gens qui pensent trop tellement qu’ils pensent à votre place, j’aime pas les gens qui baisent pas, qui mangent pas mais qui bizarrement trouvent le moyen de se pendre la bouche ouverte très longtemps, comme si l’air et le vide vitalisaient et fortifiaient leur salive, j’aime pas les gens qui sont constamment à leur propre poursuite qui manquent d’eux-mêmes qui se manquent tellement qu’ils s’attachent à eux-mêmes pour pas se perdre, qui passent leur temps à se guetter entre leurs murailles blêmes de sang séché, j’aime pas les vieux cons, pas parce qu’ils sont vieux, mais parce qu’ils étaient cons avant d’être vieux et qu’ils ont trouvé le moyen de pas changer et de rester cons jusqu’à l’infini de toute leur trouille, j’aime pas les jeunes cons, c’est rébarbatif et inquiétant, si jeune et déjà embouteillé, la cervelle périphérique, j’aime pas les gens qui vomissent des conseils à n’en plus finir, qui vous retournent les entrailles de leur presse féminine, j’aime pas les gens qui se conseillent même pas eux-mêmes, j’aime pas le public des salles de fête ça fourmille de sociopathes en série, j’aime pas les petits villages ce que les gens s’ennuient ce qu’ils haïssent la capitale en lui enviant la vie qu’ils soupçonnent de ne pas vivre pleinement, j’aime pas la capitale elle est morte et ennuyeuse elle tourne en rond, j’aime pas ton frère ni ta sœur ni tes ennuis je veux dire tes amis, je veux dire arrête de me prendre à parti et de me faire garder les bêtes qu’il y a dans ton cœur, j’aime pas les gens qui parlent de shampooing de tubes de talons de voitures de gamecube, j’aime pas les jeux de mots pitié avec tes jeux de mots, on dirait des ruby-cube décomposés dans un frigo détraqué, t’arrives tellement pas à parler simplement aux gens comme à ta mère le dimanche t’arrives tellement pas à être limpide et nu qu’t’as besoin d’en faire trop même avec les mots, histoire de pas te frotter avec tes profondeurs crues, j’aime pas les gens qui se pointent dans les salles d’expo en espérant coincer l’artiste pour lui faire mal si désespérés de n’avoir rien fait de leur dix doigts si rassurés d’avoir quand même ingurgité des tonnes de bouquins en études d’histoire de l’art à l’école du Louvre, histoire de pouvoir mater les artistes de leur références, de pouvoir repeindre carrément la toile exposée devant eux de leurs analyses claudiquantes toutes suintantes de leur masturbation glaireuse, histoire d’avoir l’impression de peindre eux-aussi, j’aime pas trop les gens en vrai on avouera qu’il y a deux choix : les cons, les intelligents, les muets, les vociférants, les plaies les piliers, non il n’y a pas deux choix il y en a des milliers et c’est bien ce qui me gangrène on ne peut pas les emmagasiner quoiqu’on puisse les résumer en deux pôles : les faibles muets, les forts vociférants, et ce qui commence à me péter les couilles plus je vieillis c’est qu’il faut surtout pas être doux histoire d’avoir la paix avec les vociférants, tu peux même pas rester un con muet en paix, j’aime pas ta mère tu sais non je l’aime pas elle t’a fait à son image et toi tu l’as dégueulée, ce qui se conçoit certes, certes mais regarde ta gueule dans la glace maintenant, t’as vieilli de dix ans et t’es devenu sacrément agaçant avec ton orgueil quand même vaguement dérisoire faut l’avouer, j’aime pas les gens qui parlent beaucoup et qui n’ont que cette pauvre vérité, la leur, pleine de spaghettis à six et de cinémas à trois, à laquelle se raccrocher, vérité qu’ils ont glanée un peu partout, l’art de la parole, l’art de la génuflexion de leurs lèvres tout autour de leurs paroles, l’art de tout leur corps tout autour de leur parole, vraiment c’est nauséeux, j’aime pas les gens qui se contractent en costumes, se déguisent en rappeurs, gothiques, mal rasés, grunge et tout ces mille et un systèmes lymphatiques pour ne pas disparaître dans la masse alors qu’ils se réclament hors-style, j’aime pas les gens faiblards qu’ont trouvé comme seul moyen que de se bâtir une autre identité afin de crier qu’ils n’en ont pas c’est pénible et pas citoyen ça encombre les rues, vraiment j’ai envie d’hurler de rire en les pointant du doigt, vraiment ces pouilleux, me fais pas croire que tu veux disparaître, ou alors prends des leçons de style auprès du coin de ta rue, non vraiment j’aime pas les gens immatures, j’aime pas les gens qui se regardent dans les miroirs et qui s’écoutent parler, j’aime pas les gens qui se mentent à eux-mêmes avec leurs plaintes et leurs costumes coordonnés à leurs plaintes alors que ces connards ils transpirent la rage d’exister, vraiment ça me fout la gerbe l’inutilité de toutes ces heures perdues devant leurs glaces à se confectionner des costumes destinés à prouver aux gens qu’ils se regardent pas dans leur glace vraiment c’est vrai avec l’âge je deviens nazi et vraiment je m’aime pas trop pour ça, vraiment j’aime pas cette sensation d’une solitude qui perfore son carrelage en continu vl’à t’y pas que j’ai creusé un puits dans ma cuisine vraiment c’est dérangeant cette sensation de m’être coupé du reste du monde depuis trois ans que ça dure, vraiment j’aime pas cette sensation d’aimer ça, vraiment j’aime pas ne pas aimer, vraiment j’aime des gens aussi mais c’est dur à construire, y’en a quand même peu qui remuent pas leurs queues de canards coincés sous mon nez y’en a peu qui remuent pas, j’aime pas m’inspirer, j’aime pas avoir de références, j’aime pas les biographies des gens qui sont encore en vie et qui giclent sur leur biographie, j’aime pas les creux scolaires qui veulent plaire, j’aime pas les gens qu’aiment pas parce que ça fait chouette d’avoir l’air implacable et de pas aimer, ceux-là j’me les ferais bien avec cet air de pas comprendre qu’ils sont laids avec tous leurs rictus d’hommes forts et sanglants alors que ça se voit bien qu’ils ont pas assez de couilles, justement pas assez de couilles d’homme fort pour se taire et la fermer et aimer, j’ leur coulerais bien la fontaine, ce qu’ils sont assoiffés les gens, ils savent plus quoi faire, j’aime pas l’épicier quand il me dit repassez samedi y’en a plus, mais j’ai passé une commande ça arrivera samedi le Cahors, j’aime vraiment pas cette sensation d’avoir transformé mon épicier sympa en dealer notoire et d’être connu comme le loup blanc par ce type qui m’a quand même vu festoyer en patins à roulettes dans la rue avec ma cousine et Colin-Maillard quand j’avais huit ans, j’aime pas Monoprix, cette sensation détestable qu’ils changent tous les rayons de place, je comprends bien que c’est pour perdre le client dans des rayons qu’il avait pas l’habitude, bon c’est bien gentil mais je suis tellement handicapé que j’arpente le supermarché trois heures que je sue que j’en peux plus que c’est un cauchemar des instants éreintants flippants angoissants j’aime pas cette sensation de toujours retrouver mon chemin malgré tout vers le rayon alcoolisé c’est fou quand même ce que j’ai le nez en forme de poire il va finir par pendre si ça continue ou gonfler et siroter tranquillement les airs comme une choucroute malformée, rouge et ankylosée, j’aime pas cette sensation de tout dire, que plus la vie va, et plus j’en ai rien à foutre de vous plaire, j’aime pas cette sensation de me faire arnaquer par votre regard, mais que c’est pourtant la seule solution, j’aime pas cette idée que c’est la seule solution mais que c’est pourtant bien la seule solution, que d’être transparent et de parler comme si je venais de naître, c’est bien le seul postillon que je brigue, si jamais y’avait un truc à revendiquer ce serait ce postillon-là même si j’aime pas les revendications, non j’aime pas les revendications putain faut les voir encore s’essouffler ceux-là qui se sentent encore et toujours pas exister assez fort – putain ce que c’est déprimant ces humains assez couillons pour adhérer à des partis, soit des opinions, soit le vent de l’espèce humaine, des congrégations et des gays-pride, des réunions et des entreprises et des comités et des cercles, dont ils se foutent éperdument mais ils se sentent tellement tout seuls, et faut voir comme ils sont prêts à recevoir tout ça, leur petit cerveau prompt au conditionnement rien que pour l’amour de cette multitude, ce parti qui les accueille, qui les aime enfin, putain c’est pas vrai non mais c’est le pompon, j’aime pas moi, j’aime pas me sentir me sentir exister, j’y pense pas je veux dire, je me dis pas que c’est bien, ou pas assez, j’aime pas y penser, quand je commence à y penser, j’me dis que c’est mal barré que je vais devenir couillon forcément, commencer à palabrer et me décerveler le trou du cul, comme tous ces gens qui baisent pas, qui baisent pas du cerveau je veux dire, j’aime pas non j’aime pas, j’aime pas cette sensation que j’ai de mentir depuis trois pages à vociférer que j’aime pas, j’aime pas manipuler, j’aime pas mentir, j’aime même pas tout ça, l’écrire, avoir eu suffisamment de prétention pour l’écrire et le déclamer à voix haute alors que putain toute ma vie j’l’ai passée à aimer, c’est facile d’enfler son gros bras putain « j’aime pas » ? alors que j’ai passé toute ma vie à aimer ? c’est quoi ce mythe je suis comme tout le monde personne n’aime personne, et personne n’aime pas, et on est vachement personne faut le dire à tous grouiller en masse et se colporter comme des sauterelles dans les cerveaux des autres, putain quel manque d’originalité que ce texte, quel manque d’originalité que de dire qu’il est sans originalité, quel manque d’originalité que de s’auto-commenter, quel manque d’originalité que de vous parler ce sera le dernier où je pense à vous, tout ça parce que j’en ai lus quelques uns à voix haute, vous me faites chier, la dernière fois, putain ce que l’humain est malléable, je suis une merde ; j’aime pas les gens qu’ont la trouille et je m’efforcerai toute ma vie de leur faire du mal, j’aime pas cette sensation qu’ils ont de toujours devoir s’écraser quitte à faire tuer les autres, voilà, c’est un peu pour ça, que j’ai été tout ça.

Stade 18.
Mais avec quoi fais-tu ça demanda 28 ? J’ai commencé par débouter la lame d’un vieux et obsolète rasoir Braun – le singe ne se rase pas beaucoup – puis j’ai fini par en acheter des paquets – tout neufs. C’est nul, c’est affreux, c’est ! Je te vois venir 28, 28 sache qu’au point où on en est, ici, on ne juge plus les gens, on ne leur donne même plus de conseils : on les boit. 28 finit par se taire, mais sa cicatrice tremblotait, 28 avait froid. 13 partit aux toilettes. 28 pensa que 13 essayait de dessiner une carte sur sa peau, de toutes ses entailles. 13 cherchait une solution, un chemin. La carte vue de loin semblait embrouillée, soumise à la plus étrange des divagations, une succession de biais. Des gouttes perlaient étrangement, certaines avaient coagulé dans le pull de 13, comme il s’en était aperçu en lui tirant la manche – collée aux bulles séchées – 13 n’avait rien dit. 13 restait longtemps aux toilettes. Peut-être avait-il fini par se munir d’une petite lame portable pour chaque parole rencontrée. 28 espéra qu’il n’avait rien dit de trop à côté. 13 mettait maintenant vraiment du temps.

Stade 19.
Y’a que la musique qui compte. Je me suis penchée hier sur e., il a dit « ouais mais tu sais anne-claire tu m’impressionnes voilà », j’ai dit un « quoi », un immense quoi tout rond, je lui aurais bien tordu un truc je sais pas quoi. Je ressens comme un sentiment dégueulasse, un sentiment dégueulasse d’être un moineau.

Stade 20.
N’arrive pas à joindre Roxane. Lysane soigne des jeunes délinquants. Du coup elle arrive plus à peindre.

Stade 1.
J’ai tout laissé, vraiment tout.

Stade 21.
28 se demandait pourquoi 13 s’emprisonnait délibérément, il aurait suffi de pousser le singe de la nuque et de le piétiner jusqu’au sang à terre. Mais l’humanité n’était pas si simple, car elle était justement humaine. En de nombreux endroits, elle se refusait au meurtre. Les singes en profitaient. Ils reniflaient ce qui était vaste et bon, avec des hosties à la place de la raison.

Stade 22.
Redémarrer ultérieurement.

Stade 23.

Le plan marketing est ultra-dessiné sur-triqué surendetté tous ces efforts palpables quand rien n’aurait dû exister, de ces paroles. Qui font chier.

Stade 24.
28 n’arrive plus à peindre, le voilà bien dans son hangar. C’est depuis que tout s’est tû, que tout s’est détérioré, depuis que 28 s’est aperçu qu’on pouvait être 28 en un seul, passant de la chaleur au froid glacé, autant d’intempéries diverses et variées qui laissent 28 stupéfait. Pour de bon la 28ème fois, il resta glacé, le froid lui gela les orteils ou quelque-chose en bas, il ne sait pas bien quoi, toujours est-il qu’il dût s’en séparer. Il n’a même pas de vin pour se réchauffer. Il pense à l’épicier du coin de toutes les vies.

Stade 25.
Marje, à ou et à qui.
16.6.06
Un matin, oui. Ce que nous croyions être un matin.
j'en suis toujours pas revenu ('fin, personnellement).
15.6.06
et il y aura un matin où nous ne reviendrons plus au monde.
Donc je suis décédée le dimanche 4 juin, dans l'appartement de Nikola, et tout était blanc. Des cendres de Roxane jusqu'aux miennes. Tout était blanc avec fureur jusqu'à moi-même, j'en suis pas sortie encore, j'éponge le bleu mais toujours je pense au blanc. À cette inutilité perpétuelle. On m'a vidée de mon siècle. Tout ça, c'était pour pas dire sang.
14.6.06





11.6.06
Un pas après l'autre
nous trépasserons les vieilles serrures
nous les effacerons
facile comme craie à la mer
nos cils en floraison

les mains en torsions impossibles
le grand finale ne sera plus
qu'un grand chaos
de larmes
de chair et d'os
autour d'un petit feu éteint

le reste appartiendra à l'Histoire.
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